jeudi, mai 14, 2026
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DIRECT. Procès Jubillar : « Pour moi, c’était une bagarre de chiens, la dame a essayé de la séparer », dit la voisine qui a entendu des cris dans la nuit


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« Pour moi, c’était une bagarre de chiens »

« J’y ai beaucoup réfléchi, et je maintiens cette version », assure-t-elle, « les cris ont commencé lorsque j’étais déjà dehors, alors que j’avais allumé ma cigarette ». La mère de famille réaffirme être allée jusqu’à sa boîte aux lettres et n’avoir rien vu. « C’est difficile, mais je dirais que cela a duré entre 5 et 10 minutes ». « Les cris continuaient, quand je suis rentrée… » La mémoire de Nora A. commence à lui faire défaut, mais elle l’affirme : « Pour moi, c’était une bagarre de chiens ». Selon elle, il n’y avait pas de voix d’homme, ni de paroles dans ces cris.

« Pour moi, c’était une bagarre de chiens, la dame a essayé de la séparer », répète la voisine des Jubillar. « C’est pour ça que je n’ai pas appelé la gendarmerie ».

Nora A. à la barre, la voisine qui a entendu des cris le soir de la disparition de Delphine

Après avoir déclaré qu’elle n’a rien à dire et qu’elle est venue « pour répondre aux questions », Nora A. est invitée à raconter sa soirée du 15 décembre 2020. « Je regardais Retour vers le futur 2 avec mon mari et au moment, il était environ 23 h. Je suis sortie et j’ai entendu des cris », se souvient-elle. « Ensuite, ma fille de 11 ans, est arrivée dehors et là, on a entendu des cris venant de la droite », continue-t-elle. Il s’agit de la direction du domicile des Jubillar. Selon cette témoin, les cris étaient féminins. « Nous avons écouté et j’ai entendu des aboiements de chien », ajoute-t-elle en expliquant avoir pensé que les chiens se bagarraient.

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« Pour moi, c’étaient des cris de peur », estime Nora A. « J’ai avancé jusqu’à ma boîte aux lettres, mais je n’ai rien vu ». « Il y avait des couinements de chiens, et j’ai eu très peur, car j’ai peur des chiens », dit-elle avant d’jouter : « J’ai dit à ma fille : ‘Viens, on va rentrer, maman a peur' ». La jeune femme détaille aussi qu’elle a eu l’impression que la personne « reprenait son souffle ».

Pour mieux comprendre les révélations de la défense ⬇

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« Je n’ai plus confiance en les gendarmes »

Me Alexandre annonce la couleur, « je vais mettre les pieds dans le plat ». L’avocat toulousain lance : « Je n’ai plus confiance en les gendarmes ». Il ne veut pas que l’expertise complémentaire sur la téléphonie de Donat-Jean soit réalisée par les gendarmes, si elle est diligenté. La défense demande une expertise indépendante.

« La défense est experte en accusation »

Me Boguet tente de détricoter le raisonnement de la défense. L’avocat des enfants des Jubillar assure que le « coup de théâtre n’en est pas un ». Selon lui, la ligne téléphonique de l’amant a été exploitée sur une période plus longue entre le 14 et le 16 décembre. Et selon l’avocat toulousain, cette étude montre que le téléphone de Donat-Jean n’a pas borné à proximité de Cagnac-les-Mines. Par différentes références au dossier, il veut démontrer que le téléphone du témoin a bien borné dans le Tarn-et-Garonne sur la période étudié, notamment via la Wifi. Me Franck répond ensuite que les deux faits ne sont pas « incompatibles ».

« La défense est experte en accusation », attaque de son côté Me Laurent de Caunes, pour la partie civile. « Après les accusations contre Donat-Jean, maintenant, elle accuse les forces de gendarmerie d’avoir volontairement retiré de la procédure des éléments. Ce qui est un crime, rappelle l’avocat toulousain. Celui-ci reproche aux deux avocats de la défense de ne pas avoir posé des questions directement aux experts en téléphonie. Selon, ils voulaient créer un « scandale a posteriori ». Lui aussi propose de faire revenir les experts en téléphonie.

