dimanche, juin 14, 2026
AccueilLe magazine femininDesignMarch 2026 : ces 8 projets repérés à Reykjavik réinventent le design...

DesignMarch 2026 : ces 8 projets repérés à Reykjavik réinventent le design islandais


#DesignMarch #ces #projets #repérés #Reykjavik #réinventent #design #islandais


Plutôt que de se limiter aux objets, la DesignMarch – sorte de design week islandaise – brasse aussi mode, architecture et art pour mieux refléter la créativité locale, qui ne s’embarrasse pas d’étiquette. Une chose est sûre, en Islande, les ressources sont rares pour les designers : le vent et le froid empêchent les arbres de pousser, la pierre locale est trop friable, le métal comme les matériaux synthétiques doivent être importés… Voilà pourquoi les créateurs islandais doivent depuis toujours déployer des trésors d’ingéniosité pour concevoir des objets. Une démarche écoresponsable qui résonne avec les aspirations de notre époque. La preuve en huit projets ultra-inspirants. 

Les peintures (vraiment) naturelles de Dypi

Portrait (14)

Dans l’immense majorité des cas, les peintures destinées à nos intérieurs contiennent de nombreux composés chimiques dangereux qui se diffusent ensuite dans notre environnement domestique. Dypi s’attaque à ce problème avec une solution qui prend racine dans la nature islandaise. La marque utilise en effet des charges minérales issues d’algues mortes récoltées sur les plages de l’île. Ces dernières possèdent de nombreux bienfaits : elles absorbent l’humidité ambiante, préviennent l’apparition de moisissure, et de façon générale, purifient efficacement l’air de la pièce. Quant aux pigments, ils sont eux aussi issus des fjords islandais. La palette Dypi décline donc une gamme de gris, verts, bleus et ocres d’une grande profondeur. De plus, pour éviter de transporter de l’eau, les peintures sont livrées sèches et une fois réhydratées, une forme couche suffit…

Kula fait rentrer la laine dans nos intérieurs

La designeuse Bryndis Bolladotir a décidé de s’attaquer aux déchets de fabrication de la laine, abondante sur l’île en raison de la présence de centaines de milliers de moutons. Pour pouvoir résister aux conditions climatiques, ils ont développé une laine particulièrement chaude, idéale pour fabriquer pulls et chaussettes… Mais pas seulement. Bryndis Bolladotir a découvert que la laine locale était constituée d’un mélange de fibres : à l’extérieur, des fibres longues imperméables ; à l’intérieur, des fibres plus courtes mais plus chaudes. Cette combinaison lui permet d’absorber le bruit ambiant de façon ultra efficace. La designer travaille avec un atelier de pulls dont elle récupère tous les rebuts, qui sont ensuite feutrés pour créer des paravents acoustiques. Quant aux couleurs et motifs, ils évoquent les plaines et les pics, mais aussi les coulées de lave et les fameux bains chauds islandais…

1+1+1, le collectif trans-scandinave

Portrait (15)

Contrairement aux clichés, il y a bien plus d’un design scandinave ! Chaque pays possède sa propre identité créative et c’est ce que démontre le collectif 1+1+1. Formé de designers finlandais, suédois et islandais, il exerce à distance depuis onze ans avec un mode de fonctionnement bien spécial. Qu’ils travaillent sur une lampe, un bougeoir ou un miroir, chacun crée une des trois parties de l’objet final dans son coin — sans rien dire aux autres — et ensuite elles sont assemblées révélant des surprises dans les 27 combinaisons des formes et matériaux possibles. Une façon originale de faire émerger des concepts pour nos objets du quotidien.

