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Cinq lourdes condamnations et un acquittement dans le double meurtre de la chambre de l’hôtel F1 de Plan de Campagne. Au dénouement du « procès DZ Mafia », clos ce mardi soir avec l’énoncé des verdicts, le tribunal a acquitté Amine Oualane, présenté par les enquêteurs de police comme un cadre fondateur de la DZ Mafia et qui aurait agi comme intermédiaire pour mettre en contact Gabriel Ory, condamné à vingt-cinq ans de prison ce mardi, et la victime Farid Tir, abattu pour le compte de Karim Harrat, également condamné à vingt-cinq ans.
« C’était un procès très compliqué, très difficile, avec des incidents à répétition et qui avançait lentement. C’était pénible », résume à 20 Minutes Inès Medioune, l’avocate d’Amine Oualane qui attend encore les motivations écrites du verdict rédigées par la cour dans son délibéré.
« Et malgré le dossier vide, j’avais un peu peur que tout le dispositif de sécurité, visant à effrayer l’opinion publique, ne le condamne d’avance, mais les jurés ne se sont pas laissés emmener sur le terrain d’une justice d’exception ».
Une mauvaise retranscription de sonorisation
En l’espèce, l’accusation reposait essentiellement sur le témoignage de Driss « un délinquant multirécidiviste qui le désignait comme intermédiaire et dont on peut douter de la sincérité » et une « sonorisation de la cellule d’Amine dont la retranscription policière, erronée, lui fait dire depuis la fenêtre de sa cellule à un autre détenu : “de contacter Harrat pour les mandats (argent envoyé aux détenus pour cantiner) et l’avocat”, alors qu’il parlait de voir avec son petit frère », explique Inès Medioune.
Autre élément avancé par l’accusation, une proximité géographique alléguée entre Farid Tir et Amine Oualane : « S’il est vrai que la famille Tir a déménagé aux Micocouliers où vivait Amine Oualane, elle ne s’y est installée qu’en 2018, or Amine était déjà en prison ce moment, condamné en 2016 à dix ans pour un braquage », poursuit l’avocate.
Enfin, des pièces provenant d’autres procédures ont été versées dans ce dossier, et notamment une conversation extraite de la messagerie cryptée Sky ECC du téléphone de Karim Harrat qui disait « c’est un mec en prison qui m’a aidé (supposément pour organiser l’assassinat de Farid Tir). Mais il y a 80.000 détenus en France et Karim Harrat, dans une conversation avec celui qui installait Sky ECC à Marseille, Harrat lui demandait de “faire un Sky ECC à Mamine”, ce qui démontre qu’il l’appelait volontiers par son surnom à l’époque où il pensait encore cette messagerie indéchiffrable ».
Une écoute téléphonique peu fiable
Restait alors une écoute téléphonique de Maëva Ghennam à Dubaï dans laquelle, répétant par ailleurs « qu’elle est complètement ivre, dit “qu’Amine a tué Farid”. Maëva Ghennam, aussi surprise en train de faire une fellation au parloir à Lenny Albarello qui est un cousin de Driss », complète la jeune avocate.
« Amine Oualane avait conscience que le témoignage de Driss était déterminant et est reconnaissant envers les magistrats de l’avoir écouté. Il avait à cœur de s’expliquer », conclut Inès Medioune qui va à présent s’atteler à organiser la défense de son client mis en examen dans d’autres affaires et notamment dans l’assassinat en décembre 2020 de Brahim Kessaci, demi-frère du militant anti-drogue Amine Kessaci, à présent adjoint au maire de Marseille.
2026-04-15 10:35:22