La défense développe à nouveau les éléments apportés avant la pause

« L’audience va commencer avec les conclusions d’incident après les éléments apportés par la défense », annonce la présidente Ratinaud après que Me Pressecq a fait une demande d’acte… « Pour que la Cour soit éclairé sur ce point », il faudrait réentendre les experts en téléphonie, ajoute l’avocat qui avoue « ne pas comprendre ».

Me Emmanuelle Franck développe une nouvelle fois le détail des éléments apportés avant la pause. Avec deux conclusions… La première, sur le fond : « La ligne de Donat-Jean a activé la ‘borne’ du domicile des Jubillar ». La seconde, sur la forme : « A l’évidence, il y a un PV manquant qui a été retiré du dossier, c’est un incident grave ».

« C’est un scandale » : Me Martin commente les révélations de la défense

Selon l’avocat toulousain, le bornage d’un numéro attribué à Donat-Jean est dans le dossier. Il ne s’agit pas d’une coup de théâtre, commente-t-il. « Son téléphone déclenche une cellule qui couvre le domicile des Jubillar, entre 22h et 6h du matin, la nuit de la disparition », dit-il.

« Sur toutes les études de lignes, il n’en manque qu’une : celle de Donat-Jean, l’amant de Delphine », ajoute Me Franck. « Malgré le fait que ceci a été retiré du dossier, le PV existe car il laisse toujours une trace ». Selon la défense, ces révélations « sont très graves ». « C’est un scandale », assène Me Martin.

« Quand on est capable de falsifier le dossier, c’est que l’on a voulu préserver la seule et unique piste qui les intéresse depuis le premier jour : celle de Cédric Jubillar », lance Me Martin en visant les gendarmes. La défense dénonce le fait que les enquêteurs n’ont jamais poussé les investigations concernant Donat-Jean.

L’amant était-il près de Cagnac le soir de la disparition ? La téléphonie semble l’attester selon la défense

« Avez-vous été à Cagnac-les-Mines le 15 décembre 2020 ? », demande spontanément Me Martin, l’autre avocat de Cédric Jubillar faisant référence à celle de Me Boguet. « Je n’ai jamais été à Cagnac-les-Mines », assure Donat-Jean.

L’avocat toulousain a posé la question pour soulever un point particulier à propos de sa téléphonie. Un nombre important de personnes ont déclenché la cellule du domicile des Jubillar. Les gendarmes ont précisé leurs recherches et sont alors tombés sur une liste de 521 numéros, réduites à 216, selon la défense. « Comment expliquez-vous qu’à la page 6 de ce document, il est mentionné un numéro à votre nom ? » « Je ne comprends pas bien la question, j’étais chez moi », répond le témoin décontenancé.

« Cet élément a été volontairement écarté par les enquêteurs », enchaîne Me Franck. Un bordereau du dossier atteste que tous les numéros ont été étudiés sauf celui de Donat-Jean. « Nous avons dans le dossier la preuve que le téléphone de l’amant s’est connecté à une cellule couvrant le domicile des Jubillar durant la nuit du 15 au 16 », déclare l’avocate en dénonçant une procédure « altérée ». Ce potentiel bornage n’a jamais été évoqué dans les débats jusque là.

« Je suis ravie de voir que les avocats de Cédric sont experts en téléphonie », rétorque l’amant en ne répondant pas sur le fond. Cette annonce est un coup de théâtre puisqu’elle induit que l’amant se trouvait près du domicile des Jubillar le soir des faits. Depuis le début, il était pourtant assuré qu’il n’avait pas quitté son domicile. La défense est étonnée que la démonstration ne soulève pas plus de questions. « C’est extrêmement grave y compris la falsification qui a été faite dans ce dossier », lance Me Martin.

L’amant aurait bien consulté des sites fétichistes

Alors que Donat-Jean a assuré ne pas connaître le site « dirty Tinder ». Me Emmannuelle Franck assure que le témoin, selon les constatations des gendarmes, se rendait régulièrement sur des sites de rencontres fétichistes. L’amant évoque des « publicités » en lien avec ses recherches.

