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80 % des pompiers sont volontaires, et donc non-professionnels. Ces près de 200 000 hommes (79 %) et femmes (21 %) -constituent un maillage discret mais essentiel à notre société. Ils s’engagent toute l’année bien souvent en parallèle de leur travail et de leur vie de famille. Ils sont, en ce moment même, en première ligne pour lutter contre les incendies qui touchent le territoire français. Mardi, le Syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires a lancé un appel à la mobilisation. L’objectif : intégrer 50 000 recrues supplémentaires au plus vite.
Pour devenir sapeur-pompier volontaire, « il suffit de se rendre dans la caserne la plus proche de chez soi », explique Florence Rabat, vice-présidente de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France en charge du volontariat. « Il n’y a pas de profil type, tout le monde peut être volontaire, à condition d’avoir un niveau physique correct. Sans nécessité d’être un sportif de haut niveau, loin de là ! On adapte les tests en fonction de l’âge, du genre et des missions qui seront demandées au volontaire », précise-t-elle. Les inscriptions sont ouvertes toute l’année, de 16 à 67 ans, à condition de présenter un casier judiciaire vierge. La nationalité française n’est pas requise.
Quelles sont les formations et missions confiées aux pompiers volontaires ?
« Les pompiers volontaires ne partent jamais sur une mission à laquelle ils n’ont pas été formés », assure Florence Rabat. Les formations se déroulent par modules, le premier portant sur le « secours à la personne » permet de prodiguer les premiers gestes notamment aux victimes de malaises, de chutes et de les transporter. Le deuxième forme aux « opérations diverses » telles que l’épuisement (évacuation d’eau) des locaux, le bâchage des toits, le tronçonnage d’arbres et le sauvetage d’animaux. Les trois derniers modules sont « incendie des bâtiments », « incendie feux de forêts » et « secours routiers ».
Les pompiers volontaires ont trois ans pour effectuer ces cinq modules. « Ceux qui ne voudraient pas intervenir sur les incendies ne sont pas obligés de passer les modules dédiés », indique Florence Rabat, qui précise que, contrairement à ce que l’actualité pourrait laisser penser, le feu ne représente que 6 % des activités des pompiers.
Quel investissement en temps ?
Le temps de mobilisation d’un pompier volontaire dépend de ses disponibilités. La plupart sont disponibles la semaine en soirée et durant les week-ends. « On a de gros besoins sur les journées en semaines, c’est là où il y a le plus d’interventions, et le moins de personnels disponibles », explique la responsable en charge du volontariat. Une fois formés, les pompiers volontaires vont être désignés d’astreinte sur leurs disponibilités au cours desquelles ils peuvent être appelés à tout instant. Ils exercent leur astreinte depuis leur domicile ou, s’ils vivent dans des grandes villes, depuis leur caserne pour ne pas perdre de temps dans la circulation en cas d’urgence. Afin de dégager du temps et ainsi inciter de nouveaux volontaires à s’engager, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers signe des conventions avec certaines entreprises volontaires afin que ces dernières libèrent quelques jours par an à leurs salariés pompiers volontaires, tout en les payant.
Argent, développement personnel… Quel intérêt ?
Les sapeurs-pompiers volontaires sont indemnisés en cas d’intervention sur leurs jours d’astreinte. Le montant varie en fonction du grade du pompier, de son département de rattachement et de l’heure d’intervention, « à partir de sept euros de l’heure pour un sapeur (non imposable), et jusqu’à 14 euros de l’heure pour les plus gradés », explique Florence Rabat.
« Étudiant, c’était un complément de revenu bienvenu, mais on ne s’inscrit clairement pas pour faire de l’argent », rappelle Charles Michel, ex-pompier volontaire dans la commune de Lissieu (Rhône). « C’est d’abord un engagement humain, être utile aux personnes de sa région, en détresse physique et mentale. C’est l’essence première du métier », explique celui qui s’apprête à devenir vétérinaire. De son expérience longue de deux ans en tant que sapeur-pompier volontaire, le jeune homme de 23 ans en garde des compétences qui lui sont aujourd’hui précieuses : « Mon passage chez les pompiers m’a permis de gagner en débrouillardise, à gérer l’urgence, le stress… et au fond, à mieux me connaître. »Chez les victimes secourues comme au sein des casernes, tout n’est pas rose non plus. « C’est une fenêtre ouverte sur la société, il y a du beau, et du moins beau, comme le racisme, le sexisme et l’homophobie », explique Charles Michel, pour qui « en un sens, ça aussi c’est formateur ».
2026-07-29 17:45:00
