dimanche, mai 10, 2026
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« Mon mec est trop romantique au lit » : comment retrouver du plaisir, quand ça ne matche pas sous la couette ?


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« Mon mec n’aime pas tellement la pénétration. J’ai longtemps cru qu’il ne me désirait pas. » Zoé*, 30 ans, est en couple avec Julien depuis cinq ans. Comme beaucoup, elle a construit son imaginaire érotique à partir de représentations stéréotypées, omniprésentes dans la pop-culture, les fanfictions ou encore le porno mainstream. « J’ai été abreuvée de contenus où l’homme plaque la femme contre le mur, initie le rapport sexuel, domine par sa présence, sa virilité, ses gestes », décrit-elle.

« Parfois, j’ai juste envie d’une bonne levrette ! » 

Avec ses anciens partenaires, la sexualité s’articulait autour des mêmes scénarios : masturbation ou sexe oral, pénétration, et éjaculation qui signait la fin du rapport. Des scripts sexuels bien éloignés de ceux de son compagnon actuel. « La première année avec Julien a été très déroutante. Il a fallu tout repenser », raconte-t-elle. Si Zoé a su déconstruire ses schémas, la pénétration a tendance à lui manquer, créant un sentiment de frustration. « J’ai compris que ce que je considérais comme des préliminaires sont en réalité de la sexualité à part entière. Mais j’avoue que parfois, j’ai juste envie d’une bonne levrette ! », lâche-t-elle. 

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« Il est dans une sexualité romantique et douce, mais ça m’ennuie » 

Au-delà des pratiques sexuelles, elle a découvert une autre dynamique sous la couette avec Julien. Son conjoint est un adepte du « sexe vanille », autrement dit une sexualité « classique », tendre et affectueuse. Or, cette façon de faire l’amour ne suffit pas à combler les désirs de Zoé. « Il est dans une sexualité romantique, douce, mais cela m’ennuie. J’aimerais qu’il soit moins tendre et plus dominant, explique-t-elle. Il a tendance à me glisser des mots d’amour, à me dire que je suis belle, qu’il aime mon corps, mais je n’ai pas envie d’entendre ça au lit. Je préférerais parfois qu’il m’insulte ou me mette des fessées. » Et d’ajouter : « En tant que féministe, je culpabilise d’avoir ces fantasmes. J’essaie de m’en détacher, mais c’est plus fort que moi : pour atteindre l’orgasme, j’ai besoin d’être soumise. » Ce manque d’harmonie sexuelle au sein de leur couple a tendance à impacter son plaisir. « Il m’est déjà arrivé de m’imaginer avec un autre homme plus entreprenant pour réussir à jouir », confie-t-elle.

« J’aimerais qu’il prenne les rênes sans que je lui demande »

Si Julien consent à entrer dans ce jeu de domination pour satisfaire ses désirs, Zoé souhaiterait que l’initiative vienne de lui. « Il me dit que ça ne le dérange pas de m’insulter si j’en ai envie. Mais j’aimerais qu’il prenne les rênes, qu’il me prenne sans que ce soit à moi de lui demander. J’ai souvent l’impression de devoir driver nos rapports. » Une dissonance source d’incompréhension, qui entraîne de longues périodes d’abstinence.

Choisir le bon moment pour parler de ses désirs

Ce type de discordance sexuelle est une réalité de plus en plus fréquente. C’est ce qu’observe, en tout cas, Maryse Frochot, sexothérapeute pour JOYclub, dans son cabinet. « La parole se libère, souligne-t-elle. Aujourd’hui, les femmes s’expriment davantage sur la sexualité, et leurs envies peuvent être plus audacieuses. » Dans les couples hétéros qu’elle accompagne, il est courant que les femmes souhaitent réaliser des fantasmes, ou rejouer la première rencontre comme si leur compagnon était un inconnu. « Souvent, les hommes ne peuvent pas suivre parce qu’ils ne sont pas à l’aise à l’idée de jouer un rôle », explique l’experte. Quand l’une a besoin d’une sexualité plus « trash » pour grimper au rideau, et que l’autre se contente du sexe vanille, cela peut créer des blocages : « En consultation, les hommes sont nombreux à me dire qu’ils ne savent pas comment agir. Il y a tellement de communication autour du respect et du consentement, qu’ils ont peur de mal faire », ajoute-t-elle. 

Alors, comment ouvrir le dialogue au sein du couple ? Comment fluidifier cette rencontre entre deux mondes, sur le plan sexuel ? « Le premier conseil, c’est de choisir le bon moment pour en parler, ne pas entamer une discussion juste après un rapport qui a entraîné de la frustration, insiste Maryse Frochot. C’est bien d’avoir un moment calme hors de la chambre, où tout le monde peut se sentir libre de s’exprimer et d’être écouté. » 

Proposer ses fantasmes sans les imposer 

La sexothérapeute recommande d’employer une communication non-violente, pour parler de ses propres ressentis, partager ses désirs, ses fantasmes, sans mettre la faute sur l’autre ou chercher à le responsabiliser : « Tu ne fais jamais ça », etc. Mieux vaut aborder le sujet de façon plus subtile, en proposant des expériences, à condition qu’une relation de confiance et de complicité ait été créée en amont : « J’ai vu cette scène érotique dans tel film, c’est un de mes fantasmes, j’aimerais tellement l’essayer avec toi. Je ne sais pas si tu serais à l’aise, je voulais t’en parler. » Évidemment, il est fondamental de respecter le non-consentement de l’autre. « Si c’est non, c’est non. »

« Que veux-tu essayer comme version plus soft de mon fantasme ? »

L’idée est de chercher ensemble des zones d’exploration communes, de négocier des terrains d’entente : « Que veux-tu essayer comme version plus soft de mon fantasme ? », « Que voudrais-tu instaurer comme jeu, comme soirée spéciale ? », « Qu’es-tu prêt à faire ? ». Pour aider son partenaire à poser ses limites tout en étant dans l’échange, il peut être intéressant d’organiser des jeux. Par exemple, que chacun écrive dans une boîte ses envies sexuelles – très vanille ou très hard. « On prend un moment dans le week-end pour ouvrir tous ces petits papiers, en discuter, et pourquoi pas se garder certaines idées pour le prochain rapport, en trouvant des compromis. C’est un premier pas vers l’autre, et ça permet de remettre un peu de piment. »

Quand l’un des deux souhaite explorer des pratiques plus intenses, comme le BDSM, Maryse Frochot recommande de procéder par étape, en posant des questions très ouvertes, avec bienveillance. « L’idée n’est pas d’enlever tous les sens d’un coup – yeux bandés, pomme dans la bouche et mains attachées. » Il est également primordial de s’armer d’outils. Par exemple, mettre en place un safe word – ce mot qui permet de mettre fin à l’acte quand on en ressent le besoin – même si la pratique nous paraît minime. 

S’il est trop difficile de sortir de ses schémas de peur, de honte et d’incompréhension, il peut être utile de consulter un·e sexothérapeute, seul ou en couple, pour mettre des mots sur ses envies, comprendre ce que ces différences réveillent en nous, et construire une sexualité plus libre et acceptable pour les deux.

(*) Les prénoms ont été modifiés.



2025-07-24 18:00:00

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