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Le procès de cinq jeunes hommes accusés de l’enlèvement puis du passage à tabac d’un quadragénaire à Castelmoron-sur-Lot s’est ouvert ce jeudi 21 mai avec l’examen de leurs personnalités.
Le cliquetis d’une béquille en métal absorbe les rares silences dans l’imposante salle d’audience du palais de justice d’Agen, au gré des déplacements d’un homme boitant, la face balafrée. Le quadragénaire est la victime d’un brutal enlèvement, suivi de coups et mutilations ayant entraîné chez lui une infirmité irrévocable, dont les cinq auteurs présumés doivent répondre, du 21 au 27 mai, devant la cour criminelle départementale du Lot-et-Garonne.
Les parcours de Philippe Ngan Otsaghe, Hamza Madroua, Qayim Badrane, Sabri Soussy et Mouhamed Diaby, détenus pour les trois premiers, sous contrôle judiciaire pour les autres, ont été évoqués avant que l’expédition punitive qui leur est reprochée ne soit plus amplement analysée.
Dans la nuit du 7 au 8 mars 2024, le groupe, parmi lequel figurent cinq jeunes Girondins âgés de 21 à 23 ans, certains se décrivant comme « de bons amis, depuis le collège », est soupçonné d’avoir kidnappé un habitant du Fumélois âgé d’une quarantaine d’années, sous prétexte que celui-ci était redevable d’une dette liée au trafic de stupéfiants, sur le parking du supermarché U à Castelmoron-sur-Lot.
Le rendez-vous s’était soldé par le passage à tabac du père de famille, contraint de grimper dans un véhicule en partance pour la Gironde et plus précisément le bois de Martillac, où il a été découvert, inerte, l’apparence rendue méconnaissable par des coups de poing, de pied et de barres en fer, par un promeneur au lendemain du kidnapping. Plusieurs semaines de coma avaient précédé son réveil, lequel présageait que celui-ci conserverait de ces heures de calvaire de lourdes séquelles.
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Tombés dans la spirale des stupéfiants dès l’adolescence
Les enquêtes de personnalité, appauvries par de nombreuses prises de contact auprès de l’entourage des accusés restées sans réponse, s’attachaient à retracer leurs vied, certaines bouleversées par la mort brutale d’un père, d’autres par une éducation trop rigide, un manque de cadre ou bien l’absence d’une figure paternelle…
Au moment des faits, Philippe Ngan Otsaghe et Qayim Badrane étaient sous le coup d’une mise en examen pour de présumées infractions liées au trafic de stupéfiants dans leur département de résidence, leur coûtant un placement sous contrôle judiciaire, dont l’interdiction d’entrer en contact l’un avec l’autre était une modalité à ne pas bafouer.
Le premier, fils d’un père pasteur, assume devant la cour avoir commis ses premiers méfaits durant l’adolescence, période où il s’est pleinement consacré au rap en dépit de sa première passion, le football. « Il se lance dans la vente de produits illicites pour financer ses projets artistiques, notamment ses clips », développe l’enquêteur de personnalité. « J’étais souvent dehors, j’avais de mauvaises fréquentations. Je voulais faire le grand mais j’ai fini par comprendre que je gâchais ma vie », explique le jeune homme défendu par Me Pierre Blazy.
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« Mon fils, c’est un nounours »
« J’ai essayé de faire le rôle de la maman et du papa, de rester au maximum derrière mon fils, de ne pas lui faire vivre ce que j’ai connu en grandissant dans une cité… Je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé. Mon fils, c’est un nounours. Ce ne sont pas nos fréquentations », a témoigné la mère de l’un des accusés, Sabri Soussy.
« Enfant calme », « attentionné », « apprécié », a-t-on pu entendre des descriptions faites par les proches des autres accusés, dont les parcours affichent souvent un décrochage scolaire survenu à l’adolescence, de rares expériences professionnelles et une addiction aux produits stupéfiants.
« Si je comprends bien, vous avez tous des familles qui vous ont inculqué de bons principes mais lorsque vous êtes ensemble, ils sont vite oubliés », a cinglé la présidente Nelly Emin. Lors de la seconde journée d’audience, la victime assistée de Mes Antoine Chambolle et Louise Fontaine sera appelée à témoigner, après le rapport du directeur d’enquête.
2026-05-21 20:38:27