« Je ne suis pas allé dans des clubs échangistes », affirme le témoin. La défense lui rappelle les messages envoyés à Delphine : « Vivement la réouverture des clubs, on va s’exhibitionner ». « On a joué de manière très métaphorique », répond sèchement l’amant.

La défense de Cédric interroge l’amant… Premières tensions

Place à la défense par l’intermédiaire de Me Franck. « Portait-elle des lunettes ? » « Oui, bien sûr », assure l’amant. L’avocate toulousaine rétorque que l’homme n’a pas donné la même réponse en février 2021 et la dévoile : « Je ne l’ai jamais vue avec des lunettes et on a jamais abordé ce sujet. Vous m’apprenez qu’elle portait des lentilles ». « A force de voir Delphine dans la presse, on finit par se rappeler qu’elle portait des lunettes ». Me Franck pointe un souci en parlant d’interprétation, « vous lisez beaucoup la presse, monsieur », ironise-t-elle

À plusieurs questions de l’avocate, Donat-Jean, visiblement tendu, lui assène : « Quelle est votre question madame ? » L’avocate répond d’abord calmement, « cela va arriver ». La situation se tend… Dans une sorte de tic comportemental, l’amant se penche la tête en avant pour écouter les questions. « N’essayez pas de m’intimider », lui dit-elle. Donat-Jean se retourne vers la présidente, semblant ne pas comprendre la remarque.

Cédric et Delphine dormaient-ils dans le même lit ? « Il me semble que non », répond Donat-Jean. « Vous aviez répondu l’inverse », lui oppose Me Franck citant les réponses de l’homme aux enquêteurs.

Que pense l’amant de la piste Djihad ?

Me Mourad Batthik, avocat de la partie civile, évoque à nouveau la piste du Djihad avancée par Cédric Jubillar auprès des enquêteurs. Le conseil a demandé à de nombreux témoins s’ils trouvaient cette hypothèse crédible. Réponse de l’amant : « Comme disent les jeunes, MDR », répond Donat-Jean, visiblement amusé, et assurant que c’est impossible.

« Je ne pratique pas l’échangisme et je ne vais pas sur le dark web (dirty tinder) »

Donat-Jean tient à répondre à propos du fait que la défense lui a attribué certaines habitudes en matière de relations sexuelles, la première semaine d’audience. « Je ne pratique pas l’échangisme et je ne vais pas sur le dark web (dirty tinder) », assure-t-il à la barre après une question de Me Boguet qui semble vouloir couper l’herbe sous le pied de la défense.

« Avez-vous tué Delphine Jubillar ? », lui demande clairement l’avocat toulousain. « Non », répond le témoin. « Je vous pose la question parce qu’on se demande quel aurait été votre mobile », conclut Me Boguet avant de se rasseoir.

Discussions sur les enfants des Jubillar, Louis et Elyah

« Combien d’heures parliez-vous avec Delphine chaque jour ? », demande Me Malika Chmani, avocate des enfants, Louis et Elyah. « Je pense qu’on était au moins à 200, 300 messages par jour », répond-il en répétant que les enfants étaient un gros sujet dans les discussions. L’éducation des enfants était un réel souci pour Delphine, selon l’amant qui semble induire qu’elle était en désaccord avec celle appliquée par Cédric.

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Me Boguet, l’autre avocat des enfants des Jubillar, prend le relais : Delphine avait-elle abordée la question de potentielles violences de Cédric à l’encontre de Louis ? « Elle m’avait dit que c’était très difficile. L’éducation était très compliquée, ça manquait de légèreté, c’était noir et sombre », selon Donat-Jean.

L’homme affirme également que les amants avaient fait se rencontrer leurs enfants « par visio ».

L’amant de Delphine questionné sur sa relation avec une certaine Jennifer

Donat-Jean est piqué par une interrogation de l’avocat général Ruff. « Vous voulez des détails, je vais vous en donner », répond-il à une salve de questions à propos de sa relation avec une certaine Jennifer, cliente du magasin où l’homme travaille. « Je vous en parle parce que vous avez évoqué en mars 2021 », renvoie le magistrat qui précise que ce n’est pas juste lui qui souhaite avoir des réponses. L’amant affirme n’avoir jamais eu de relation sexuelle avec cette femme. Leurs échanges auraient commencé « bien après la disparition de Delphine ».

« Alors que Cédric a des relations sexuelles dès février 2021, nous remarquons qu’en mai de la même année, vous affirmiez que vous ne pouvez pas aller plus loin avec cette femme », dit l’avocat général. Ce dernier semble vouloir pointer que l’accusé a eu plus de facilités à se « remettre » de la disparition de Delphine. Si Donat-Jean se confie longuement à Jennifer, il n’arrive pas à passer le pas de la relation sexuelle, précise Nicolas Ruff. « Delphine était la femme parfaite », affirme l’amant.

Me Emmanuelle Franck, de la défense de Cédric Jubillar, proteste à propos des questions sur cette relation. Nicolas Ruff répond que c’est elle qui a lancé un « concours de vertu », lors de la première semaine.

Place aux questions pour l’amant de Delphine…

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« Elle avait peur de lui. Je le savais »

Donat-Jean apprend la disparition de Delphine, notamment par la prise de contact rapide des gendarmes, le 16 décembre : « C’est le bordel, je ne comprends pas ce qui se passe à partir du moment où elle disparaît ». Auprès d’eux, il se présente comme « un ami ». Un mensonge que l’homme justifie par la « peur ».

Concernant Cédric : « Elle avait peur de lui. Je le savais », commente-t-il.

Alors qu’il lui est demandé s’il a un dernier mot à ajouter, l’amant pause et affirme : « J’ai l’intime conviction que c’est Cédric Jubillar qui a attenté à la vie de sa femme ».

Retour sur les derniers échanges entre les deux amants, « Ti amo fortissimo »

La présidente et Donat-Jean discutent des derniers messages échangés jusqu’à 22h55, le soir de la disparition de Delphine : « Ti amo fortissimo ». Ensuite, la photo de Delphine portant une nuisette a été envoyée à l’amant.

En réponse Donat-Jean a envoyé un « selfie » de lui, allongé dans son lit. La conversation et les photos sont diffusées dans la salle. « Je ne sais plus du tout si j’ai dormi avec Cathy cette nuit-là, nous vivions chacun à un étage ». La présidente lui oppose que sa compagne a témoigné qu’ils avaient dormi ensemble. « C’est probable », répond l’amant.

Cédric Jubillar se referme, sur son siège, il est moins détendu. D’apparence plutôt calme, l’accusé semble néanmoins vouloir garder une certaine maîtrise au fil des réponses du témoin.

La journée du 15 décembre détaillée… Donat-Jean moins précis sur ses souvenirs

Donat-Jean est ensuite invité à s’exprimer sur la fin de sa relation avec son ex-compagne Cathy. Celle-ci avait pris connaissance des échanges de messages entre les amants : « J’avais volontairement laissé mon téléphone déverrouillé ». « C’était plus facile pour moi qu’elle tombe sur mon téléphone que d’en parler », justifie-t-il. L’infirmière lui avait demandé de mettre fin à la relation avec Cathy… Ce qu’il avait du mal à faire, semble-t-il.

« Je suis tombé amoureux de quelqu’un », aurait-il avoué à Cathy. « Elle a ensuite envoyé un message très bienveillant à Delphine ». Tous ces événements et communications datent du 15 décembre, pas du 12, corrige la présidente Ratinaud. L’amant perd un peu la mémoire, il n’a que peu de souvenirs « spécifiques » de cette journée. L’homme aurait notamment envoyé, en plusieurs messages, à Delphine : « Bonjour mon amour, je vais bosser dur et on va la torcher cette salle de bains ». Petite précision apportée par la présidente à propos de l’un des messages envoyés par son ex-compagne… Ce dernier commençait par « Message demandé par Donat-Jean ». Cathy avait expliqué que Donat-Jean lui avait dit d’entrer en communication avec Delphine. « Je suppose qu’elle avait du mal et que j’ai demandé qu’elle communique », répond-il, de plus en plus hésitant.

