dimanche, septembre 27, 2026
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Les secours en montagne seront-ils bientôt payants pour les victimes imprudentes ?

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De notre envoyé spécial au Mans (Sarthe),

Entre ce mercredi et vendredi, Le Mans, dans la Sarthe, accueille le 131e congrès national des sapeurs pompiers de France. Une grand-messe où les représentants des Services d’incendie et de secours (Sdis) peuvent baver sur les équipements techniques des soldats du feu de demain, où les différentes spécialités présentent leur savoir-faire et où les questions qui fâchent sont posées. Ainsi, celle de la gratuité des secours en montagne a été posée une nouvelle fois.

Faut-il faire payer aux victimes l’opération de secours dont leur imprudence est à l’origine ? Parce que, oui, à ce jour, s’il vous arrive une crasse en montagne ou ailleurs, pompiers, Sécurité civile ou gendarmes viendront vous sauver la mise pour pas un rond sans se poser la question de votre responsabilité. « Une gratuité qui remonte à une ordonnance royale de 1733, prise à l’époque pour éviter les retards dans le déclenchement de l’alerte », explique Marc Vermeulen, contrôleur général des pompiers de Gironde. « Mais est-ce toujours opportun aujourd’hui ? », s’interroge-t-il 292 ans plus tard.

Les touristes piégés par la marée mis à contribution à Etretat

Sauf qu’en montagne, « les opérations de secours sont chères, qu’elles requièrent souvent un hélicoptère et des équipes spécialisées », assure le commandant Bruno Magne, ancien de la montagne désormais au Sdis de l’Eure. Lui remarque aussi que « le secours en montagne est déjà payant sur le domaine privé ou lors d’événements sportifs ». Et il ajoute qu’ailleurs en Europe, la gratuité n’est pas la règle : « En Suisse par exemple, les frais de sauvetage sont à la charge des victimes, remboursés pour moitié par l’assurance maladie, et le gouvernement incite à prendre des assurances supplémentaires. »

En Seine-Maritime, le Sdis en avait marre d’aller récupérer des promeneurs inattentifs qui se faisaient surprendre par la marée et restaient bloqués au Trou de l’homme, une large cavité creusée dans les falaises d’Etretat. « Les personnes avaient peur et appelaient les secours alors que la grotte n’est jamais submergée, il leur suffit d’attendre la marée basse pour repartir tranquillement », explique le colonel Jean-Christophe Delbassée, directeur adjoint du Sdis 76. Pour lui, « ce n’est pas de l’urgence, c’est de l’assistance ». Alors, pour leur faire passer leur flemme d’attendre, depuis le mois de mai, les pompiers de Seine-Maritime demandent à ces imprudents « une participation aux frais d’environ 1.000 euros ». Et si son « initiative fait débat », les Sdis 76 a déjà épinglé une vingtaine de touristes égarés.

Une question de « conjoncture » mais aussi « de fric et de priorités »

Là encore, le cas de la montagne est différent. « Pour la saison 2022-2023, il y a eu 52.000 interventions de secours liées au ski et l’immense majorité a donné lieu à l’hospitalisation des victimes », déclare le commandant Magne. Dès lors, on ne peut plus parler d’assistance mais bel et bien d’urgence. Le critère du Sdis 76 pour réclamer une participation financière des victimes ne tient plus. « Il faudrait alors aller chercher du côté du comportement des victimes pour évaluer s’il faut les faire payer ou non », imagine le colonel Maxime Koch, de la direction générale de la Sécurité civile (DGSCGC). En gros, déterminer si la personne secourue s’est mise dans la mouise malgré les mises en garde, par imprudence, par inexpérience, par négligence ou même par bêtise. « Rentrer dans l’interprétation du comportement humain pour maintenir ou non la gratuité, c’est ouvrir la boîte de Pandore », estime-t-il.

Dans les départements, qui tiennent les cordons des bourses des Sdis, à la Cour des comptes et au gouvernement, la problématique posée du prix exorbitant des secours « est une question de conjoncture », parce qu’ils « cherchent des économies partout », explique à 20 Minutes un haut gradé qui préfère rester anonyme. Pour lui, « c’est une question de fric et de priorités ».

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2025-10-09 06:02:36

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