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751 parents d’élèves des 7e et 15e arrondissements de Paris ont adressé dimanche un courrier au nouveau maire Emmanuel Grégoire pour exiger des sanctions et un audit indépendant sur les violences commises par des animateurs du périscolaire.
Ils sont 751 à avoir signé. Dans un courrier envoyé dimanche au nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire, que franceinfo a pu lire en exclusivité, des parents d’élèves des 7e et 15e arrondissements réclament des sanctions contre des responsables de la mairie de Paris et la mise en place d’un audit indépendant sur les violences dans le périscolaire parisien. En cause : les dizaines de plaintes déposées ces derniers mois pour des faits de violences, notamment sexuelles, commises sur des enfants d’écoles parisiennes par des animateurs du périscolaire.
La lettre dresse une liste précise de six établissements dans lesquels « plusieurs situations » ont « donné lieu à des signalements, des plaintes et, pour certaines, à une médiatisation » : les écoles Saint-Dominique, Rapp et Vaneau dans le 7e arrondissement, et les écoles Gutenberg, Volontaires et Émeriau dans le 15e. Les signataires jugent « indispensable qu’un engagement clair soit pris afin […] d’établir les responsabilités » à « chaque niveau de la chaîne de décision » au sein de la mairie de Paris.
Pourquoi des agents du périscolaire mis en cause ont été mutés dans d’autres établissements ?
Ce que les parents pointent, c’est « un problème clair de fonctionnement, de prévention et de gestion des signalements » qui « ne peut attendre ». Ils demandent qu’un cabinet indépendant soit mandaté pour faire la lumière sur les procédures de recrutement et d’encadrement des animateurs, mais aussi sur la manière dont les alertes ont – ou n’ont pas – été traitées.
Car au cœur du scandale se trouve une pratique aussi troublante que documentée : des agents du périscolaire mis en cause pour violences sur des enfants ont été mutés dans d’autres établissements plutôt qu’écartés, et ce malgré des directives envoyées par la mairie à tous ses agents le 14 novembre dernier, censées mettre fin à ces transferts. En décembre, un animateur impliqué dans un établissement du 7e arrondissement a ainsi été exfiltré dans une école maternelle du 15e. Les parents demandent que les « dispositifs existants de protection » soient enfin effectivement appliqués.
Les violences dans le périscolaire, « priorité absolue » pour Emmanuel Grégoire
Invité de franceinfo ce lundi, Emmanuel Grégoire a affirmé que ce dossier constituait « la priorité absolue de ce début de mandat ». « Nous allons tout remettre à plat, la table va être renversée et nous allons tout reprendre du début », a-t-il promis, assurant que d’autres arrondissements que le 7e et le 15e seraient pris en compte. Le maire s’est dit favorable à un audit indépendant et a indiqué qu’il « n’attendra[it] pas trois semaines » pour communiquer « de façon totalement transparente les statistiques précises en fonction des cas » – nombre de plaintes, de suspects et de victimes recensées. Il a également tenu à « rassurer les parents : à aucun moment un animateur qui serait suspecté de violences sexuelles ne fait pas l’objet d’une suspension immédiate. »
Des remaniements dans les effectifs liés au périscolaire parisien sont également annoncés. « C’est normal parce que je considère que dans l’exercice de remettre tout à plat, il faut remettre des capacités managériales qui soient à l’abri de l’histoire qui a permis à ces situations de se développer », a expliqué l’édile. L’enjeu, selon lui : offrir aux parents « des garanties de protection » lorsqu’ils confient leurs enfants à l’école, qu’il s’agisse de l’Éducation nationale ou du périscolaire.
2026-03-30 10:50:00
