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Ils sont attendus de pied ferme, sur des terres brûlées. Une semaine avant une visite en Gironde de Sébastien Lecornu, accompagné de plusieurs ministres et des cinq membres de la mission lancée pour piloter la reconstruction des zones sinistrées par les incendies de fin juillet, la mairie de Saumos, a écrit une longue lettre au Président de la République.
Pas une lettre d’amour ou de remerciement, mais bien pour faire passer un message : il faut savoir écouter les locaux. La mairie de la commune d’où est parti le mégafeu demande au chef de l’Etat et aux plus hautes autorités d’être « le point de départ d’une réflexion collective » et non « un laboratoire de décisions prises dans l’urgence ».
« Nous écouter avant de décider »
Dans ce long texte adressé à Emmanuel Macron, aux parlementaires, à la préfète de Gironde et aux collectivités locales du territoire, et diffusé dimanche soir sur la page Facebook officielle de cette commune de 550 habitants, la mairie exhorte « les responsables nationaux et décideurs publics » à l’intégrer aux réponses « de l’après-incendie » prévues par les pouvoirs publics. « Nous ne vous demandons pas de décider à notre place. Nous vous demandons de nous écouter avant de décider. Nous ne vous demandons pas davantage de normes élaborées loin du terrain », insiste la municipalité.
Du côté de Matignon, le déplacement annoncé de Sébastien Lecornu et de sa délégation sera bien l’occasion pour le Premier ministre de « s’entretenir longuement avec les élus locaux et les acteurs de la reconstruction », ainsi qu’avec les « acteurs socio-économiques de la région ».
« Il n’existe pas de solution miracle pour lutter contre un monstre pareil », estime la commune, qui avait déjà connu un incendie ayant brûlé près de 3.800 ha à la fin de l’été 2022. Rappelons que le 22 juillet dernier, elle a été le point d’origine du mégafeu qui a parcouru 42.000 hectares, selon des estimations provisoires des autorités, et fait évacuer 220.000 personnes dans le département du Sud-Ouest. « Le feu nous a rappelé une évidence que nous ne pouvons plus ignorer : nous dépendons de la nature bien davantage que nous ne la maîtrisons », insiste mairie, qui demande « une véritable stratégie, construite avec celles et ceux qui vivent, travaillent et administrent ces territoires au quotidien ». « Notre territoire a payé un prix immense. Il est désormais de votre responsabilité de faire en sorte qu’il ne soit pas sacrifié une seconde fois au nom de décisions prises sans lui », conclut-elle.
2026-08-11 07:33:45
