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Dans « Le Diable s’habille en Prada 2 », l’amour est accessoire : pourquoi c’est une bonne nouvelle


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Dans « Le Diable s’habille en Prada 2 », l’amour est accessoire : pourquoi c’est une bonne nouvelle
Dans « Le Diable s’habille en Prada 2 », l’amour est accessoire : pourquoi c’est une bonne nouvelle – © 20th Century Studios / Allô Ciné

En découvrant le second volet du cultissime « Le Diable s’habille en Prada 2 », un détail m’a sauté aux yeux : la vie sentimentale d’Andy Sachs y est reléguée au troisième plan. Et ça fait du bien !

Dans « Le Diable s’habille en Prada 2 », l’amour est anecdotique. Au cours de ma séance de cinéma, je me suis surprise à attendre que la vie sentimentale d’ Andy Sachs prenne davantage de place dans le récit. Au milieu de la crise de la presse (très justement illustrée), des bad buzz numériques, des rapports de pouvoir en talons aiguilles et autres défilés de mode à la Fashion Week de Milan, je me suis demandé si l’aspect romantique finirait par s’imposer plus franchement dans le scénario. Spoiler : ce n’est jamais arrivé. Et c’est tant mieux !

Si mon attente peut sembler problématique, donnant l’impression que les femmes devraient être définies par leurs relations amoureuses, je plaide coupable. Mais ce biais trouve sa source dans les films auxquels j’ai été biberonnés. En réalité, je n’ai fait que tomber dans le piège des représentations que le 7e art nous sert depuis des décennies. Plusieurs études montrent que, même en dehors des films romantiques, les personnages féminins évoluent fréquemment à travers le désir et les relations affectives. Sur 9 802 films recensés jusqu’en 2022, seulement 57 % passent le test de Bechdel, qui consiste à posséder au moins deux personnages féminins identifiés par un prénom, que ces deux protagonistes aient une conversation entre elles, et que cette discussion concerne autre chose qu’un homme. Si le premier volet du film iconique de David Frankel remplit les trois critères, l’arc narratif reste en partie structuré par la romance…

« Le Diable s’habille en Prada » : un premier volet structuré par l’amour

Le couple que forment les personnages incarnés par Anne Hathaway et Adrian Grenier s’impose comme un élément central de la narration. À tel point que Nate a été cité comme le « véritable méchant du Diable s’habille en Prada » (en opposition à Miranda Priestly) par plusieurs fans du blockbuster, et qu’un débat « Nate mérite-t-il le titre de pire petit ami de film ? » a fait couler de l’encre sur les réseaux sociaux. Pour rappel, le copain d’ Andrea Sachs prenait un malin plaisir à dénigrer le monde superficiel de la mode, alors que la jeune femme qui aspirait à devenir journaliste venait d’être embauchée comme assistante de la rédactrice en cheffe du magazine « Runway », interprétée par Meryl Streep. Tiraillée entre sa carrière et son couple, l’héroïne principale s’investit de plus en plus dans son travail, épouse les codes du milieu du luxe, manque l’anniversaire de son compagnon, et sa relation s’étiole jusqu’à la rupture. À la fin de l’adaptation du livre de Lauren Weisberge, Nate semble néanmoins prêt à donner une seconde chance à leur idylle.

« Le Diable s’habille en Prada 2 » : l’accomplissement au-delà de la romance

Le second opus a débarqué au cinéma ce mercredi 29 mars 2026. Avant de se rendre dans les salles obscures, certains spectateurs se sont demandé si le personnage de Nate serait présent dans le film. « En espérant que dans Le Diable s’habille en Prada 2, Andy quitte son vieux mec et son groupe d’amis toxiques », lâche une créatrice de contenus sur TikTok. Bonne nouvelle, Nate brille par son absence, et la vie sentimentale d’Andy cesse d’être un fil rouge.

La journaliste a bien un crush : ce promoteur immobilier interprété par l’acteur australien Patrick Brammal. Mais ce personnage est totalement accessoire dans la construction du récit et l’évolution d’Andy. Si je suis honnête, c’est à peine si je me souviens des scènes en sa présence – un rendez-vous au restaurant ? Des retrouvailles à la fameuse grande soirée d’entreprise ? Un bisou final ?

Si cette amourette n’a que très peu d’intérêt dans le film, elle porte un message ô combien réconfortant : à l’heure où la « dating fatigue » continue de peser sur bon nombre de célibataires, et que l’injonction sociale à s’accomplir à travers le couple et la maternité persiste, « Le Diable s’habille en Prada 2 » marque une rupture avec les schémas narratifs habituels. Si Andy Sachs date et évoque le fait d’avoir congelé ses ovocytes, celle qui vient d’être décorée d’un prix journalistique pour son travail de terrain montre aussi qu’une femme de la quarantaine peut pleinement s’épanouir dans le célibat, portée par sa réussite professionnelle. Une relégation de l’amour au troisième plan qui résonne fort aujourd’hui, et n’est pas sans rappeler la théorie « Est-ce devenu gênant d’avoir un mec ? », qui a fait tant de bruit l’automne dernier, selon laquelle de nombreuses femmes refusent de donner l’impression que leur vie tourne autour de leur compagnon. En 2026, l’accomplissement des femmes ne se mesure plus à la présence ou à l’absence d’une histoire d’amour, mais à la liberté de ne plus en faire le centre de gravité de leur vie.



2026-05-04 19:02:00

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