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« Celui qui soigne », le gynécologue Denis Mukwege tient son biopic, réalisé par Marie-Hélène Roux avec Isaach de Bankolé et Vincent Macaigne


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Loin des violences qui secouent l’est de la République démocratique du Congo, son pays, le Dr Denis Mukwege est à Paris pour la sortie, ce 24 septembre, de « Muganga. Celui qui soigne ». Le film retrace le parcours de cet homme qui répare les femmes victimes de violences sexuelles. Gynécologue obstétricien, militant et Prix Nobel de la paix, il porte une parole rare dans un pays où le viol est une arme de guerre. Il ne se contente pas d’opérer les corps, mais brise l’omerta en nous parlant d’un combat qui dépasse de loin les murs de Panzi, son hôpital de Bukavu.

ELLE. – Comment avez-vous accueilli l’adaptation de votre vie au cinéma ?

Denis Mukwege. – Voir quelqu’un incarner son histoire est étrange. Mais j’ai été très impressionné par l’interprétation d’Isaach de Bankolé, dont je respecte beaucoup le travail.

« Le corps des femmes doit être respecté, leur dignité ne se négocie pas »

ELLE. – Parlez-nous du Dr Cadière, incarné à l’écran par Vincent Macaigne…

D.M. – C’est un grand ami. Il vient trois fois par an pour opérer à Panzi. Nous avons des points communs qui nous permettent de travailler ensemble. Et nous partageons connaissances et empathie vis-à-vis de la souffrance des femmes.

ELLE. – Au Congo, les femmes sont victimes de groupes armés et aussi de soldats congolais. Comment l’expliquer ?

D.M. – Le viol n’est pas une affaire de tel ou tel camp. Qu’il soit commis par des groupes armés ou par des soldats congolais, rwandais ou ougandais, il reste inacceptable. Le corps des femmes doit être respecté, leur dignité ne se négocie pas. Jamais.

ELLE. – Des victimes de viol sont parfois contraintes d’épouser leur agresseur, par pression sociale ou tradition. Comment combattre ces pratiques ?

D.M. – Obliger une victime à épouser son agresseur est une tragédie. Et absout implicitement les criminels. Le viol est un crime grave, ce n’est pas à la famille de le régler, mais aux juridictions compétentes. Toute tentative d’arrangement à l’amiable doit être combattue.

« Malheureusement c’est une arme extrêmement efficace »

ELLE. – À Panzi, vous soignez également des nourrissons. Pourquoi ces agresseurs s’en prennent-ils à eux ?

D.M. – Violer un bébé, c’est innommable. Ce n’est pas un acte sexuel mais un acte de destruction. Malheureusement c’est une arme extrêmement efficace.

ELLE. – Que diriez-vous aux personnes qui ne se sentent pas concernées par la guerre qui fait rage au Congo ?

D.M. – Cette situation concerne tout le monde : tous nos appareils électroniques contiennent des minerais rares, 80 % issus du Congo. Chacun de nous a un petit morceau de ce pays dans ses poches. Mais au-delà de cela, toute vie humaine se doit d’être respectée et défendue.

« Muganga. Celui qui soigne », de Marie-Hélène Roux, avec Isaach de Bankolé et Vincent Macaigne (1 h 45).



2025-09-22 12:30:00

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