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Lundi matin, trois personnes sont décédées dans un incendie qui s’est déclaré à Décines-Charpieu, près de Lyon. Ces trois victimes étaient « totalement inconnues des services de la justice », a souligné Thierry Dran, procureur de la République de Lyon, lors d’une conférence de presse ce mardi matin. 20 Minutes fait le point.
Que s’est-il passé et qui sont les victimes ?
Lundi, vers 7h30 du matin, un incendie s’est déclaré dans un immeuble de sept étages, au 18 rue de Sully à Décines-Charpieu. Trois personnes – deux hommes et une femme – sont décédées et quatorze ont été blessées, sans que leur pronostic vital ne soit engagé.
Deux des trois personnes décédées ont été retrouvées dans un appartement du 7e étage et un homme a été découvert au pied du bâtiment. « Ce dernier, âgé de 28 ans, ne résidait pas dans l’immeuble » sinistré, a précisé le procureur de la République.
Les deux personnes retrouvées dans l’appartement sont un homme de 28 ans et sa tante, âgée de 61 ans. « Ces trois victimes sont totalement inconnues des services de la justice », a insisté Thierry Dran. Il a également précisé que dans l’entourage des victimes, « a priori » personne n’était connu pour trafic de stupéfiants.
Le bilan aurait pu être « bien pire », selon le magistrat. Le procureur a précisé que l’immeuble était « bien entretenu », « c’est ce qui explique pourquoi on a eu »que » trois morts. »
Où en est l’enquête ?
Une enquête a été ouverte pour « dégradation par moyen dangereux ayant entraîné la mort », « homicide volontaire en bande organisée » et « participation à un crime en bande organisée » ainsi qu’« participation à une association de malfaiteurs ».
La division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) a été saisie et des experts de la police scientifique sollicités. « Les premières investigations ont permis de faire état d’au moins un départ de feu à l’intérieur de l’immeuble », a précisé le magistrat. Mais l’origine et les circonstances de ce départ de feu restent « encore à déterminer ». « L’incendie a particulièrement été violent au 7e étage », a-t-il seulement pointé, sans pouvoir affirmer à quel étage avait pris le feu. « Il a forcément eu lieu dans les communs, dans les escaliers, a-t-il toutefois développé. On ne sait pas pour l’instant si c’est du paillassonnage ou autre chose. »
Quels liens avec le narcotrafic ?
« Aucune hypothèse n’est écartée et aucune n’est privilégiée », a rappelé Thierry Dran, soulignant qu’il était « impossible d’affirmer si une ou plusieurs personnes étaient visées par cet incendie ». « Il est également totalement prématuré que les faits sont en lien avec le trafic stupéfiant même si c’est une piste sérieuse. Pour Nelson Bouard, directeur interdépartemental de la police nationale du Rhône, la thèse du règlement de comptes est toutefois « privilégiée ». Aucune interpellation n’a encore eu lieu dans ce dossier.
D’autres faits commis à proximité
La Direction territoriale de police judiciaire (DCT) a également été saisie pour des faits commis dans la rue Sully ou à proximité depuis fin avril, a fait savoir le parquet. « Plusieurs dizaines d’enquêteurs spécialisés ont été mobilisés pour l’incendie meurtrier mais aussi pour des faits d’intimidations par incendie ou par des tirs [ces derniers jours] sur les rues » alentours, a détaillé Nelson Bouard.
« Il y a déjà des faits qui ont été commis sur le 18 rue de Sully, au 4e étage, dans le passé. Mais pour l’instant, aucune liaison avec l’incendie n’a été faite. Les enquêteurs travaillent dessus », a conclu Thierry Dran.
2026-05-12 14:25:21
