vendredi, mai 8, 2026
AccueilActualitésSix ans de prison pour un ex-dentiste accusé d’avoir mutilé des dizaines...

Six ans de prison pour un ex-dentiste accusé d’avoir mutilé des dizaines de patients


#ans #prison #pour #exdentiste #accusé #davoir #mutilé #des #dizaines #patients



Un ex‑dentiste de 61 ans a été condamné jeudi 7 mai à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Mende. José Pereira Mendes a été reconnu coupable d’avoir pratiqué des opérations médicalement injustifiées et parfois bâclées, mutilant des dizaines de patients en Lozère. Il a également été condamné pour avoir escroqué massivement la Sécurité sociale.

« Monsieur José Pereira Mendes, vous êtes reconnu coupable de tous les faits qui vous étaient reprochés et vous condamne à six ans, avec mandat de dépôt », a déclaré le président du tribunal, Yves Gallego. Le tribunal a aussi prononcé une « interdiction définitive d’exercer la profession de dentiste » et une « interdiction définitive du territoire français ». Le prévenu, de nationalité portugaise, n’a pas réagi.

Des actes « inutiles » et destructeurs

Lors du procès, le procureur avait requis sept ans de prison. Il avait décrit un praticien qui a « mis à profit ses connaissances professionnelles […] à la seule fin de récupérer des sommes indues, en mutilant ses patients ». Selon lui, le dentiste a réalisé un « travail inutile, bâclé, risqué », arrachant des dents saines pour poser des implants défectueux. À la barre, plusieurs victimes ont raconté des interventions lourdes, sans justification médicale. Certaines en gardent des séquelles physiques et psychologiques importantes. « Il a mortifié la dentition de dizaines de patients […] il leur a enlevé leur dignité », a insisté le procureur. Les faits remontent à la période entre 2018 et début 2021, dans la région de Mende.

« Je regrette absolument que les choses n’ont pas bien marché. Je les ai tous soignés pour que tous aient un meilleur avenir », avait déclaré José Pereira Mendes avant que le tribunal se retire pour délibérer, imputant à son arrestation l’arrêt prématuré des soins. « Le Dr Mendes pensait que ses actes étaient nécessaires, en son âme et conscience. Il n’avait aucune intention de gagner de l’argent sur votre état de santé, de faire de votre carte vitale une mine d’or », a plaidé son avocat, Me Kominé Bocoum.

Des procédures sans justification médicale

« Arracher, implanter, facturer !, voilà son credo », a au contraire lancé Catherine Szwarc, l’une des avocates des quelque 45 anciens patients et proches qui se sont constitués parties civiles. « Je n’ai pas l’impression qu’il y a prise de conscience du champ de ruines qu’il a laissé derrière lui », a déploré un autre avocat, Michel Chomiac de Sas.

Quarante-quatre patients ont été identifiés comme victimes dans le dossier d’instruction mais leur nombre total pourrait être plus élevé, la Sécurité sociale ayant relevé 1.234 anomalies dans 131 dossiers pour un préjudice estimé à plus de 330.000 euros. « J’avais l’habitude de faire de la purée pour mes enfants, je ne pensais pas devoir le faire pour mon mari de 41 ans, qui mange comme un bébé de 12 mois », a dit Daniela, 34 ans.

Des anciens patients décrivent une véritable « boucherie »

« Je suis morte depuis six ans. Je suis allée le voir pour un abcès, il m’a arraché toutes mes dents », a pour sa part raconté Anabela, 47 ans. « Dr Mendes, vous avez détruit ma famille. Ma mère mange tout en mixé, elle a voulu en finir », a confirmé sa fille de 28 ans, Raquel. « C’était une boucherie, 14 dents extraites en deux heures », a aussi expliqué Pierre, 54 ans. Il a « tristement illustré pourquoi la moitié des Français ne consultent pas leur dentiste », a souligné l’avocate de l’Ordre des chirurgiens-dentistes, en lui reprochant d’avoir « jeté le discrédit sur toute une profession ».

Le procureur a de son côté évoqué une affaire « hors norme », évoquant de rares précédents, dont le procès des dentistes marseillais Lionel et Jean-Claude Guedj, condamnés en octobre 2023 à respectivement huit et cinq ans d’emprisonnement pour avoir mutilé quelque 400 patients des quartiers populaires de la ville. La question des intérêts civils a été renvoyée à une audience fixée au 7 décembre prochain, tout en ordonnant le paiement de provisions de plusieurs milliers d’euros à plusieurs dizaines de victimes.



2026-05-07 19:28:16

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments