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On a trouvé le digne successeur de Marc Raquil et de Floria Gueï dans la série des ultimes lignes droites d’athlétisme méritant une entrée immédiate au Louvre. Ce dimanche, dès le deuxième jour des Mondiaux d’athlétisme 2025 à Tokyo, Jimmy Gressier a brillamment offert à l’équipe de France une médaille d’or après laquelle elle avait couru, en vain, durant l’intégralité des JO de Paris 2024.
Seulement 13e sur la distance, malgré un record de France (26’58 »67), il y a un an à Saint-Denis, le Français de 28 ans a déjoué tous les pronostics lors de la finale du 10.000 m de ces championnats du monde. C’est simple : aucun athlète tricolore dans l’histoire n’avait jusque-là remporté le sacre le plus prestigieux sur 10.000. Avec un chrono de 28’55 »77, soit quasiment trois secondes de moins qu’aux Jeux olympiques, il a surtout signé un final épique.
Il rêvait d’abord de devenir footballeur professionnel
Enfermé au début du dernier tour, encore 6e aux 200 m, il s’est peu à peu installé dans la course au podium de cette finale, jusqu’à réussir un sprint ahurissant pour devancer l’Ethiopien Yomif Kejelcha (28’55 »83) et le Suédois Andreas Almgren (28’56 »02). Alors que beaucoup d’observateurs imaginaient un zéro pointé en médailles pour la France, surtout en l’absence de Cyréna Samba-Mayela (100 m haies), la seule athlète médaillée à Paris 2024.
« Pour moi, le petit gamin de quartier du chemin vert, à Boulogne-sur-Mer, celui qui rêvait d’abord d’être footballeur professionnel et qui finit champion du monde du 10.000 m, c’est incroyable, a savouré Jimmy Gressier sur France Télévisions. Je suis le petit gars du Nord qui ramène la médaille à la maison. »
« Je voulais juste des sélections en équipe de France »
En l’absence du redoutable Joshua Cheptegei, triple champion du monde en titre, celui-ci est devenu ce dimanche le 12e Français champion du monde en athlétisme de l’histoire, et le premier depuis Kévin Mayer au décathlon en 2022. « C’est vraiment le rêve de ma vie, a-t-il poursuivi, les yeux brillants. A la base je voulais juste avoir des sélections en équipe de France. Les rêves se sont construits d’année en année. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai réussi ma vie. Un titre de champion du monde, on ne vous l’enlèvera jamais… »
Déjà champion d’Europe du semi-marathon à Bruxelles en avril, et vainqueur de la finale de la Ligue de Diamant sur 3000 m, le 28 août à Zurich, Jimmy Gressier a vite eu une pensée pour ses détracteurs : « Beaucoup ont douté de moi sur les réseaux sociaux. Moi je n’ai pas douté de moi aujourd’hui ».
« J’espère que M.Douillet fera son mea culpa »
Celui qui se décrit comme « un homme authentique qui n’a jamais cessé de travailler et de croire en ses rêves » a surtout tenu à conclure son interview sur France TV par un tacle appuyé en direction de David Douillet. Après Paris 2024, l’ancien judoka avait pointé, au sein de l’équipe de France d’athlétisme, « ceux qui ne vont pas piocher au plus profond d’eux-mêmes ».
La réponse à son encontre du héros inattendu du jour était piquante : « J’étais blessé et j’ai savouré de ne faire « que » un record de France, « que » moins de 27 minutes. Et M.Douillet n’avait pas été content de ma célébration. Aujourd’hui je le rejoins avec mon titre de champion du monde, et j’espère qu’il fera son mea culpa. C’est un homme que je respecte beaucoup, et j’espère que maintenant il respectera ma discipline et mes résultats. »
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On conseille à David Douillet de féliciter ce sacre rapidement, car Jimmy Gressier est à présent déterminé à remettre ça à Tokyo sur 5.000 m, avec des séries vendredi prochain, puis une éventuelle finale deux jours plus tard. Et l’éphémère ministre des Sports n’est pas à l’abri du tout de reprendre une balle perdue en interview de la part d’un athlète aussi « authentique » qu’atypique.
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2025-09-14 14:40:42
