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«Une très bonne mesure », se satisfait Marion Catellin, directrice de l’association anti-tabac Contre-Feu. Depuis ce 1er avril en France, les « pouches », ces sachets de nicotine à placer sous la gencive, sont interdites à la vente et à la consommation. « Le décret est très bien formulé puisqu’il interdit aussi les innovations possibles à venir », explique-t-elle à 20 Minutes.
En effet, le décret nomme explicitement « les produits à usage oral contenant de la nicotine notamment sous la forme de sachets portions ou de sachets poreux, pâte, billes, liquides, gomme à mâcher, pastilles, bandelettes ou toute combinaison de ces formes ».
Une interdiction pas trop tardive
Visiblement, les législateurs ont appris de son relatif échec concernant l’interdiction des puffs, ces cigarettes électroniques jetables, effective depuis février 2025, mais qu’il est encore très largement possible de trouver à la vente, sous une forme légèrement détournée pour coller à la législation. Et pour ce faire, les industriels ont simplement mis sur le marché des puffs rechargeables quelques fois, reprenant les mêmes designs, arôme fruité et marketing que les jetables.
Ce qu’explique une buraliste marseillaise : « L’interdiction des puffs jetables n’a pas vraiment eu d’impact car les fournisseurs avaient anticipé avec des rechargeables », confirme cette gérante du cours Puget. « Et concernant les pouches, à vrai dire, c’était une très très petite partie de nos ventes, alors ça n’a pas vraiment d’impact pour nous. »
Toujours disponibles en Espagne et sur Internet
Non loin, au tabac la Civette de la rue d’Endoume, Juliette regrette cette interdiction : « Ça reste toujours une perte. Surtout, on en vendait essentiellement à des personnes qui essayaient d’arrêter de fumer qui se trouvent sans solution », explique à 20 Minutes celle qui dit avoir connu un seul contrôle des douanes depuis son ouverture, il y a quatre ans.
« Même si les pouches avaient un peu gagné en popularité, cela restait un produit émergeant, donc l’interdire maintenant est une bonne chose », souligne Marion Catellin qui observe que ces sachets, gommes et autres billes à nicotine ont été retirés des sites des fabricants, montrant a priori l’efficacité de la mesure qui englobe d’entrée les possibles stratégies de contournement des industriels du tabac sur le segment de la nicotine par voie orale, comme ils ont pu le faire sur les puffs.
« Il faut maintenant que les services des douanes et de la répression des fraudes soient attentifs », conclut-elle, ces produits étant toujours disponibles par exemple en Espagne et achetable sur Internet. Son gouvernement envisage toutefois actuellement de faire évoluer sa législation pour interdire la vente en ligne des sachets de nicotine et des cigarettes électroniques.
2026-04-07 09:01:06
