mardi, août 4, 2026
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« Le résultat de cette situation critique a été catastrophique » : un mois après la tempête Nils, le patron des pompiers du Lot-et-Garonne dresse un premier bilan


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l’essentiel
Un mois après le passage des tempêtes Nils et Pedro et l’épisode exceptionnel de crues et d’inondations, le colonel Pierre Hierholtz, patron des pompiers du Lot-et-Garonne, revient sur cet événement qui a plongé le département dans une forme de chaos.

Au commencement, le déluge. À 21 heures, ce mercredi 11 février 2026, l’inondation spectaculaire de l’esplanade du Gravier à Agen sème la panique chez les forains. Le lendemain, aux premières lueurs du jour, tout le Lot-et-Garonne est groggy. Le département a été entièrement balayé par le passage de la tempête Nils. Secoué comme un prunier alors que sa jumelle Pedro n’est pas encore annoncée. Des rafales de vent allant jusqu’à 120 km/h ont traversé cette nuit tourmentée où tout a vacillé.

Les chutes d’arbres ont provoqué des dégâts matériels considérables. À l’aube, aucune victime n’est à déplorer. Des routes sont coupées, l’électricité aussi. 70 000 foyers n’ont plus le courant. Au petit matin, la désolation est déjà là. Le vent souffle encore. La Garonne continue de monter… À 8 heures, la hauteur d’eau à Tonneins est de 8,81 m.

Le colonel Pierre Hierholtz, patron des pompiers du Lot-et-Garonne, sur le terrain lors des inondations
Le colonel Pierre Hierholtz, patron des pompiers du Lot-et-Garonne, sur le terrain lors des inondations
DDM – DDM VALENTIN VIE

« Le résultat de cette situation critique est catastrophique »

Un mois plus tôt, le colonel Pierre Hierholtz a pris officiellement le commandement du Service Départemental d’Incendie et de Secours de Lot-et-Garonne (SDIS47). Le voilà soudainement confronté à ce qu’il nomme « une conjonction défavorable d’événements climatiques ».

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37 jours de pluie consécutifs ont saturé les nappes d’accompagnements et les bassins d’expansion de la Garonne. Quatre fleuves et rivières (Aveyron, Garonne, Tarn, Lot) ont été simultanément en crue – ils alimentent les deux bassins versants des Pyrénées et du Massif Central. Un point isotherme entre 2500 et 3000 m d’altitudes induit par l’air chaud de Nils a accéléré la fonte des neiges. Un épisode de grandes marées a ralenti l’écoulement des eaux.

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« Le résultat de cette situation critique est catastrophique », commente le colonel Hierholtz. La réponse, anticipée, est aussi exceptionnelle que ce phénomène météorologique majeur. Grâce à la solidarité nationale des pompiers, des dizaines d’appel téléphoniques ont été, par exemple, basculés vers les SDIS de six autres départements (01, 44, 58, 78, 83, et 91). 2338 appels par 24 heures ont été dénombrés dont 42 en simultanée le 12 février. De la folie pure avec, au quotidien, une véritable prouesse des secours.

Des scènes de sauvetage ahurissantes

Lors de la récente session spéciale du conseil départemental dédiée aux crues et aux intempéries, le directeur du SDIS 47 a raconté des scènes de sauvetage ahurissantes. « Certains habitants sont descendus du premier étage de leur maison par une échelle posée sur un bateau parce que l’eau était en train de les atteindre. D’autres ont été récupérés par le col par des sauveteurs nautiques ».

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Devant les élus, il a souligné que les 125 membres de la force d’intervention (*) déployée au chevet des exploitations agricoles sinistrées ont vécu une expérience sans précédent. « Ce sont pourtant des militaires qui sont allées sur des terrains opérationnels de combat, des sapeurs sauveteurs qui ont accompagné des populations sur des tremblements de terre, sur des tempêtes gigantesques ».

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Il s’est aussi arrêté sur le cas d’Aiguillon. « Cela aurait pu être un drame. La brèche de la digue a amené une vague de 2 m. Elle a envahi le casier ((un genre de sas de décompression) d’Aiguillon en 2 heures ». Il a évoqué encore la rupture de la digue de Sénestis et la complexité de son chantier avec, au milieu, une canalisation de gaz haute pression (45 bars) qui alimentent une partie du nord agenais. Il a loué « la profondeur humaine » au cœur du désastre en saluant « l’engagement de ses camarades au-delà de ce qui paraît raisonnable ». Il s’est enfin réjoui « du sourire du soldat et de la capacité à travailler ensemble ». Et livré la première estimation du coût pour le SDIS 47 : 470 000 €.

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« Des chiffres astronomiques »

Lors de la récente session spéciale du conseil départemental dédiée aux crues et aux intempéries, le colonel Pierre Hierholtz a présenté aux élus des « chiffres astronomiques » dont certains ne sont pas encore définitifs : 1750 personnes évacuées, 47 sauvetages, 378 opérations de reconnaissances, 305 inondations, 73 lignes électriques, 137 dommages bâtiments-toitutes, 101 chutes d’arbres, 4 éboulements. Au total, 1263 interventions, 2810 pompiers mobilisés du SDIS 47 avec un pic à 405 sapeurs pompiers le 12 février, 25000 hectares inondés, 1000 exploitations agricoles impactées, 13 digues endommagées, 104 chantiers réalisés en 15 jours de travail par la task force.

(*) Elle était composée de 125 agents des Sdis 30, 34, 84, du 4e RIISC, du 48e RT, 17e Régiment de Génie Parachutiste.



2026-03-11 06:16:02

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