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Il était tentant de voir dans cette finale une opposition de styles. Une équipe joueuse contre une sélection roublarde. Un collectif bien huilé face à une formation portée par son génial numéro 10. Des joueurs à l’intelligence et à la finesse redoutables faisant face à un onze résilient et porté par une foi en lui incommensurable. Il faut toujours se méfier des clichés. Et pourtant, c’est exactement la finale à laquelle on a eu droit entre l’Espagne et l’Argentine, à East Rutherford, dans la banlieue de New York. Jusqu’à la caricature.
Messi transparent, l’Argentine caricaturale
La Roja a gentiment pris la direction des opérations, comme elle aime à le faire, ce qui avait déjà été fatal à l’équipe de France en demies. Une domination totale marquée par un premier quart d’heure durant lequel Messi n’a pas touché le moindre ballon.
Il aurait toutefois fallu mettre plus de rythme sous le soleil du New Jersey pour tirer les dividendes de ce toro géant, même si Yamal aurait pu faire mal d’entrée (5e). L’Albiceleste , elle, comme souvent, ne s’est pas privée de faire mal à son adversaire, au sens premier du terme. On ne comprend toujours pas comment Mac Allister a pu échapper à l’avertissement qui s’imposait après avoir découpé Olmo (14e).
Une façon de faire souvent reprochée aux Sud-Américains et qui alimente pour le deuxième Mondial d’affilée la théorie d’une trop grande mansuétude du corps arbitral à leur endroit. Au sifflet, M. Vincic a d’ailleurs mis plus de 40 minutes à se rappeler où il avait rangé ses cartons pour recommencer à mettre de l’ordre sur le terrain.
Le champion d’Europe n’est pas tombé dans le piège de la provocation. Il a continué à tisser sa toile, patiemment, s’offrant une opportunité par Oyarzabal par-ci (39e) ou une frappe trop croisée de Cucurella par-là (43e). Insuffisant pour redevenir champion du monde, même face à cette Argentine sans génie, habituée à subir en attendant le Messi.
Torres fait sauter le verrou
Mais même l’octuple détenteur du Ballon d’Or, à l’influence nulle comme rarement, n’y a pu rien changer. L’Espagne a poursuivi son travail de sape. Et la menace s’est enfin faite plus précise sur le but de Martinez qui a eu les gestes qu’il fallait sur des têtes de Torres (67e) et Laporte (81e).
Il manquait cependant toujours un petit quelque chose dans les 30 derniers mètres pour faire basculer cette finale. Comme sur ce contre où Williams oubliait Yamal pour choisir la solution individuelle (90e+3) avant de voir le gardien argentin s’opposer à son coup franc bien travaillé (90e+8).
Le carton rouge de Fernandez (90e+2) n’a fait qu’accentuer le contraste. L’Argentine, aucun tir en 90 minutes, n’avait plus que son courage à opposer en comptant sur les mains chaudes de « Dibu » dans son but (93e) ou un coup de sifflet pour annuler le but de Williams (95e). Sur la corde raide, attendant impatiemment les tirs au but.
Le football est parfois cruel, mais il reste le plus souvent juste. Et il a choisi de récompenser l’équipe qui avait choisi de jouer. Torres a enfin fait sauter le verrou en reprenant dans la surface une remise de la tête de Williams (1-0, 106e). L’ Albiceleste a alors choisi de redevenir une équipe de foot, mais c’était trop tard.
Les « olé » pouvaient descendre des tribunes pour fêter les héros. Car l’Espagne, qui a toréé tous ses adversaires dans cette Coupe du monde, avait bien mérité de rougir de plaisir pour sa deuxième étoile.
2026-07-19 22:28:00
