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À 22 ans, Emma Vuitton a décroché l’argent mondial par équipes en slalom. Entre satisfaction, frustration en individuel et rêve olympique, la Toulousaine se confie après ses Mondiaux d’Oklahoma.
Il aura fallu un peu de temps et de patience à Emma Vuitton pour rentrer chez elle, après un long voyage depuis l’Oklahoma, au cœur des États-Unis, où se déroulaient les championnats du monde de canoë-kayak. Un retour forcément particulier, puisqu’elle est revenue avec une médaille d’argent autour du cou. Engagée en slalom par équipes, la kayakiste toulousaine a décroché le titre de vice-championne du monde aux côtés de Camille Prigent et Marjorie Delassus. Une consécration pour cette jeune femme de seulement 22 ans, fraîchement diplômée du CAPEPS. Issue d’une famille passionnée de kayak, avec une mère ancienne athlète et un père entraîneur, Emma Vuitton est tombée dans la discipline dès son plus jeune âge. À partir de dix ans, le kayak est devenu une véritable passion. Licenciée au club de Muret, la Toulousaine affiche désormais ses ambitions avec, dans le viseur, les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

Vous revenez des championnats du monde en Oklahoma avec une médaille d’argent par équipes, mais aussi une 13e place en individuel. Quel bilan tirez-vous de cette semaine ?
La compétition a très bien commencé avec cette médaille d’argent par équipes. C’est une belle performance collective et, en équipe de France, on sent que le niveau des filles s’est homogénéisé. C’était de bon augure pour la suite et je suis très heureuse de cette médaille. En individuel, en revanche, c’est une grosse déception. Je termine 13e, aux portes de la finale réservée aux douze meilleures. Je n’ai donc pas pu m’exprimer en finale comme je l’espérais. Je repars déçue, mais aussi avec beaucoup d’enseignements pour la fin de saison et pour les prochaines années, en vue des Jeux de 2028.
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Vous parlez de déception pour l’épreuve individuelle, qu’est-ce qui vous a manqué justement ?
À chaud, c’est toujours difficile d’avoir du recul. Mais physiquement et techniquement, je me sentais prête. À l’entraînement, j’avais de bonnes sensations et en course aussi. Ce qui me coûte la finale, ce sont deux pénalités en demi-finale. Avec une seule touche, je passais. Je pense donc que c’est davantage un aspect mental qui m’a fait défaut. C’était une échéance importante et je n’ai peut-être pas réussi à naviguer aussi librement que je l’aurais voulu.
À seulement 22 ans, vous disputiez déjà vos quatrièmes championnats du monde. Est-ce que cette expérience vous aide à mieux aborder ce type de rendez-vous ?

(Elle sourit.) J’ai presque l’impression que c’est de plus en plus difficile ! Lors de mes premiers mondiaux, en 2022, j’étais une outsider. Je n’avais rien à perdre et je naviguais sans trop me poser de questions. Cette année, c’était différent. Pour la première fois, je me sentais capable d’aller chercher quelque chose. J’avais réalisé une longue préparation et j’arrivais avec des ambitions. Cela apporte forcément davantage de pression, même si l’expérience acquise aide aussi à mieux gérer ces grands rendez-vous.
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Il y a quelques mois, vous nous expliquiez avoir franchi plusieurs caps. De quels caps parlez-vous ?
J’ai progressé sur les plans physiques et techniques, mais aussi en maturité. Cela fait douze ans que je m’entraîne et toute cette expérience compte. Aujourd’hui, j’aborde les compétitions avec davantage d’armes. Il reste toutefois un cap important à franchir mentalement : réussir à être totalement présente sur les grands rendez-vous, produire ma meilleure navigation au bon moment et m’exprimer pleinement lorsque l’enjeu est le plus élevé.
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La fin de saison s’annonce importante. Quels sont vos objectifs, avec Los Angeles 2028 dans un coin de la tête ?
Mon premier objectif est de tirer tous les enseignements de ces championnats du monde. Le résultat individuel n’est pas celui que j’espérais, mais la saison est loin d’être terminée et il reste des courses importantes. C’est aussi le début de la course aux quotas olympiques. Les championnats du monde ont lancé le processus et il reste encore dix courses sur les deux prochaines saisons pour permettre à la France de décrocher un quota. Les Jeux de Los Angeles sont évidemment un objectif. J’en rêve depuis longtemps. J’étais remplaçante pour Paris 2024 et je sais que tout se construit dès maintenant. Pour y parvenir, je dois continuer à progresser, être plus régulière en finale, puis viser les podiums internationaux.
2026-08-02 20:11:29
