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L’argent dans le couple… Aygün et Marin, 29 et 28 ans : « On ne souhaite pas s’enrichir »


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Identités : 

Aygün*, 29 ans, professeur des écoles : 2 100€ net par mois. 

Marin*, 28 ans, professeur des écoles : 2 100€ net par mois.

Toutes les deux semaines, retrouvez-vous dans le porte-monnaie d’un couple, qui est analysé par une experte en finances. Aujourd’hui, c’est l’histoire de Aygün et Marin, vue par Morgane Dion, cofondatrice et CEO de Plan Cash, plateforme d’éducation financière. 

À peine le sujet de l’argent dans le couple  évoqué, Aygün* et Marin* sont très fiers de présenter leur tableau Excel, un outil qui leur permet de noter toutes leurs charges fixes ainsi que leur épargne. « En un seul coup d’œil, nous avons un résumé de notre situation financière », sourient les bientôt-trentenaires. Y sont répertoriés le loyer, les charges, mais aussi les abonnements (Spotify, Netflix, salle de sport)… Et tout est partagé à 50/50 : « Nous n’avons pas de compte commun. Soit on paye à tour de rôle, soit l’un paye et l’autre lui fait un virement. Tout s’organise naturellement, nous n’avons jamais eu de conflit autour de l’argent. » 

Des violences économiques dans l’enfance 

Aygün l’assume : c’est lui qui est à l’initiative de ce tableau et c’est lui aussi qui le met à jour. « Ses comptes sont très organisés, ça lui apporte de la stabilité et des repères. Je pense que ça vient de son enfance difficile », souffle son compagnon, qui vient, lui, de la « classe moyenne supérieure ». 

Aygün, d’origine turc, a grandi dans le Nord de la France dans une famille nombreuse. Il a été témoin des violences économiques de son père. « Il était le seul à travailler dans le couple de mes parents, c’est lui qui gérait tout l’argent, même celui que mes grandes sœurs gagnaient. Et il le gérait mal : quand il ne dépensait pas tout dans l’alcool et les jeux, il envoyait le peu que nous avions en Turquie. L’argent était un problème omniprésent dans notre foyer. Enfant, j’ai le souvenir de me cacher dans la salle de bain en pleurant et en me demandant comment nous allions nous en sortir. » 

Ce traumatisme a eu des conséquences sur la vie du jeune homme. « J’ai longtemps eu un rapport angoissant à l’argent. Aujourd’hui encore, j’ai peur de découvrir une lettre de mise en demeure de la banque quand je vais chercher le courrier. Autre exemple : je me dis sans cesse que notre voiture va tomber en panne et que nous n’aurons pas les moyens pour payer les réparations. »

« Vivre, profiter de la jeunesse »  

Mais, depuis quelques années, ce sentiment a tendance à s’estomper, notamment grâce à l’épargne du couple. Aygün a 10 000€ de côté, contre presque 17 000€ pour Marin. « J’estime que c’est notre filet de sécurité, c’est suffisant pour se retourner en cas de problèmes. Ma mentalité a évolué : maintenant, j’ai envie de vivre, de profiter de ma jeunesse et de me faire plaisir avec l’argent – chose que je m’interdisais avant. Plus tard, je n’aurais ni l’énergie ni la santé pour le faire. » Un discours que son conjoint valide. « On est raisonnables, on ne fait pas de folie. On épargne de temps en temps, quand il nous reste de l’argent à la fin du mois ou quand il y a un voyage de prévu. Récemment nous sommes partis au Japon et aux États-Unis. » 

À rebours des conventions sociales, le couple ne cherche pas à s’enrichir. Ils ne sont tout simplement « pas intéressés par l’investissement ». « On préfère un mode de vie plus simple, je ne suis pas à l’aise avec l’idée de “toujours plus d’argent”. Pour quoi faire ? Nous sommes très heureux comme ça », explique Aygün. Les deux hommes réfléchissent néanmoins à devenir propriétaires de leur appartement, pour « la sécurité ». « Ce sera notre seul et unique investissement ! »

L’avis de Morgane Dion, cofondatrice et CEO de Plan Cash, plateforme d’éducation financière, sur la situation d’Aygün et Marin : 

Le duo formé par Aygün et Marin propose une vision rafraîchissante de la relation à l’argent : ni course effrénée à l’enrichissement, ni approche rigide et anxiogène, mais une construction patiente et sincère d’un rapport sain, apaisé et pleinement ajusté à leur identité de couple.

Aygün, en particulier, a su transformer une enfance marquée par la précarité et les violences économiques en véritable force. Ses peurs de l’époque ne sont pas devenues un fardeau, mais un moteur : il a su bâtir son autonomie et apporter à son couple une structure rassurante. Savoir tirer de ses fragilités un ressort pour s’organiser, anticiper et avancer mérite une reconnaissance sincère , car derrière l’exercice comptable et la rigueur, c’est un profond travail émotionnel et relationnel qui s’est accompli. Bravo à eux pour ce cheminement inspirant !

Leur gestion partagée, notamment à travers un tableau Excel, témoigne de belles maturité et transparence. Ce choix reflète leur volonté d’équité, une communication saine et l’absence de non-dits autour de l’argent : un terrain fertile pour la confiance et l’harmonie au sein du couple.

L’épargne qu’ils ont construite au fil du temps devient ce « filet de sécurité » qui leur permet de vivre la relation à l’argent avec plus de sérénité. Le montant qu’ils ont mis de côté est rassurant, surtout pour de jeunes adultes avec un emploi stable, et tout montre que leurs plaisirs sont choisis : ils savent savourer la vie pleinement, sans tomber dans l’excès ou la compensation.

Leur choix de rester en retrait vis-à-vis de l’investissement, et de ne pas chercher à s’enrichir pour s’enrichir, est un positionnement assumé, en accord avec leur réflexion sur le sens de l’argent pour eux. C’est une liberté précieuse, celle de pouvoir donner une place à l’argent qui corresponde vraiment à leurs valeurs.

Cependant, il serait intéressant de leur montrer que l’investissement peut également être simple et accessible, et venir renforcer davantage leur sécurité d’avenir. Investir, ce n’est pas forcément spéculer ou devoir surveiller constamment les marchés : cela peut être une démarche paisible, réfléchie, tout à fait compatible avec leur aversion au risque. Par exemple, devenir propriétaires de leur résidence principale constitue déjà un investissement solide, en accord avec le besoin de sécurité exprimé.

Il existe aujourd’hui des solutions conçues pour des profils comme le leur, privilégiant la sécurité et la simplicité de gestion comme une assurance-vie en pilote automatique comprenant des fonds euros (ce n’est pas un conseil en investissement, uniquement un exemple théorique). Loin de l’idée d’une quête spéculative, ces stratégies permettent d’accroître leur patrimoine, de préparer leur avenir, et d’aborder sereinement d’éventuels imprévus ou leur future retraite.

Ainsi, l’investissement ne remettrait pas en cause leur équilibre ni leurs convictions : il s’agirait plutôt, pour eux, de prolonger leur logique de stabilité et de sécurité, au service de leurs projets de vie. Renforcer leur liberté future, sans perdre ce qui fait déjà leur force : leur capacité à choisir, à s’ajuster en conscience et à avancer ensemble, à leur rythme, sur le chemin qui leur ressemble.



2025-08-03 17:30:00

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