samedi, août 8, 2026
AccueilActualités« Dire qu’à 5 mètres tout va bien, c’est faux »… Les riverains de...

« Dire qu’à 5 mètres tout va bien, c’est faux »… Les riverains de vignes surexposés à une contamination


#Dire #quà #mètres #tout #bien #cest #faux #Les #riverains #vignes #surexposés #une #contamination



Il est indéniable que les personnes qui vivent près des vignes (et par extension près d’autres cultures) sont surexposées aux pesticides, et de façon accrue pendant les périodes de traitement. C’est ce que démontre l’étude PestiRiv qui vient d’être publiée ce lundi. Elle a été lancée en 2021 après un signalement par l’association « Alerte des médecins sur les pesticides » (AMLP) de nombreux cas de cancers pédiatriques dans la commune de Preignac, en Gironde.

L’étude a été menée par l’Anses et Santé publique France en 2021 et 2022 auprès de 2.700 personnes, certaines vivant près des vignes (moins de 500 mètres) dans six régions viticoles différentes et d’autres loin de toute culture (à plus d’un kilomètre). Quelque 56 pesticides ont été recherchés dont le folpel (fongicide) le glyphosate (herbicide) et les pyréthrinoïdes (insecticides).

« Les niveaux de contamination en zones viticoles sont plus élevés »

« Pour les urines, les poussières et l’air ambiant, les niveaux de contamination en zones viticoles sont plus élevés qu’en zones éloignées de toute culture, peut-on lire dans l’étude. Par exemple, l’augmentation de l’imprégnation urinaire est comprise entre 15 % et 45 % et l’augmentation de la contamination des poussières varie selon les substances de quelques pourcents à plus de 1.000 % ». Pestiriv montre aussi que dans tous les types d’échantillons étudiés, l’exposition est globalement plus importante en période de traitement des vignes (de mars à août) qu’en dehors.

Difficile alors de ne pas mettre en cause les pratiques agricoles. « L’exposition augmente lorsque la distance entre le logement et les vignes diminue et quand la quantité de pesticides utilisée pour le traitement des vignes augmente », commentent les autorités sanitaires qui incitent timidement à faire valoir le plan écophyto 2030. « Dire comme certains agro-semenciers qu’à 5 mètres (de zones d’habitation) tout va bien et qu’il est possible de pulvériser c’est faux puisque les effets se font sentir jusqu’à 500 mètres et à certains égards jusqu’à 1 km », réagit Corinne Lepage, avocate à l’origine de la première action collective à l’échelle nationale pour les victimes non professionnelles des pesticides.

Limiter les expositions

L’Anses et Santé publique France appellent en conclusion à limiter au « strict nécessaire » l’usage des produits phytosanitaires, invitant aux bonnes pratiques agricoles. Une conclusion un peu légère pour Générations futures qui demande par la voix de son porte-parole François Veillerette « une vraie relance d’Ecophyto, une expansion immédiate des zones de non-traitement par les pesticides suspectés CMR (cancérigènes mutagènes et reprotoxiques) d’au moins 100 mètres, une priorisation à la production biologique en périphérie des zones habitées et un retrait rapide des substances suspectées CMR et neurotoxiques ».

Toutes nos infos sur les pesticides

L’étude ne portait pas sur les risques sanitaires associés aux expositions observées et elle pointe la nécessité de « l’amélioration des connaissances sur l’exposition aux pesticides et le lien éventuel avec des risques pour la santé. »

Pourtant d’autres publications et notamment celle de l’Inserm « Pesticides et effets sur la santé : nouvelles données », publiée en 2021, font déjà état de présomption forte d’un lien entre l’exposition aux pesticides et des pathologies lourdes.



2025-09-15 15:06:26

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments