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David G, ancien animateur de 36 ans, a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour agressions sexuelles sur 9 enfants âgés de 3 à 5 ans de l’école maternelle Alphonse Baudin, dans le 11e arrondissement de Paris. Fait rare, les parties civiles ont refusé le huis clos. Devant les juges, le prévenu a invoqué maladresse et manque de formation.
Mains dans les poches, lunettes aviateur dorées posées sur le nez, David G. se balance d’une jambe sur l’autre. “Je ne me sens pas du tout concerné par les faits”, lance-t-il à la barre. Un petit garçon l’accuse de lui avoir “touché le zizi”? “J’ai peu de souvenirs de lui, je suis navré”, répond le trentenaire. Un autre affirme qu’il lui a “ouvert les fesses?” . “Celui-ci, je l’ai vraiment peu côtoyé. Je ne m’occupais pas des petites sections”, répète David G. Les accusations des enfants sont lourdes : jeux sexualisés, massages, attouchements lors de passages aux toilettes ou lorsqu’il soigne les bobos… Des propos de tout petits enfants, âgés de 3 à 5 ans, parfois difficiles à interpréter. Un garçonnet affirme avoir été agressé un jour où il portrait “un collant de ski jaune et vert”… sauf qu’il n’a jamais porté un tel vêtement à l’école. Une petite fille désigne comme des victimes des enfants qui ont quitté l’établissement depuis un an. “Je ne suis pas sûre qu’elle puisse faire la différence entre le réel et l’imaginaire”, a dit sa mère. Mais voilà, nombre d’enfants ont été frappés de symptômes qui n’avaient rien d’imaginaire. Enurésie, terreurs nocturnes, cauchemars, refus de manger, de se laver, d’aller aux toilettes… Un petit garçon s’est mis subitement à exhiber ses parties intimes devant ses camarades. Ces symptômes ont cessé quand David G. , suspendu, a quitté l’école. “J’ai pu commettre des maladresses, manquer de formation, reconnaît ce dernier à l’audience. Quand on les emmène aux toilettes, par exemple, le moindre geste peut sembler déplacé. C’est pourquoi je restais toujours à la porte”. Ce célibataire, interpellé un matin dans un appartement “insalubre”, ont précisé les policiers, admet qu’il jouait beaucoup avec les enfants, qu’il les portait, les tirait, les rattrapait parfois pour les empêcher de se blesser, “mais jamais je n’ai eu le moindre geste à caractère sexuel”, clame-t-il. Certains parents ressentaient pourtant parfois un malaise, en venant chercher leur fille, lorsqu’ils la retrouvaient sur les genoux de l’animateur, ou lorsque celui-ci l’appelait “ma puce”, “ma chérie”, “mon amoureuse de la Saint Valentin”. David G. avait d’ailleurs organisé un jour “un atelier de la Saint Valentin”. Les enfants avaient fabriqué des cartes, confirme une animatrice. “J’ai croisé un enfant ce jour-là, dit-elle, il m’a confié que David avait dit qu’ils étaient des amoureux, et il lui avait écrit “Je t’aime” sur une carte. J’en ai parlé à ma responsable, elle m’a dit “tu psychotes”. La procureure interroge le prévenu sur trois photos d’enfants retrouvées dans son portable. Des clichés saisis lors d’un atelier Kapla.
-C’est pourtant interdit par la charte des animateurs, pointe la magistrate. On a l’impression que vous ne respectez pas le cadre qu’on vous prescrit.
-J’ai un caractère où j’aime me fixer mes propres limites, répond David G.
Et cet entretien de “recadrage” mené par sa supérieure, lors d’un passage aux toilettes avec un enfant? Il n’y a jamais eu le moindre recadrage, assure-t-il. Visiblement, la supérieure n’a pas laissé de trace écrite.
“J’en avais parlé à ma responsable. Elle m’a répondu : “Tu psychotes”.
David G. n’est pas seulement jugé pour des agressions sur des enfants. Deux anciennes collègues le poursuivent pour harcèlement sexuel. Les animatrices, qui ont travaillé avec lui à l’école Alphonse Baudin, dénoncent un homme “malaisant”, de plus en plus tactile au fil des mois. “Il me touchait les cheveux, le cou, l’épaule, descendait de plus en plus bas”, dit l’une à l’audience. “Il m’a saisie par les hanches pour que je m’assoie sur lui”, raconte l’autre. Un jour, il leur lance : “Vous m’excitez les filles, je n’attends que ça, de coucher avec des lesbiennes”.
“J’en avais parlé à ma responsable, explique l’une des deux animatrices à la barre. Elle m’a répondu : “Tu psychotes”.
La procureure a requis trois ans de prison, dont un ferme, aménagé sous bracelet électronique, à l’encontre de David G. Le jugement devrait être mis en délibéré.
2026-05-26 21:03:23
