lundi, juin 22, 2026
AccueilActualités"Mes enfants me demandaient tous les jours si leur père allait mourir"...

« Mes enfants me demandaient tous les jours si leur père allait mourir » : handicapé depuis son enlèvement suivi de violences et de mutilations, le quadragénaire face à ses bourreaux


#Mes #enfants #demandaient #tous #les #jours #leur #père #allait #mourir #handicapé #depuis #son #enlèvement #suivi #violences #mutilations #quadragénaire #face #ses #bourreaux



l’essentiel
Le père de famille, enlevé à Castelmoron-sur-Lot puis passé à tabac avant d’être délaissé dans un bois en Gironde, a pu faire part des conséquences de cette violente agression sur sa vie. Il est désormais reconnu comme adulte handicapé. 

« D’un jour à l’autre, on savait que l’on pouvait nous annoncer qu’il ne reviendrait pas à la vie », clarifie le directeur d’enquête, un temps chargé de suivre l’évolution de l’état de santé de l’homme de 43 ans aujourd’hui, victime d’un enlèvement suivi de violences et mutilations entraînant une infirmité permanente, dans la nuit du 7 au 8 mars 2024 entre Castelmoron-sur-Lot et Martillac, en Gironde, où il était découvert gisant dans une forêt. Avec un score de Glasgow estimé à 4 au moment de sa prise en charge, ce dernier a, à plusieurs reprises, côtoyé la mort de près durant ses trois mois d’hospitalisation. 

Des souvenirs qu’il a gardés de cette agression aux conséquences que celle-ci a pu avoir sur sa vie, le quadragénaire a témoigné face à ses bourreaux présumés devant la cour criminelle départementale du Lot-et-Garonne vendredi 22 mai. Laquelle accueille le procès de Philippe Ngan Otsaghe, Hamza Madroua, Qayim Badrane, Sabri Soussy et Mouhamed Diaby, jusqu’au 27 mai prochain. 

À lire aussi :
Un homme entre la vie et la mort découvert dans une forêt en Gironde, huit personnes interpellées

Pris au piège par un groupe d’hommes cagoulés et armés 

Le rendez-vous donné via l’application Telegram sur le parking du supermarché U de Castelmoron-sur-Lot, qui consistait pour le père de famille, conduit sur les lieux par son fils et l’un de ses amis, à récupérer une quantité de stupéfiants « pour sa consommation personnelle », avait pris une tournure inattendue. « La victime monte volontairement dans un premier véhicule. Une seconde voiture débarque. Plusieurs individus cagoulés, armés de matraques et de bombes lacrymogènes en sortent », déroule l’enquêteur, dont le récit est étayé par des extraits de caméras de vidéosurveillance du magasin.

Le véhicule occupé par le fils de la victime et son ami est pris à partie. Tous deux s’enfuient tandis que le quadragénaire est maintenu sur la banquette arrière d’une autre voiture. L’équipage, à bord d’une Peugeot 208 et d’un Renault Captur, prend la direction de la Gironde en s’emparant de leur cible. « J’ai reçu des coups de poing durant tout le trajet. Ils m’avaient masqué le visage, attaché les mains derrière le dos. J’avais peur. J’ai tout tenté pour qu’ils me libèrent. Je leur ai demandé s’ils voulaient de l’argent », retrace la victime.

« Dans le bois, ils m’ont traîné au sol. Ensuite, je ne me souviens de rien, j’ai perdu connaissance. J’ai cru que c’était fini pour moi. » Mystère quant à la suite des événements jusqu’à ce qu’un promeneur ne signale, le lendemain matin, la présence d’un homme inerte dans le bois de Martillac, partiellement dénudé et grièvement blessé.

Sur les huit silhouettes observées sur les images évoquant la scène d’enlèvement, cinq ont donc été identifiées et traduites en justice. « On ne sait pas ce qu’il s’est passé dans cette forêt. Les trois personnes qui n’ont jamais été retrouvées peuvent être auteures des violences à ce moment-là », pointe l’avocat de Mouhamed Diaby, Me Malcolm Mouldaia.

À lire aussi :
Quadragénaire retrouvé entre la vie et la mort dans un bois : cinq auteurs présumés prochainement devant la cour d’assises du Lot-et-Garonne

Plusieurs semaines en réanimation

« Aujourd’hui, dès que j’entends un bruit, je sursaute. C’est mon corps qui réagit », rapporte encore la partie civile. Admis dans un premier temps dans une unité de déchocage du centre hospitalier de Bordeaux, l’homme présentait un « hématome sous-dural d’un centimètre », justifiant le retrait d’une partie de sa boîte crânienne.

Apparaissent ensuite des difficultés respiratoires et une embolie pulmonaire. Il ne sortira du coma qu’au mois de mai. « Une machine le fait respirer jusque-là. Il sort de réanimation. Une trachéotomie est ensuite réalisée. Il ne s’alimente plus, une gastrostomie a été nécessaire », développe le médecin légiste Julien Partrat, estimant que le déficit fonctionnel permanent du père de famille, consécutif à cet important traumatisme crânien, est « d’au moins 18 % ».

« Pour entraîner un saignement intracérébral, sur un homme de bonne composition, sans antécédents médicaux, les coups doivent être particulièrement violents », a confirmé le docteur Édouard Carles, sur question de l’un des avocats de la victime et de ses proches, Me Rémy Guillhot. 

« Ce n’est plus la même vie »

« Cette période a été compliquée pour nous. Mes enfants me demandaient chaque jour si leur père allait mourir. Les médecins ne pouvaient même pas nous répondre. Désormais, il a énormément besoin d’aide au quotidien. Je suis toujours derrière lui, pour m’assurer qu’il ne lui arrive rien, qu’il ne chute pas. Ce n’est plus la même vie », déplore la conjointe du quadragénaire qui ne peut se mouvoir sans une béquille. 

Les accusés, pour certains trahis par un ADN laissé sur des objets abandonnés sur le parking du supermarché dans l’agitation du kidnapping, tels qu’une bombe lacrymogène ou une arme blanche, devront expliquer le déroulement de cette agression, sur fond de trafic de stupéfiants, mardi 26 mai. Ceux-ci encourent la réclusion criminelle à perpétuité. 



2026-05-22 17:14:24

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments