jeudi, août 20, 2026
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Everest, Mont Blanc… Pourquoi gravir des montagnes est devenu tendance ?


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L’expression est à prendre au sens littéral. En 2025, tout le monde veut gravir des montagnes. Sans grande surprise, l’engouement vient en partie des réseaux sociaux où l’exploit et la performance n’ont jamais été aussi tendance.

La ruée au sommet du Mont Blanc pour Tibo InShape en 2020, le vlog de Léna Situations et Seb la Frite du flanc à la pointe du Kilimandjaro en 2021, l’ascension documentée de l’Everest par Inox Tag en 2024… Ces dernières années les influenceurs ont grimpé toujours plus haut, toujours plus loin. Ces trois sites au nombre d’ascensions record attirent autant qu’ils fascinent.

Si les prix faramineux de ces expéditions ne semblent pas freiner les alpinistes, certaines mesures commencent à voir le jour pour tenter de désengorger les points les plus hauts du monde. Cette semaine, le département du tourisme du Népal a annoncé rendre gratuit l’accès à une centaine de ses sommets au cœur de l’Himalaya dans les deux prochaines années. Mais cette initiative qui a pour but de stimuler les « produits et destinations touristiques inexplorés » du pays d’Asie du sud, pourrait ne pas avoir l’effet escompté.

« Cocher une case »

« Le public de l‘Everest se lance dans cette ascension parce qu’il s’agit du plus haut sommet du monde, mais il n’est pas forcément intéressé par l’escalade (moins de 2.500 m d’altitude) ou l’alpinisme (+ 2.500 m) », évoque Jonathan Crison, membre de la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME) et entraîneur national des équipes françaises d’alpinisme. En effet, moins attractifs que leur confrère de 8.849 m, les 97 monts népalais dont l’accès sera désormais gratuit ont montré peu d’engouement ces dernières années. En deux ans, seuls 68 alpinistes ont tenté leurs ascensions contre 421 pour l’Everest uniquement en 2024 rapporte la BBC. Pas sûr donc, de voir l’Everest se désengorger de ses touristes dans les années à venir.

Le constat est comparable à notre échelle. En France, c’est le Mont Blanc et ses 4.806 mètres d’altitude qui sont pris d’assaut aussi bien par les professionnels que par les amateurs. « Beaucoup veulent gravir le Mont Blanc chaque année », indique Jonathan Crison, 20.000 en moyenne, « certains vont continuer un peu la montagne et voient le sommet comme une belle porte d’entrée dans l’alpinisme, mais la plupart veulent un Mont Blanc et rien d’autre. La motivation c’est d’avoir une case à cocher, comme pour les marathons ».

Une pratique qui « fait rêver »

Dans les clubs français, l’escalade est sur la pente ascendante. La FFME accueille 10 % de licenciés supplémentaires chaque année. « Dans le lot, il est probable que certains se soient inscrits après avoir vu le film Kaizen d’Inoxtag », suggère l’entraîneur, « il a réussi à intéresser un public que la fédération n’aurait jamais touché, mais ce n’est pas la motivation principale ».

En club, l’envie de découvrir des paysages montagneux et d’être en connexion avec la nature reste le motif premier d’inscription. Depuis toujours l’escalade est une pratique qui « fait rêver », insiste François Crison, « beaucoup de jeunes ont envie de gravir des montagnes et s’imaginent sur la pointe du plus haut sommet d’Europe ».

Des ascensions commerciales

Cette gratification recherchée par les adeptes et qui rejoint la notion de « dépassement de soi » citée en masse dans les contenus d’influence a très vite été cernée au point de devenir un atout commercial. Aujourd’hui, une ascension de l’Everest vous coûtera plus de 50.000 euros en moyenne.

« Cet aspect commercial n’est pas nouveau », précise Jonathan Crison, « les ascensions s’organisent généralement par le biais d’agences depuis le lancement de la course des 8.000 (courses de 14 sommets d’Asie culminant à plus de 8.000 mètres d’altitude, dont l’Everest) ». Aujourd’hui une ascension repose sur son altitude et l’objectif « d’atteindre le sommet par n’importe quel moyen (oxygène, médicaments) », là où l’alpinisme moderne se concentre avant tout sur la technique et l’exploration de terrains moins connus.

Si gravir les monts les plus en vogue fait rêver, les excursions ne sont pas sans risques. « Gravir une montagne nécessite un apprentissage, une lecture du milieu et des savoirs faires », alerte l’alpiniste, « ne pas les maîtriser, c’est s’exposer à des situations dangereuses » comme les crevasses ou les chutes de glace.



2025-08-16 07:02:36

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