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L’Âme du monde … Un sujet audacieux, voire périlleux, tant il se devait de résumer à lui seul des époques, des lieux, des tendances et des coutumes. En clair, il fallait oser l’universalité. S’appuyer sur un thème plus facile à traduire par 2,2 tonnes de bombes aurait été plus prudent. Mais sûrement moins conquérant.
La société Arteventia nous a plongés dans le magma bouillonnant de l’univers, avec la musique comme cœur battant. Neuf tableaux ont défilé, comme autant de clés pour saisir l’insaisissable. Tout a commencé dans un souffle d’ouragan, de ceux qui annoncent les naissances. Le lac s’est mis à vibrer. Prémices d’une éclosion que des pétales géants, en or, sont venus imprimer dans le ciel. Arteventia a donné immédiatement le ton. Vous étiez bien sur un lac et il allait “vous en faire voir de toutes les couleurs”. Avec, en prime, des rythmes oscillant entre calme, volupté et frénésie. Dans tous les styles de musique, de Maurice Jarre à Lady Gaga. Le tout sublimé par un ballet de lumière amplifiée. Après les tambours tribaux, voilà que nous pénétrions dans les secrets feutrés de l’Orient. Bordés de dunes et de palmiers, ils venaient chuchoter à nos oreilles : « Ce n’est que le début du voyage. » Jusqu’à ce que le monde se mette à chanter. Sur un arc-en-ciel, des voix galopaient… Avant un acte III, nommé “Élévation”. Comme il portait bien son nom. Apparaissait la vedette du spectacle : une grande dame, haute de plus de 8 mètres… La musique incarnée. Les 53 000 spectateurs, présents sur site, avaient le nez accroché aux étoiles. Et les oreilles en mode réminiscence.
Dans le disque dur des spectateurs
Des vélos pyrotechniques glissaient sur la surface du lac, propulsés par la voix de Sacha Distel. Avec sa Belle vie , nous étions en terres plus que connues… familières ! Même sensation avec Indochine, Joe Dassin ou encore Juliette Armanet. Parce que la Fête du lac, c’est ça aussi, des paroles inscrites dans le disque dur des spectateurs.
Une fête de 70 minutes d’autant plus populaire que la technique, ciselée et martiale, s’effaçait au profit du rêve, à l’image de ces comètes lumineuses accrochées à la voix de Dalida. Par quelle magie ? Mystère. Nous ne retiendrons qu’une poésie aussi pure qu’essentielle que seuls le lac d’Annecy, des feux, des notes, des mots, magistralement unis, peuvent offrir. Le bouquet final avait pour mission d’insuffler un élan collectif vers, ce qu’Édouard Grégoire le directeur artistique, avait décidé de nommer “l’Unisson”. Pari réussi. La lumière chantait, et la musique, éclatée en mille feux, brillait. La nuit n’en était plus une. Elle appartenait à tous.
2026-08-01 21:18:00
