dimanche, août 16, 2026
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« On fait tout pour nous chasser des campings » : de nombreux propriétaires de mobil-homes s’estiment poussés vers la sortie


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l’essentiel
La Fédération nationale de propriétaires de résidences de loisirs défend les propriétaires de mobil-homes face aux gérants de campings souhaitant récupérer les parcelles pour des locations plus rentables. Avec environ 300 litiges en cours, la FNPRL réclame un contrat type pluriannuel pour sécuriser ces locations.

« On fait tout pour nous chasser. » À la tête de la Fédération nationale de propriétaires de résidences de loisirs (FNPRL), Michel Harismendy est en première ligne d’un combat mené par son association. À savoir la défense des particuliers possédant un mobil-home et louant leur emplacement à l’année qui font face à des gérants de camping désireux de récupérer les parcelles. Notamment pour y installer leur propre équipement et ainsi les proposer à la semaine aux vacanciers.

« Une manière de faire toujours plus de fric, dénonce Me Bertrand Salquain, qui évoque un rapport économique très défavorable aux campeurs. Une parcelle à l’année, c’est grosso modo 3 000 euros par an. Le même emplacement peut rapporter trois fois plus en un été. »

300 litiges actuellement

Spécialiste de ce type de dossier, l’avocat de la FNPRL défend actuellement près de 300 propriétaires en litige avec leur camping, alors qu’une action en justice a même été lancée contre l’État français fin 2024 pour « inaction ». « À terme, c’est le droit de camper qui est menacé avec des campings qui basculent pleinement vers une activité d’hôtellerie de plein air », argue-t-il.

Dans la pratique, la location d’un emplacement repose sur un simple contrat annuel, voire biannuel. Dans ce contexte, de nombreux propriétaires de mobil-homes dénoncent des augmentations significatives de loyer lors du renouvellement, quand il ne s’agit pas de non-reconductions sans motif légitime. « Et quand il faut bouger pour trouver un nouveau point de chute, il n’y a plus un camping pour vous accueillir, c’est une véritable galère », pointe Michel Harismendy.

Vers un contrat-type ?

« Sur les 200 000 résidents en France, il y a en effet 200 à 250 dossiers qu’on essaie de résoudre à l’amiable, relève de son côté Nicolas Dayot, le président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air, pour qui le développement de l’offre locative est nécessaire afin de soutenir les investissements dans les infrastructures. Quand il y a conflit, c’est souvent par méconnaissance car il faut le rappeler : un propriétaire de mobil-home ne peut pas être également propriétaire de son emplacement. Nous ce qu’on préconise, c’est de laisser de la marge pour que les gens puissent se retourner et ne pas les prévenir d’une année sur l’autre. »

Face à cette insécurité, la FNPRL réclame l’instauration légale d’un contrat-type pluriannuel pour prémunir les propriétaires contre les expulsions abusives. Nicolas Dayot, lui, concède que des améliorations sont possibles mais prévient : « attention à ne pas trop corseter la liberté commerciale des campings car le risque, c’est que plus personne ne veuille accepter de résidents ». 



2026-08-16 04:52:02

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