vendredi, juillet 3, 2026
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« C’est comme dans un cauchemar », témoigne « Camille », une de ses 17 victimes


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Au procès en appel du « violeur de Tinder » ce vendredi, la première victime à témoigner a livré un récit bouleversant devant la cour d’assises de Créteil.

Camille (prénom modifié), aujourd’hui 33 ans, a raconté comment, en 2015, alors qu’elle avait 23 ans, une séance photo avec Salim Berrada s’est transformée en cauchemar.

Des souvenirs « saccadés et très flous »

Contactée sur Facebook par ce photographe, la jeune femme se rend à son studio parisien, « honorée » et confiante. Sur place, il lui sert un shot de vodka caramel, puis du vin, avant que ses souvenirs ne deviennent « saccadés et très flous ». Entre deux tenues, il lui sert de nouveau de l’alcool, « un ou deux » verres de vin.

Elle se souvient d’images d’un rapport sexuel sans comprendre ce qui se passait. Incapable de marcher, elle raconte que l’accusé avait ironisé : « Dis donc, tu ne tiens vraiment pas l’alcool ». Trop faible pour partir, elle reste sur place et subit un second viol dans son sommeil.

Une « descente aux enfers »

Longtemps, Camille n’a pas porté plainte. « Je pensais que de ne plus en parler serait plus facile. Le problème, c’est que le cerveau n’oublie pas. Les jambes qui s’écroulent, c’est un traumatisme à vie ». Lorsqu’elle se présente enfin au commissariat, un policier lui dit que « ce n’est pas un viol », puis « faites ce que vous voulez, de toute façon il y a deux heures d’attente ». Dévastée, elle repart sans déposer de plainte, plongeant dans une période d’excès et de désarroi, une « descente aux enfers ».

À la barre, l’accusé, 40 ans, nie toute soumission chimique et affirme que les relations étaient consenties, y compris avec les 16 autres plaignantes. Son avocat soutient qu’aucune preuve ne démontre le contraire.

Notre dossier sur les violences sexuelles

Condamné à 18 ans de prison en 2024

En 2024, lors du premier procès, Salim Berrada avait été condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour 12 viols et trois agressions sexuelles, mais acquitté pour deux plaignantes. Sa peine avait été assortie d’une obligation de quitter le territoire.

En appel, il encourt jusqu’à 20 ans de prison. Le verdict est attendu les 2 ou 3 octobre prochain.



2025-09-19 21:07:17

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