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Le deuxième procès de Lionel Charvin, cet homme sage-femme accusé de viols en série, s’était ouvert jeudi 4 septembre.
Un maïeuticien jugé pour les viols de six patientes a été condamné ce vendredi 5 septembre à 14 ans de réclusion criminelle, quatre ans après une première condamnation à 12 ans de prison pour des faits similaires commis sur 11 autres femmes.
Après une courte délibération, la cour criminelle de l’Hérault a suivi le réquisitoire du parquet en déclarant Lionel Charvin coupable de « pénétrations sexuelles par violence, menace, contrainte ou surprise » sur ces six femmes, avec la circonstance aggravante qu’elles ont été commises en « abusant de l’autorité conférée par sa fonction ». Le maïeuticien exerçait en libéral et dans une clinique à Montpellier jusqu’en 2016.
« Ça a dérapé lors d’une séance : il s’est mis à faire des mouvements de va-et-vient de plus en plus rapides. Ce n’était plus médical, c’était de la masturbation, avait expliqué devant la cour l’une de ses anciennes patientes, une assistante vétérinaire de 39 ans qui l’avait consulté pendant et après sa grossesse en 2015.
Lionel Charvin a plaidé non-coupable
« Ce n’est pas pour moi un viol, puisque ce n’est pas une masturbation. Je suis désolé si elle a pu ressentir quelque chose de négatif », avait déclaré depuis le box des accusés ce père de trois enfants, crâne rasé, barbe bien taillée et chemise vert bouteille. « Elle m’avait dit qu’elle n’éprouvait plus de plaisir. Mon intention était de lui montrer que son périnée était sain. Elle a peut-être trouvé que c’était masturbatoire, mais ce n’est pas du tout une masturbation », s’était-il défendu.
« C’est une sollicitation des muscles du périnée », avait-il ensuite précisé, assurant qu’il s’agissait d’un geste médical banal. « Donc vous plaidez non coupable ? », avait lancé Iris Christol, une des avocates des parties civiles. « Exactement », avait répondu Lionel Charvin.
Auditionnée à son tour, une infirmière de 42 ans avait expliqué que l’ex-soignant, placé derrière elle lors jour de son accouchement en janvier 2013, l’avait « masturbée pendant 3 à 5 minutes » alors qu’elle était en plein travail à l’hôpital. « J’ai eu un orgasme. Il a dit ‘Ah, ben voilà’, et j’ai perdu les eaux », avait expliqué cette femme, la voix tremblante.
Des conséquences dramatiques
« Je n’ai jamais retrouvé de sexualité apaisée. À chaque fois, il est là » et « la plupart de mes relations sexuelles ont ensuite été alcoolisées », avait ensuite détaillé une troisième plaignante, professeure des écoles de 43 ans. « J’ai décidé de porter plainte aussi pour montrer à ma fille que quand notre consentement n’est pas respecté, il y a la loi qui nous protège », avait ajouté cette femme toujours sous antidépresseurs et pétrie d’un sentiment de culpabilité.
En mars 2021, le maïeuticien avait déjà été condamné à 12 ans de prison pour « viols commis par une personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction » et n’avait pas fait appel. La médiatisation de ce premier procès avait conduit une dizaine d’autres femmes à se manifester pour dénoncer des faits de même nature commis entre 2010 et 2016 à Montpellier.
Une cinquantaine de victimes potentielles
Certains des faits dénoncés étant prescrits, et d’autres pas suffisamment étayés, Lionel Charvin a finalement été renvoyé une seconde fois pour les viols de six patientes, dont cinq se sont portées partie civile. Les nouvelles plaignantes, comme les premières, ont expliqué aux enquêteurs avoir été « tétanisées » ou « paralysées » et n’avoir rien osé dire dans un premier temps.
Lors de la seconde instruction, Lionel Charvin, qui répète n’avoir jamais eu « l’intention de violer », avait expliqué aux enquêteurs avoir agi de la sorte avec « beaucoup » de patientes, potentiellement une cinquantaine sur les plus de 1 500 qu’il avait accompagnées en 17 ans de pratique.
2025-09-05 16:51:00