Comment et quand Delphine devait faire la même annonce à son mari, Cédric ? « Peut-être pas le jour même, je crois qu’il y a un décalage, un jour ou deux, le temps qu’elle parle de toutes ces choses », répond-il de plus en plus évasif. « Elle avait juste besoin de mon feu vert ». A la question de savoir si tout était acté le 15 décembre, l’amant rétorque, « oui ». Et après ? « Je ne me souviens plus de quelle manière elle a tout lancé, à quel moment elle a parlé de divorce ». Son récit est beaucoup plus haché et moins péremptoire. « C’est flou », répète-t-il à propos de certains éléments.

Donat-Jean, plus hésitant, se contredit sur les promenades des chiens

Dernière rencontre entre Delphine Jubillar et son amant : le samedi 12 décembre 2020. « Nous nous sommes vus pour aller acheter une voiture. On en avait repéré dans un garage à côté de Roquefort, une Citroën C4 », se souvient-il. « Delphine était super contente », détaille-t-il ensuite à propos de cet achat qui devait coûter 4 000 euros. « Elle a laissé une caution de 500 euros ». Les anecdotes défilent, mais les détails concrets sur les projets de vie futurs du couple sont plus rares. Donat-Jean commence à être plus hésitant et se contredit.

« Delphine ne m’a jamais parlé d’aller promener les chiens », affirme l’homme péremptoire. « Pourtant, vous avez été affirmatif, lors de vos auditions, sur le fait qu’elle ne promenait pas ses chiens », s’interroge la présidente Hélène Ratinaud. Le témoin réitère, un peu gêné, sur le fait que l’infirmière n’a jamais abordé ce point avec lui.

Contrairement à ce qu’affirme la défense, l’amant assure aussi que « Delphine avait peur du noir ». Il ajoute qu’elle « était très casanière ». La semaine dernière, la jeune femme était présentée comme sociable par de nombreuses amies, notamment lors des derniers mois avant sa disparition.

« Cédric s’est mis plus bas que terre pour essayer de la récupérer », selon l’amant de Delphine

« Nous cherchions un logement ensemble », explique celui qui affirme que les deux amants organisaient leur vie d’après. « Je lui avais dit qu’on donnerait son argent à monsieur Jubillar, pour sa maison. J’ai dit : ‘Vendez-la, soldez le crédit et on repartira de zéro' ». Delphine devait d’abord prendre un appartement de son côté, le temps que Donat-Jean vende sa maison, selon ses dires. Leur emménagement devait avoir lieu ensuite. Il ajoute même qu’ils avaient envisagé un mariage à la cathédrale d’Albi.

Donat-Jean raconte, ensuite, avoir vu deux lettres d’amour envoyées par Cédric à Delphine, alors que celle-ci était décidée à partir, « je ne veux pas juger », répète-t-il », « mais il s’est mis plus bas que terre pour essayer de la récupérer ».

Les soucis qui ont causé la fin du couple Jubillar, selon l’amant : « Les points qui revenaient le plus, c’étaient les difficultés avec les enfants et les travaux de la maison ». « J’étais à des années-lumière de penser que ça allait se finir comme ça », conclut-il. Cédric, de son côté, s’est rapproché : complètement penché vers l’avant, l’accusé est accoudé sur le rebord de son box et la tête posée sur ses bras croisés. Son regard est soutenu et ne se détache pas de l’amant de sa femme.

Retrouvez notre portrait de Donat-Jean, le témoin ⬇

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L’attitude de Cédric face à l’amant de sa femme, Delphine

Face à un Donat-Jean sûr de lui et ferme dans son propos, Cédric Jubillar écoute, très calmement, l’homme qui déclare avoir eu une « vraie histoire d’amour » avec sa femme, Delphine.

« Sans porter de jugement, elle me disait qu’il était insortable », déclare Donat-Jean à propos de Cédric, impassible. « Delphine ne m’a jamais parlé de violences physiques ». Donat-Jean parle de l’accusé en le nommant « monsieur Jubillar ».

