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« Il prend les cheveux et il tire, ça ne fait pas de traces au visage » : jugé pour violences sur sa compagne, un sexagénaire aux 53 condamnations retourne en prison pour un an


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l’essentiel
Après vingt-sept ans d’une relation marquée par les violences, les addictions et les passages en prison, un couple s’est retrouvé face à face devant le tribunal judiciaire de Foix. Chacun accuse l’autre, mais le sexagénaire a finalement été condamné à douze mois de prison ferme.

Le bruit de ses béquilles qui s’entrechoquent en tombant dans le box résonne dans la salle d’audience du tribunal judiciaire de Foix. Pendant quelques secondes, tous les regards convergent vers lui. Lionel*, la soixantaine, se redresse tant bien que mal, handicapé par une jambe amputée. Son regard, lui, ne vacille pas. Il reste fixé sur Sophie*, assise au premier rang. Celle qu’il dit aimer encore alors que, selon ses mots, elle lui fait « la misère ». Il comparaît pour des violences commises à son encontre.

Les faits remontent à la soirée du 16 juin 2026. Pendant plusieurs heures, des cris, des portes qui claquent et du tapage proviennent du domicile de Sophie, à Pamiers. Le lendemain, peu après 8 heures, les policiers interviennent. Appelée à témoigner, la plaignante, poursuivie elle aussi pour des violences, rejoint difficilement la barre en s’appuyant sur une béquille. D’une voix précipitée, elle raconte cette nuit qui aurait pu tourner au drame.

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« Il appelle ça ‘la toupie' »

« Il m’avait demandé de prendre une douche et de faire l’amour avec lui. J’ai refusé », lâche-t-elle sans articuler, avant de reprendre plus calmement le fil de la soirée. Cette aide médico-psychologique en Ariège, mère de deux enfants de 22 et 26 ans, explique qu’en sortant de son travail, le 16 juin au soir, elle découvre Lionel devant chez elle. Cela fait à peine trois mois qu’il est sorti de prison, elle ne voulait plus le voir. Dans ses poches, des pochons de crack. Elle lui demande de partir. En vain.

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Connaissant l’addiction de Sophie, Lionel lui propose de consommer avec lui. Lasse, elle accepte. Ils fument ensemble. Très vite, une dispute éclate. Selon la plaignante, le prévenu se jette sur elle, lui tire violemment les cheveux, lui plaque une serviette sur la bouche avant de se blesser lui-même avec un couteau, l’aspergeant de son sang.

Des violences qui se répètent en réalité depuis des années. « Il prend les cheveux et il tire. Ça ne fait pas de traces au visage. Il appelle ça « la toupie » », glisse-t-elle à la barre. Les deux gifles qu’elle reconnaît lui avoir portées ? C’était pour se défendre. En face, Lionel conteste presque tout. « Ça ne s’est pas du tout passé comme ça », souffle-t-il. À l’entendre, c’est Sophie qui l’a invité à revenir chez elle après sa sortie de prison.

« J’ai été en détention trois fois à cause d’elle »

« J’ai été en détention trois fois à cause d’elle ! On m’a dit qu’elle prenait du crack, qu’elle couchait avec tout le monde », s’emporte-t-il avant de dérouler plus posément la soirée des faits. Selon lui, le couple décide simplement de « faire un extra » en consommant un gramme de cocaïne. Mais la soirée tourne court. « Je lui ai dit qu’elle était bipolaire, elle m’a mis une grosse gifle dans la gueule. »

Le sexagénaire reconnaît lui avoir tiré les cheveux. En revanche, il nie toute tentative d’étouffement et conteste l’existence de la « toupie ». Il affirme également que Sophie l’a blessé au doigt avec un couteau. Quant aux ecchymoses constatées sur le corps de la plaignante, auxquelles sont associés deux jours d’ITT, il les explique ainsi : « Depuis qu’elle est petite, elle tombe. On crie, elle tombe. »

« On me juge sur mon casier, c’est toujours les hommes qui prennent »

Face à ces déclarations, la présidente rappelle le lourd passé judiciaire du prévenu. Si Sophie compte cinq condamnations à son casier, principalement pour conduite sous stupéfiants, Lionel en totalise 53 entre 1990 et 2025, dont plusieurs pour violences aggravées, notamment à l’encontre de la plaignante.

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« Si on ne racontait pas des mensonges, je ne serais pas là. Vous me mettez toujours en prison, vous ne trouvez pas d’autres solutions. Je n’ai jamais été hospitalisé, on ne m’a jamais mis dans un centre », lance-t-il à la magistrate, visiblement à court de solutions pour celui qui côtoie la justice depuis désormais 36 ans. Pris dans son élan, il n’en démord pas : « On me juge sur mon casier, c’est toujours les hommes qui prennent ! »

Une colère qu’il pourra continuer d’exprimer : moins sévère que les réquisitions de la procureure, le tribunal le condamne à douze mois d’emprisonnement avec maintien en détention. Il devra également verser 500 euros de dommages et intérêts à Sophie au titre du préjudice moral, ainsi que 300 euros au policier qu’il a également outragé lors de son placement en garde à vue.

La plaignante, de son côté, est condamnée à huit mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans. Après vingt-sept ans d’une relation aussi tumultueuse que destructrice, cette dernière assure ne plus envisager aucun avenir aux côtés du sexagénaire…

*Le prénom a été modifié



2026-08-20 05:10:02

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