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« On dirait que les gens ont peur des handicapés… Cette fois, je jette l’éponge et je cherche ailleurs » : cette maman d’un petit garçon atteint d’une lourde pathologie était prête à quitter la ville et à chercher ailleurs après avoir vu sa demande de stationnement rejetée à trois reprises. Elle aurait finalement eu gain de cause, mais attend une confirmation officielle.
« Ils sont revenus pour mesurer l’emplacement, devant chez moi, une nouvelle fois, et ça n’allait toujours pas, pour une question de quelques centimètres », se lamente Fanny Carol, maman de Belkacem, un petit garçon de bientôt cinq ans, atteint d’une lourde pathologie et qui craignait de voir sa demande de stationnement rejetée une nouvelle fois.
En plein désarroi, elle se disait alors prête à « chercher autre chose et à quitter la ville », même si son logement du quartier du Foulon, dans une petite rue tranquille, lui convient parfaitement. « Je jette l’éponge. Je me bats tous les jours. Ce sont toujours des combats. Je n’en peux plus. On dirait que les gens ont peur des personnes handicapées. Mon fils n’y est pour rien, s’il a cette maladie », ajoutait-elle.
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De vives douleurs dans les membres, qui se raidissent
Sa demande : une place de stationnement devant son domicile, de manière à pouvoir installer son fils, qui ne se déplace que difficilement, dans son véhicule. Le petit garçon est atteint d’une paralysie cérébrale tétraplégique spastique. Ses membres se raidissent, lui causant de très vives douleurs et l’empêchent de se déplacer normalement. Des injections, à période régulière, l’aident à ne pas trop souffrir.
Sa maman est d’ailleurs dans l’attente, ces jours-ci, d’un rendez-vous en urgence pour ces piqûres qui vont le soulager, même si elles sont douloureuses sur le moment : « Les autres médicaments ne lui font plus d’effet », souligne-t-elle tristement. « La place de stationnement, pour moi, c’est une obligation au quotidien. J’en ai vraiment besoin. Mais c’est le combat de trop », résume-t-elle.
Des poubelles pour garder la place
Faute de pouvoir faire autrement, Fanny Carol avait pris l’habitude de poser ses poubelles devant chez elle, pour être sûre de retrouver sa place libre à son retour. « Des trajets, j’en fais tout le temps, pour des rendez-vous médicaux pour mon fils. Il voit régulièrement le kiné. Il a des rendez-vous avec différents soignants. Pour l’instant, il n’est pas trop lourd, j’arrive encore à le porter. Mais pour combien de temps ? », s’interroge la mère de famille.
Comme rien n’est simple, ces poubelles ont déclenché une intervention… des forces de l’ordre. « Ils m’ont dit que je n’avais pas le droit de les mettre sur la voie publique », soupire-t-elle, excédée. « Mais je n’ai pas non plus le droit de les rentrer chez moi », ajoute-t-elle. Voici plusieurs mois, la police municipale est passée pour « vérifier que j’ai bien un fils handicapé », raconte Fanny Carol, usée par ces difficultés quotidiennes.

Une nouvelle demande, finalement acceptée
À l’occasion du changement de municipalité, en mars dernier, Fanny Carol a décidé de représenter une demande pour ce stationnement, mais aussi pour que son fils puisse manger à la cantine de son école. « Là encore, j’avais dû me battre pour l’inscrire à sa première rentrée, voici un an », se souvient-elle. « J’avais même menacé de saisir le préfet », ajoute-t-elle. L’enfant avait finalement été inscrit, mais pour la cantine, le problème restait entier.
Le maire, Jean-Philippe Sannac, explique qu’il s’est personnellement saisi de ce dossier, et le petit garçon mange désormais à la cantine. « Il est très sociable et joueur », note sa maman, ravie. La question du stationnement serait également en passe d’être réglée, l’élu appaméen s’y est formellement engagé, ce mardi après-midi. « Je pensais que c’était fait », a souligné le maire de Pamiers, estimant que les problèmes techniques rencontrés peuvent être dépassés.
De son côté, soulagée et heureuse, la maman reste cependant dans l’attente d’une confirmation officielle. « Je ne peux pas installer des poubelles devant chez moi pendant dix ans de plus », explique-t-elle.
2026-05-20 08:13:34
