dimanche, juillet 12, 2026
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Tour de France 2026. Comment Mathieu van der Poel a fait sauter le verrou après un énorme combat avec le peloton


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La situation des baroudeurs est tellement précaire qu’il faut désormais s’appeler Mads Pedersen (4e étape) ou Mathieu van der Poel (dimanche) pour lever les bras au bout d’une échappée. Pour que des fuyards s’imposent, il faut à présent qu’un groupe XXL de huit (van der Poel, Pidcock, T. Johannessen, Baudin, Van Eetvelt, Castrillo, Simmons, Gee-West), avec 106 victoires professionnelles cumulées et 392 étapes sur le Tour de France, fasse le forcing pendant des dizaines et des dizaines de kilomètres pour résister au train d’UAE Emirates XRG à ses trousses. Le tout, sur une étape en aucun cas dédiée aux leaders du classement général.

« C’est bien qu’ils ne gagnent pas tout »

« Quand j’ai regardé les trois avec qui j’étais dans le final (van der Poel, Pidcock et Johannessen), je me suis dit ‘’qu’est-ce que tu fous là ?’’ Il n’y avait rien à faire », lance Alex Baudin. Dimanche, pour le dernier rendez-vous d’une première semaine à mille à l’heure et par des degrés bien inhospitaliers, le Savoyard décidément bien en jambes (4e) et ses collègues ont pu se disputer la victoire, mais pour six petites secondes seulement : « Je suis quand même content que l’échappée aille au bout, parce que je n’ai vraiment pas compris pourquoi UAE roulait. »

« Ils ont le droit de le faire, bien sûr, mais c’est quand même bien qu’ils ne gagnent pas tout. Ils ont laissé l’écart à une minute, on se demande bien pourquoi », commente, lui aussi, Christoph Roodhooft, directeur sportif finalement heureux d’Alpecin-Premier Tech.

Le long fleuve tranquille d’autrefois des échappées sur les étapes accidentées est révolu. Quand un groupe de quinze, sans véritable danger pour le classement général, a fini par se dessiner après cinquante kilomètres de lutte, UAE s’est encore une fois mis à la planche, rejoint par d’autres (Netcompany-Ineos et Lidl-Trek), sentant la possibilité d’un hold-up.

Quand UAE brouille les pistes

Du côté des Émiriens, les versions divergent. « Rien n’était prévu : on a roulé au tempo de Tim Wellens, ça va forcément vite », sourit Pogacar, quand un autre de ses coéquipiers lui prête d’autres intentions : « Nous pensions que nous pouvions viser l’étape avec Tadej, mais nous avons vu que ce n’était pas la meilleure des options » (Adam Yates).

Et Wellens, quelques mètres plus loin, d’évoquer un tempo pour « emmener Isaac Del Toro au sprint », à moins que ce soit pour « ne pas voir l’avantage de Lidl-Trek grandir au classement par équipes »… Que chacun choisisse la version qui lui convient le mieux.

La vérité se trouve peut-être ailleurs : dans ce filtre imposé par les maîtres du jeu. Cette distribution des cartes, dont certains font les frais (la fameuse ‘’liste noire’’ dont l’existence a été démentie par les intéressés) pendant que d’autres obtiennent le droit de briller. Un pouvoir de décision et une soif de victoires qui pourraient encore largement affecter les deux semaines à venir et contrarier les plans des baroudeurs.

Mais de tout ça, Mathieu van der Poel n’en a que faire : lui a réussi à faire sauter le verrou.



2026-07-12 18:23:00

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