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Se gifler jusqu’à s’effondrer : le Power Slap, ce spectacle de virilité qui dérange


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Se gifler jusqu’à s’effondrer : le Power Slap, ce spectacle de virilité qui dérange
©Capture d’écran TikTok

Le championnat du monde de gifles s’est tenu vendredi dernier à Las Vegas devant une salle comble, rapporte Franceinfo. Un spectacle de baffes millimétrées qui en dit long sur certaines démonstrations contemporaines de virilité.

Le sujet aurait pu faire l’objet d’un épisode de la chronique délicieuse « Est-ce que les hétérosexuels vont bien ? » du vidéaste Le Tréma. Mieux encore : « Est-ce que les hommes hétérosexuels vont bien ? », tant la question nous a brûlé les lèvres en écoutant l a chronique de Constance Vilanova, mardi matin sur franceinfo. La journaliste y revenait sur le championnat du monde de gifles – le Power Slap – dont la 18ᵉ édition s’est tenue vendredi 6 mars à Las Vegas, aux États-Unis.

Le principe de cette version très contemporaine – et bien plus violente – du jeu de la barbichette est d’une simplicité désarmante. Les deux compétiteurs se tiennent face à face, mains dans le dos, avec interdiction de bouger. L’un tend la joue. L’autre dispose de soixante secondes pour lui asséner une gifle monumentale. Puis on inverse les rôles. Les claques s’échangent jusqu’à ce que l’un des deux s’effondre et ne puisse plus se relever. Le règlement – car oui, il y en a un –  précise d’ailleurs que les combattants ne doivent porter aucun casque et doivent encaisser sans broncher. Le moindre tressaillement est considéré comme une faute.

Les vidéos diffusées sur le compte TikTok de Power Slap –  plus de six millions d’abonnés – donnent une idée assez précise du concept : ici un tympan qui saigne, là une bouche éclatée, ailleurs des larmes qui montent malgré les efforts pour rester impassible. Et tout cela sous des nuées d’applaudissements. Bref, du divertissement.

@powerslap GET TRUCKED @dakotaa.mcgregor had an insane KO at #PowerSlap18! [B2YB @ramtrucks ♬ original sound – Power Slap

Le championnat du monde de gifles met en scène une virilité exacerbée

Contre toute attente, le concept a trouvé son public. Vendredi, la compétition américaine organisée dans la salle de bal du Fontainebleau –  un luxueux hôtel-casino de Las Vegas – s’est jouée à guichets fermés, avec des billets pouvant atteindre 600 dollars. Selon franceinfo, le phénomène revendique d’ailleurs plus de cinq milliards de vues et une valorisation estimée à 650 millions de dollars. Constance Vilanova parle de « spectacle de virilité ». Le terme semble parfaitement choisi.

Car si une catégorie féminine existe, la mise en scène reprend tous les codes de la masculinité toxique : résister à la douleur, encaisser sans vaciller et surtout frapper plus fort que l’autre. Une logique que l’on retrouve déjà dans certains sports de combat particulièrement violents, comme le MMA.

Une virilité performative, presque caricaturale, qui rappelle d’autres tendances qui prospèrent dans l’univers du looksmaxxing, à la lisière de la culture incel. On pense à ces vidéos d’adolescents se martelant la mâchoire au marteau pour la « sculpter » et paraître plus virils et ainsi séduire davantage.

78 % des participants de « Power Slap » présentent des signes de commotion cérébrale

Et comme souvent avec les tendances virales, la surenchère n’est jamais très loin. Voilà que l’on voit désormais apparaître sur les réseaux sociaux des compétitions féminines de booty slapping, où des femmes en string se donnent des fessées sur un ring devant un public attentif et évidemment masculin. Plus inquiétant encore : la reproduction de ces « défis » par des adolescents dans les cours de récréation ou sur les réseaux sociaux, souligne Franceinfo.

Car se gifler violemment n’est pas sans risque. Selon une étude menée en 2024 par des neurologues américains, 78 % des participants au Power Slap présentent des signes visibles de commotion cérébrale. Les médecins rappellent qu’une telle lésion « peut entraîner une invalidité à court ou à long terme ainsi qu’une détresse socio-économique ». Cher payé pour passer à la télévision. En 2021, lors d’une compétition en Pologne, un homme est même décédé après avoir été mis K.O. par une gifle.

L’inventeur du « Power Slap », un homme connu pour avoir giflé sa femme en public

Derrière ce spectacle de baffes franchement affligeant, on retrouve un homme : Dana White, président de l’UFC, la plus grande ligue américaine d’arts martiaux. Crâne rasé, carrure bodybuildée, le dirigeant a institutionnalisé la discipline aux États-Unis en 2023. Trumpiste revendiqué, il s’est imposé comme l’un des promoteurs les plus agressifs des sports de combat.

Sans oublie que, comme le rappelle Constance Vilanova, quelques mois avant de lancer sa nouvelle discipline, Dana White s’était déjà offert une bien mauvaise publicité. Il avait été filmé en train de gifler sa femme lors d’une soirée du Nouvel An dans une boîte de nuit au Mexique. La vidéo avait rapidement fait le tour des réseaux sociaux. « Personne n’est content de ça. Moi non plus », s’était-il justifié lors d’une conférence de presse, promettant de vivre avec cette « punition » pour le reste de sa vie.

Plusieurs sénateurs américains avaient alors adressé une lettre ouverte à la société mère de l’UFC pour exiger sa destitution. Elle n’est jamais venue. À la place, les gifles remplissent aujourd’hui des salles à Las Vegas. Et l’on ne peut s’empêcher de se dire que certaines se perdent en chemin.



2026-03-11 19:46:00

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