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Dans de très rares cas, certains hommes vivent l’orgasme comme une véritable épreuve. Ils sont atteints d’un trouble encore peu connu : le syndrome post-orgasme. Une étude récente révèle une nouvelle piste thérapeutique.
Vous avez probablement déjà entendu parler de la période réfractaire chez les hommes après l’amour. Dans les minutes ou les heures suivant une éjaculation, un homme ne peut généralement pas avoir d’érection et d’orgasme consécutifs et ressent une baisse du désir sexuel, liée à « la chute de la dopamine, l’hormone du plaisir et de la récompense et de la testostérone, l’hormone du désir sexuel », explique le site « Destination santé ». Juste après avoir atteint le septième ciel, il est donc tout à fait normal de ressentir une petite baisse de moral. Mais certains hommes, très peu nombreux, vivent cette chute des hormones de manière extrême.
Une étude récente, publiée dans le « Journal of Sexual Medicine » et relayée par « PsyPost », décrit ce trouble comme un ensemble de symptômes survenant peu après l’orgasme, pouvant persister durant deux à sept jours. Les personnes concernées rapportent notamment des troubles de la concentration, souvent assimilés à un véritable « brouillard mental », ainsi qu’une sensation de malaise généralisé, rapporte « Psychologies Magazine ».
Un état grippal après le coït
La maladie, très rare, n’a été recensée que dans une cinquantaine de cas depuis 2002, d’après des chiffres publiés en 2017 par Urofrance. Elle est probablement plus commune mais sous diagnostiquée, car peu d’hommes se confient à leur médecin à ce sujet. Appelée « syndrome de la maladie post-orgasmique », elle met les personnes atteintes dans un état physique et mental très désagréable dans les jours qui suivent l’éjaculation, rendant alors la pratique du sexe redoutée. Il existe plusieurs degrés de SPMO, qui se déclare le plus souvent à la puberté. Il peut survenir lors de la masturbation ou lors d’un rapport sexuel. Certaines personnes ressentent des maux de têtes, des douleurs musculaires similaires à un état grippal mais elles peuvent aussi toucher les capacités de mémorisation, d’attention et des démangeaisons nasales et/ou oculaires. Le syndrome s’accompagne d’anxiété et d’angoisse, liées à l’anticipation de ces douleurs et inconforts qui suivent le coït. Dans certains cas, les hommes atteint préfèrent l’abstinence.
D’où vient cette étrange maladie qui rend l’orgasme inconfortable ? D’après Urofrance, son origine pourrait être psychosomatique, mais aussi due à des troubles hormonaux, un désordre du système de diffusion de la sérotonine et de l’adrénaline ou « une défaillance immuno-allergologique avec une auto-allergie au liquide séminal », explique le site. Il n’existe pas de traitement efficace contre le SPMO mais la prise d’anxiolytiques pourrait adoucir les symptômes.
Un antidépresseur contre le syndrome post-orgasme ?
Devant l’absence de traitements réellement efficaces, Thalia Herder, psychiatre au Centre médical universitaire d’Utrecht aux Pays-Bas, et son équipe, ont envisagé une nouvelle approche : recourir à la sertraline, un antidépresseur de la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Dans cette étude, deux patients ont présenté des améliorations notables.
Chez le premier, atteint de symptômes de longue date, le traitement a permis d’atténuer la fatigue et le brouillard mental, tout en réduisant la durée des épisodes. Le second a lui aussi observé des bénéfices importants : moins de douleurs musculaires, une humeur plus stable et un meilleur équilibre émotionnel après les rapports sexuels.
Même si ces résultats suscitent un réel espoir, les chercheurs insistent sur le fait qu’on ne peut pas établir de lien de cause à effet solide à partir de deux cas. Les études de cas reposent sur l’observation de situations individuelles et ne disposent pas du niveau de contrôle des essais cliniques à grande échelle. En raison du nombre très limité de participants, la portée statistique reste faible et ne permet pas de formuler des conclusions généralisables.
2026-03-23 09:49:00
