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DECRYPTAGE. Infidélité, relation libre, polyamour… quand les Français redessinent les contours du couple


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l’essentiel
Infidélité, couple libre, polyamour… Si le modèle traditionnel reste dominant, une minorité croissante de Français revendique des relations non exclusives.

La vidéo a été vue des millions de fois. Filmés par la « Kiss Cam » lors d’un concert de Coldplay, Andy Byron, PDG de la start-up Astronomer, et Kristin Cabot, DRH de la même entreprise, sont apparus enlacés sur les écrans géants du stade, révélant ainsi leur liaison adultère au grand jour. Quelques jours plus tard, les deux cadres ont présenté leur démission. Mais surtout, l’épisode a ravivé le débat autour de l’infidélité, partout dans le monde et notamment en France.

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Et pour cause : selon une enquête de l’Ifop pour Gleeden publiée en avril dernier, 31 % des Français déclarent avoir déjà été infidèles. Un chiffre stable chez les hommes, mais en baisse chez les femmes : 33 % en 2014, contre 26 % aujourd’hui. Un recul qui ne traduit pas forcément un retour à la fidélité. « La non-exclusivité amoureuse et sexuelle est très fréquente, puisque l’infidélité en fait partie, rappelle Stéphanie Tabois, sociologue et anthropologue à l’Université de Poitiers.

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D’après la même étude, 15 % des Français ont déjà expérimenté une relation libre. Et 14 % des personnes actuellement en couple exclusif déclarent qu’elles accepteraient d’ouvrir leur relation. « Cela fait déjà plusieurs années que nous observons cette tendance grandissante, rapporte Solène Paillet, directrice de la communication du site Gleeden. À la suite de discussions franches et honnêtes, souvent déclenchées par la découverte d’une infidélité, ils parviennent à un consensus : ils ont envie de rester ensemble tout en s’autorisant à explorer des relations en dehors du couple ».

5 % de la population serait en relation libre

Toutefois, « ce n’est pas parce que la norme des comportements amoureux peut, dans une certaine mesure, s’écarter des normes conventionnelles, que le modèle s’est largement diffusé », pointe Stéphanie Tabois. « Moins de 5 % de la population serait en relation libre, toute relation non exclusive confondue », précise-t-elle.

« Le couple binôme durable, stable, cohabitant, reproductif reste non seulement la norme, mais aussi un idéal pour la majorité des Français — y compris pour les jeunes générations », explique-t-elle. Cela n’empêche pas l’émergence de modèles alternatifs, portés par de nouvelles aspirations d’autonomie et de liberté.

Parmi ces alternatives, la non-exclusivité sexuelle n’est pas nouvelle. L’infidélité, en soi, en est une forme. Mais toutes les transgressions ne bousculent pas de la même manière le modèle conjugal. « L’infidélité ne remet pas en cause la structure amoureuse conventionnelle du couple binôme, tandis que le polyamour vient questionner la notion même d’amour et la vision patriarcale du couple duo hétéronormé », explique Stéphanie Tabois.

C’est cette différence qui rend le polyamour ou le couple libre plus clivants. Là où l’adultère reste caché, donc toléré à demi-mot, ces formes ouvertes s’assument. Dans le couple libre, par exemple, les partenaires « s’accordent sur la possibilité d’entretenir des relations sexuelles en dehors de leur binôme, sans que cela ne remette en cause la norme conventionnelle du couple ».

« Le couple implique un don de soi »

Derrière cette évolution, se dessine un changement plus profond dans la manière d’envisager la relation. « Les polyamoureux considèrent souvent qu’ils ne peuvent pas tout apporter à leur partenaire », note Stéphanie Tabois. « Ils envisagent cela comme un soulagement : ne pas avoir à être toujours là, pour tout, dans toutes les situations. Il y a la conscience que le couple traditionnel implique un don de soi, souvent vécu comme un déséquilibre. »

Et si le sujet fait tant parler, c’est aussi parce qu’il bouscule les représentations. « Le polyamour reste très stigmatisé, en partie parce que la plupart des gens ne savent pas de quoi il s’agit, et le confondent avec la sexualité récréative, le libertinage ou la polygamie. »



2025-07-27 04:47:02

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