jeudi, mai 7, 2026
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Témoignage : « A plus de 50 ans, je me sens plus belle qu’à 20 ! »


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« Ma pire ennemie, je crois que ça a longtemps été moi, lâche d’emblée Géraldine. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été complexée par mon physique. Trop de fesses, pas assez de seins, le nez, les yeux, la bouche, les oreilles… trop comme ci, pas assez comme ça : tout y est passé. A l’adolescence, j’ai le souvenir d’avoir passé des heures à me scruter sous toutes les coutures dans le miroir de ma salle de bains en me trouvant, chaque jour, une difformité ou une imperfection de plus ». Avec le recul, cette cheffe de projet R&D dans un laboratoire pharmaceutique de la région parisienne se dit qu’elle a vraiment manqué de bienveillance à son égard. « Je n’ai jamais été un top model, concède-t-elle. Mais lorsque je vois aujourd’hui des photos de moi, à 15 ou 20 ans, je me dis que je n’étais pas si vilaine que ça. Mes cousines m’enviaient ma longue chevelure auburn bouclée et, surtout, mes petites taches de rousseur sur le nez, les joues… et même le décolleté. Elles disaient que c’était trop mignon et que ça faisait de moi une fille particulière, unique. Moi, je trouvais surtout que ça me rendait moche. Je voulais avoir un teint uni et diaphane (pas une peau de dalmatien) et aussi des cheveux blonds comme les blés, bien lisses, comme ceux de mes deux sœurs qui avaient la chance, elles, d’avoir hérité des bons gènes de maman ». Bref, Géraldine aurait aimé qu’on la remarque, non pas parce qu’elle était différente des autres, mais parce qu’elle était tout simplement belle.

« J’ai longtemps eu la sensation d’être transparente aux yeux des autres »

Mais la jeune femme a beau essayer de corriger tout ce qu’elle considère comme des défauts chez elle – « je superposais les couches de fond de teint pour camoufler ces fichus petits pois couleurs ocre qui me faisaient horreur, détaille-t-elle. Le pire est que je ne voyais même pas que ça me faisait une peau pâteuse » -, elle a une telle piètre image d’elle-même qu’elle a du mal à aller vers les autres… et que, par ricochet, personne ne va vers elle, et ne la regarde. « J’ai longtemps eu la sensation d’être transparente aux yeux des autres, et surtout des hommes, avoue Géraldine. Je ne me faisais jamais draguer, ni au lycée, ni à la fac, ni dans la rue. J’étais même rarement invitée en soirée et quand ça arrivait, je restais assise sur mon siège pendant des heures en tentant de faire bonne figure, car aucun prétendant ne m’invitait à danser. Le comble est que j’étais, en mon for intérieur, convaincue que c’était normal. Les jolies nanas avaient déjà du mal à trouver chaussure à leur pied, alors, moi, avec mon physique, c’était peine perdue. J’étais sûre et certaine que j’allais rester vieille fille ». Géraldine a finalement rencontré l’âme sœur – ironie du sort, ce sont ses taches de rousseur qui ont immédiatement séduit Jean-Philippe -, et donné naissance à deux enfants. Malgré tout l’amour de son cher et tendre, qui ne cesse de lui répéter qu’elle est sublime (sans qu’elle le croit, bien sûr), il faudra plus de vingt ans à Géraldine pour faire la paix avec elle-même. Vingt ans pendant lesquels elle continue à focaliser sur ses défauts physiques (réels ou imaginés) un peu, beaucoup… énormément. « Certains jours, je me trouvais correcte (pas belle, juste acceptable, hein ?), confie-t-elle. D’autres me déprimaient. J’en aurais pleuré de voir ma peau, mes cheveux, mes fesses… dans la glace ».

Le lâcher prise

Le déclic qui lui a donné envie d’aller définitivement mieux ? La mort prématurée de sa sœur cadette, happée par un cancer du sein, à l’aube de son quarantième anniversaire. C’était en 2013. « C’est bête, mais j’ai pris subitement conscience que la vie ne tenait qu’à un fil, confie Géraldine. Je ne pouvais pas détester ce corps qui me portait et me supportait depuis plus de quarante ans, alors que d’autres, comme Violaine, n’avait pas eu cette chance ». Apprendre à aimer ce corps qu’elle a longtemps détesté ne s’est pas fait d’un coup. D’autant qu’en vieillissant, celui-ci ne s’est pas vraiment arrangé. « Mes muscles ont perdu de leur tonus et ma peau de son élasticité, détaille la quinqua. Mes cuisses, par exemple, qui étaient autrefois fermes et musclées, sont, avec le temps, devenues molles et grassouillettes. Quand je les pince, je vois même apparaître de la cellulite ». Il n’empêche : Géraldine a peu à peu lâché prise. Elle a essayé de s’apprécier, ou du moins d’apprécier certaines parties de son visage et de sa silhouette. Tant et si bien qu’elle en est arrivée à aimer certains traits physiques qu’autrefois elle haïssait. « J’aime mes petites rides d’expression aux coins des yeux et mes incisives un poil trop longues qui me donnent un sourire singulier, détaille-t-elle. C’est récent, mais je trouve aussi (et ce n’était pas gagné !) que mes taches de rousseur ne sont pas si moches que ça. J’essaie même aujourd’hui d’en faire un atout ». Depuis que Géraldine s’assume mieux, elle se trouve non seulement plus séduisante, mais elle sent qu’on la regarde plus qu’avant.  « Comme je suis plus à l’aise dans mes baskets, je souris et du coup, j’envoie un message plus positif sur moi-même qui fait que j’attire davantage les regards, surtout celui des hommes, tente-t-elle d’expliquer. Sans me vanter, je crois, qu’avec la maturité, j’ai gagné en charme. Comme quoi être belle, ce n’est pas forcément avoir de longues jambes fines, un ventre plat et un visage sans rides ».



2025-10-16 05:00:00

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