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« Jamais une agression avec mon prénom »… Hélène Perlant évoque dans un livre le poids d’être « fille de » Bayrou


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Dans un récit poignant Hélène Perlant, la fille aînée de François Bayrou, évoque le poids écrasant d’être « fille ou fils de » dans un chapitre du livre Le Déni à paraître ce jeudi, aux éditions Michel Lafon, qui se concentre sur l’affaire Bétharram et les mécanismes du déni réduisant les victimes au silence.

Ancienne élève de l’établissement béarnais, elle a décrit dans Le silence de Bétharram, le « passage à tabac sans retenue, public ». Elle décrit son incapacité à réagir et à porter plainte à l’époque. Dans ce nouvel ouvrage, elle décrit un véritable acharnement contre sa personne, en lien avec les fonctions politiques de son père et une autre agression, alors qu’elle avait 18 ans.

Insultée, agressée parce que « fille de »

Dans cet ouvrage, elle évoque un climat d’angoisse perpétuel au sens où elle est constamment prise pour cible parce qu’elle est la fille de l’ex-député, ancien Premier ministre et maire sortant de Pau. « Je n’ai pas mémoire d’un seul moment d’un seul âge sans agression, toujours, partout. La petite fille qu’on attend à la sortie de l’école pour la frapper, tous les jours, sans relâche, c’est moi, c’est-à-dire l’ombre, le fantasme. » Elle estime qu’« aucun adulte, aucun enfant n’échappe au poids fantasmatique de la « fille de » ».

Elle décrit les insultes gratuites dans la rue, le « tourisme » de ceux qui ont entendu que la « fille de » vit là et viennent jusqu’à son domicile. « Jamais une agression avec mon prénom. Toujours avec le nom. Ce n’est pas un nom de famille. C’est le nom de quelqu’un d’autre avec la violence destinée à quelqu’un d’autre. »

Elle décrit une autre agression collective qui se déroule alors qu’elle a 18 ans et est interne en Khâgne. Des élèves en « cagoules noires », lui enfoncent un « bâillon » au fond de la gorge, au point qu’elle croit mourir. La scène se termine avec une sorte de « procès » et des humiliations. Cette fois, elle se rend au commissariat où l’agent qui enregistre sa plainte lui livrera que « tous » les élèves ont participé et qu’« ils disent que c’est bien fait, parce que vous avez tout ». Elle finira par retirer sa plainte sous la pression des parents et de la communauté locale. Elle estime que « le fantasme qui accompagne le politique, c’est que les « fils de » sont « protégés » ».

Pensées suicidaires

Pendant son enfance, elle a cherché refuge auprès de son père mais « la chose la plus douloureuse, c’est que la seule personne à qui on pourrait demander protection, la seule à être affective, la seule à ne jamais juger personne, est aussi celle à cause de qui tout cela arrive ». Elle va jusqu’à écrire que « certains soirs, on se prend à songer au suicide comme un acte de langage ».

Au nom des « fils de », elle conclut son chapitre en écrivant : « Dans une démocratie, tous les enfants devraient avoir le droit de vivre, c’est-à-dire de pouvoir peut-être devenir ce qui n’a pas été prévu pour eux. »

Toutes nos infos sur l’affaire Bétharram

Hélène Perlant revient plus globalement sur les mécanismes qui réduisent les victimes au silence, en partant de l’affaire Bétharram et des violences sexuelles qui se sont étalées sur un demi-siècle.



2026-03-25 15:40:50

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