Le bois caramélisé de Brynjar & Veronika

Portrait (16)

Hakk est la seule galerie de design islandaise et à l’occasion de l’événement DesignMarch, elle montrait le travail du duo Brynnar & Veronica, qui a déjà travaillé le verre avec le Cirva à Marseille et est représenté par la galerie parisienne Kreo. En Islande, le bois est rare : les rares forêts locales ont été rasées par les premiers habitants de l’île au Xe siècle et depuis, les arbres ont quasiment disparu. Cependant, depuis une vingtaine d’années, le gouvernement encourage la plantation de peupliers d’Alaska, capables de résister aux hivers rigoureux. Et c’est précisément cette essence dont s’est emparé le duo de designers. Pour harmoniser sa texture, ces derniers ont décidé de le passer au four afin de faire caraméliser le sucre qu’il contient et lui donner cette teinte à la fois chaleureuse et précieuse. Paravent, table basse, patères… Les lignes s’inspirent à la fois d’un décor de théâtre et de la Nature islandaise.

Fletta transforme la fripe en objets

Portrait (17)

Les deux jeunes designeuses du studio Fletta ont décidé de s’attaquer aux ressources insoupçonnées de l’île. Plutôt que d’utiliser des matériaux naturels, elles cherchent l’inspiration dans ce que les Islandais produisent comme déchets ! Elles ont ainsi parcouru les casses automobiles afin de récupérer les airbags dont elles ont fait des coussins. Puis elles ont utilisé les rebuts de laine des usines de pull pour fabriquer des pizzas décoratives et des vieilles coupes sportives pour donner naissance à des tables et suspensions. À l’occasion de DesignMarch, elles présentaient le résultat d’une résidence de recherche organisée avec le soutien de la Croix-Rouge locale, qui collecte les vêtements usagés. Leur challenge ? Transformer des textiles en objets domestiques. Pour donner du volume, elles les ont enroulés puis cousus, ce qui a donné naissance à des lampes, des bougeoirs et même un tabouret !

Elliðaárstöð, la centrale électrique Terta

Portrait (13)

En 1921, la ville de Reykjavik installe en périphérie une centrale d’un nouveau genre, capable de transformer les abondantes eaux chaudes qui sortent de la terre en électricité. Un siècle plus tard, elle est bien sûr devenue obsolète et le cabinet Terta est chargé de sa reconversion. Son approche à 360° intègre d’emblée architecture, graphisme, paysagisme et décoration. L’idée est de rendre visible à un public familial des flux énergétiques par nature invisibles car enterrés. Plutôt que de détruire les bâtiments existants, ils sont conservés et réhabilités. Quant au parc pour enfants qui les entoure, il est transformé en vallée miniature pour que les plus jeunes puissent appréhender d’où vient l’énergie qui leur sert au quotidien. 

Paysage (10)

S.ap ou l’art de construire avec la lave

Derrière le studio s.ap, se trouvent une mère et son fils, tous deux architectes, qui ont décidé de faire changer la manière de construire en Islande, encore largement ancrée dans l’usage du béton en raison des risques sismiques sur une île couverte de volcans. À Reykjavik, ils sont en train de construire l’immeuble Frakkastígur 1 en maximisant l’usage de matériaux recyclés : anciennes rambardes de sécurité routières sur la façade, fenêtres récupérées dans un autre immeuble, dalles trouvées sur le site… Un studio à suivre pour sa démarche prospective et utopique, une démarche qui s’incarne dans le projet « Lavaforming » où la lave en fusion qui s’écoule des volcans est utilisée pour fabriquer des maisons. Fascinant.

Carré (3)

Le bois liquide d’Órar

Paysage (11)

Le bois comme matière liquide : c’est le parti-pris du duo de designers islandais Orar, fondé par Elsa Jónsdóttir et Júlíanna Ósk Hafberg. Leur première collection (une paire de fauteuils et trois suspensions) était présentée dans le salon du prestigieux Parliament Hotel. Chaque pièce est fabriquée à la main dans leur studio, avec l’intention revendiquée de dissoudre les frontières entre art, design et imaginaire. Le résultat : un fauteuil sculptural qui tient autant de l’objet que de la forme libre.





2026-05-18 11:13:00

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments