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Exposé à la Fondation Lee Ufan à Arles, l’artiste franco-iranien s’est fait remarquer par son art éminemment poétique, entre photographie et cinéma.
Le parcours de Pooya Abbasian et sa relation avec Jafar Panahi
Un pied dans l’art, un autre dans le cinéma, le lauréat trentenaire de la troisième édition du Prix Art et Environnement Lee Ufan Arles x Guerlain, a commencé par le dessin avant de toucher à tout : illustration pour les livres jeunesse, peinture, vidéo, cinéma… Le tout, sans jamais se laisser enfermer dans aucun médium et en s’attachant toujours à croiser les disciplines. Ses mentors : les réalisateurs iraniens Abbas Kiarostami et Jafar Panahi. C’est d’ailleurs pour présenter au Festival de Cannes le film documentaire de ce dernier et ami proche, « Ceci n’est pas un film », qu’il arrive France en 2011. Sur les conseils de Panahi, fraîchement sorti de prison, et devant le risque de se faire confisquer son passeport à son retour à Téhéran, Pooya Abbasian décide de ne pas retourner en Iran, et reste à Paris. « J’ai tout recommencé à zéro », dit-il. Repéré par Wim Wenders, il collabore avec le réalisateur allemand pour son projet « The Sense of Place », et imagine un film projeté à la Maison européenne de la Photographie en 2024, en même temps qu’il bénéficie dans le même musée d’une exposition personnelle.
Son dada : l’hybridité de l’image
Il invente sa propre technique d’impression où il allie procédés anciens et contemporains, projetant des images vidéo sur papier photosensible. Un de ses sujets de prédilection : les plantes « invasives », qui viennent perturber nos écosystèmes, à l’instar de la Renouée du Japon qu’il filme et photographie. Le résultat, des images évanescentes et ultra sensibles, à travers lesquelles il questionne l’histoire des plantes invasives et celle de la migration, interroge l’hospitalité et notre rapport à l’altérité. « J’aime questionner sans jamais asséner », commente-t-il.
« Soli-Sombre. Pooya Abbasian », son exposition à découvrir jusqu’au 4 octobre à Arles
Lors de sa résidence à la Fondation Lee Ufan à Arles cet hiver, l’artiste s’est inspiré du conte local de la bête du Vaccarès, et s’est penché sur une plante invasive, la Bacchante de Virginie. Alors qu’elle empêche les roseaux de pousser, elle s’avère aussi un refuge précieux pour certains oiseaux revenus grâce à elle sur le territoire. Au même moment, Pooya Abbasian assiste, impuissant, aux émeutes de Téhéran, percuté par les vidéos qui tournent en boucle. En résulte une exposition qui se joue des paradoxes, un film comme une errance dans le paysage camarguais, et des photographies mystérieuses et poétiques entre présence et absence, rêve et réalité. Le soleil de Camargue a des airs d’explosion dans le ciel de Téhéran, et la Bacchante de Virginie se révèle, mouvante, dans des images iridescentes. « Tout est manière de regarder », conclut l’artiste.
« Soli-Sombre. Pooya Abbasian » jusqu’au 4 octobre, à Lee Ufan Arles, 5, rue Vernon, 13200 Arles. Leeufan-arles.org
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2026-08-01 07:00:00