L’amant de Delphine parle d’une « intime conviction » sans dire clairement que Cédric serait le coupable. « Delphine parlait beaucoup de ses enfants, fierté… Mais aussi de son travail », ajoute l’homme sur son amante.

L’amant à la barre… « J’ai été sage et j’ai voulu goûter au fruit défendu »

Longue pause avant de commencer pour Donat-Jean, l’amant de Delphine… « Je trouve très triste la tournure prise par cette histoire d’amour », affirme l’homme visiblement touché, mais sûr de lui. « Nous n’avions que des mots d’amour », exprime-t-il avant d’attaquer la défense. « Les mots ont un sens, j’imagine encore plus dans le droit », déclare Donat-Jean d’un ton solennel. « J’ai compris qu’ils cherchaient un coupable ».

« Cathy était une femme formidable, mais nous étions au bout du chemin », déclare l’amant à propos de son ex-compagne. « J’ai fait la bêtise de ne pas mettre fin à la relation, mais nous avons un lien à vie », affirme-t-il à propos de leur enfant.

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« Avec Delphine, ce n’était pas juste une relation charnelle, c’était une vraie histoire d’amour », assure l’homme qui a rencontré Delphine sur Gleeden. « J’ai été sage et j’ai voulu goûter au fruit défendu ». La première rencontre avec Delphine date du 28 juillet 2020, très rapidement après le contact sur Internet. « Nos discussions étaient intarissables », explique Donat-Jean. Il s’exprime très clairement et semble déterminé à exprimer ce qu’il a sur le cœur. L’homme, qui porte des lunettes au cadre noir, se tient droit et les bras croisés sur son torse.

David T., à la barre… L’homme a discuté avec Delphine sur un site de rencontres

Juste avant Donat-Jean, l’amant de Delphine, David T., un Gardois de 45 ans, témoigne. Le quadragénaire a échangé sur Gleeden, un site de rencontres, avec Delphine Jubillar. « Du fait de sa profession, nous parlions tard le soir, rapidement via l’application Snapchat (messagerie éphémère) », exprime-t-il. « Nous avions de longues discussions, nous recherchions plus que de simples relations sexuelles ». L’homme précise sur les photos que la jeune femme envoyait : il nie le fait que Delphine soit « aguicheuse, comme j’ai lu dans la presse ». « Elle cherchait plus à se rassurer ».

David T. développe… Après quelques semaines, l’infirmière a stoppé la conversation. « J’ai pensé qu’elle avait trouvé quelqu’un de plus proche géographiquement », dit l’homme de grande et taille et habillé d’une chemise bleu clair. Par la suite, le témoin explique qu’il a appris la disparition de Delphine via les médias et a fait des recherches personnelles pour confirmer le fait que ce soit bien la jeune femme avec qui il discutait. Le quadragénaire s’est présenté, spontanément, aux forces de l’ordre pour communiquer ce qu’il savait. L’homme dresse un portrait flatteur de la disparue en concluant qu’elle n’abandonnerait jamais ses enfants ». « Nous parlions beaucoup d’eux.

Dans son box, Cédric Jubillar écoute attentivement l’homme qui flirtait avec Delphine. Imperturbable, l’accusé est, comme souvent depuis deux semaines, enfoncé dans son siège avec les mains croisées devant lui.

Le public au rendez-vous pour cette 3e semaine

L’affluence est encore plus importante ce lundi que les autres semaines, avec une cinquantaine de personnes qui attendent à l’arrière du tribunal pour accéder à la salle de retransmission. Les premiers sont arrivés à 3 h 30 du matin, pour avoir une place et écouter le témoignage de l’amant de Delphine, appelé à la barre ce lundi, et qui attire les foules pour cette troisième semaine de procès.

Le public devant le tribunal d’Albi.
Le public devant le tribunal d’Albi.
DDM

Retrouvez le récit de la dernière journée d’audience ⬇

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Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré au 9e jour d’audience du procès Jubillar



2025-10-06 13:24:22

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