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Dans le peloton du Tour de France, il existe une espèce rare de coureurs qui trouverait presque du confort à avancer sous 36°C de moyenne, comme cela a été le cas dimanche, entre Malemort et Ussel. « Moi, tant que j’ai un bidon d’eau avec moi, j’adore la chaleur », glisse par exemple Nicolas Prodhomme. Mais l’opinion du grimpeur de Decathlon CMA CGM est loin d’être la plus répandue chez les coureurs. Et d’autres, le gilet rafraîchissant en train de fondre à vue d’œil sur le dos, estimaient plutôt qu’il faudrait sans doute, à l’avenir, faire un peu plus que de raccourcir la journée de 30 kilomètres, comme cela a été le cas dimanche.
Car au-delà de la performance sportive, le bien-être des coureurs devient forcément un sujet majeur dans de telles conditions. « Évidemment, ce n’est pas sain, concède Luca Quinti, l’un des entraîneurs de l’équipe Cofidis. Si vous allez rouler maintenant, vous verrez même à quel point c’est dangereux. » Le Suisse de la formation Tudor Yannis Voisard complète : « Il y a des gens qui ont un métier plus traditionnel qui ne travaillent pas dans ces conditions, donc ça veut dire qu’il y a un danger. »
Pogacar prêt « à se réveiller à 5 heures »
Pour épargner les coureurs le plus possible, l’organisation a depuis quelques jours autorisé les assistants à distribuer des musettes dans les zones initialement prévues pour la transmission de bidons. Pas suffisant pour le syndicat des coureurs (CPA) qui, s’il a jugé le raccourcissement de l’étape dominicale comme étant « compréhensible », a également demandé dimanche « une adaptation du départ des courses estivales » et l’organisation de « discussions avec toutes les parties prenantes cet hiver ».
De quoi remettre sur la table le sujet de la reprogrammation des étapes du Tour de France, sorte de serpent de mer dès que le thermomètre s’emballe. « Quand on s’entraîne, on ne part jamais à 14 heures, c’est de la logique », réagit Alex Baudin (4e du jour), très en vue malgré la chaleur dimanche. Maillot jaune sur les épaules, Tadej Pogacar va plus loin, estimant qu’il « faudrait commencer à 8 ou 9 heures, voire plus tôt » quitte « à se réveiller à 5 heures ». Le Slovène admet même que s’il avait autant de pouvoir auprès des instances que sur la route du Tour, il « n’organiserait pas de course dans les régions chaudes en juillet et août ».
Les coureurs ont conscience que la Grande Boucle est, au-delà d’être la plus grande course du monde, « un business » (Baudin) et que « les enjeux » ne sont pas seulement sportifs. Mais puisque le changement climatique frappe le peloton de plein fouet depuis neuf jours maintenant, « il est l’heure de trouver un compromis », conclut Yannis Voisard.
2026-07-12 20:36:00
