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à Saint-Denis, Bally Bagayoko offre une victoire emblématique à LFI

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Soudain, l’euphorie s’est emparée de la salle des mariages de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Dimanche soir, Bally Bagayoko y était porté en triomphe par la foule de ses partisans. Le candidat de La France insoumise (LFI), soutenu par le Parti communiste (PCF), a été élu dès le premier tour des élections municipales avec 50,8 % des voix, balayant le maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin (32,7 %). Il prend la tête du territoire le plus peuplé de la région parisienne après la capitale (150 000 habitants), faisant de Saint-Denis la plus grande ville insoumise du pays.

Ce mardi, deux jours après le scrutin, l’excitation est un peu retombée, mais les habitants de la cité des rois affichent leur satisfaction. « Je suis content, il a mérité sa victoire », sourit Vincent. Cet ouvrier de 65 ans salue le succès d’un homme qu’il connaît et qu’il apprécie. Bally Bagayoko, 52 ans, père de quatre enfants et cadre à la RATP, est issu d’une famille malienne, l’une des diasporas les plus importantes de Saint-Denis, où près de 40 % de la population est immigrée. « Mais ce n’est pas parce qu’il est black comme moi qu’on ne va pas le dégager s’il fait des conneries ! », prévient Vincent en pointant du doigt l’hôtel de Ville tout proche.

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« Un électorat reconnaissant de qui je suis »

« Il y a un électorat des quartiers populaires qui est reconnaissant de mon parcours, de qui je suis. Sans ancrage local, il n’y a pas de victoire possible », confirme le maire auprès du groupe EBRA, dont fait partie notre journal. « C’est un gars d’ici, super-implanté, et qui est le résultat de la politique des grands frères (*) », observe Véronique, qui suit attentivement la politique dionysienne depuis son installation en 1991. Ex-joueur semi-professionnel de basket, Bally Bagayoko s’est d’abord impliqué dans le milieu sportif avant d’entrer en politique au début des années 2000 aux côtés de l’ancien maire communiste Patrick Braouezec. « Il a été porté par le PCF », poursuit Véronique. Ce qui n’est pas un détail dans cette ville où tous les édiles étaient communistes avant la victoire socialiste de 2020.

Mais c’est bien sous la bannière insoumise que Bally Bagayoko a fait campagne, comme il y a six ans. Ce qui ne lui a pas porté préjudice, alors que la formation de Jean-Luc Mélenchon est sous le feu des critiques au niveau national, entre accusations d’antisémitisme, classification contestée à l’extrême gauche et proximité polémique avec le groupe antifasciste dissous La Jeune garde. Mais à Saint-Denis, les électeurs voulaient avant tout du changement. Si la plupart reconnaissent au maire sortant l’amélioration de la sécurité ces dernières années, tous pointent du doigt la hausse du coût de la vie et en particulier les loyers exorbitants dans l’une des villes les plus pauvres de France.

« Près de la basilique c’est 1 400, 1 500 euros par mois. C’est trop cher… On ne peut pas vivre comme ça », témoigne Jeannette, la soixantaine. Dans le sillage des Jeux olympiques de Paris en 2024, Mathieu Hanotin voulait faire de Saint-Denis d’ici 2030 « le leader en Île-de-France » du secteur hôtelier. Durant la campagne, Bally Bagayoko a préféré critiquer la « gentrification » mise en place par son adversaire, qu’il a qualifié d’« agent immobilier ». Contacté après sa victoire, il développe : « Il y a eu un certain nombre de mesures antisociales, comme l’augmentation des loyers d‘à peu près 20 % et des tarifs du périscolaire. »

Pour faire la différence, l’insoumis a aussi misé sur ce qu’il appelle « l’abstention sociale ». « Nous avons engagé un certain nombre d’actions pour aller vers les gens, comme les caravanes populaires. C’est notre marque de fabrique à La France insoumise. C’est aussi ça qui nous a permis d’arracher quelques personnes qui auraient pu se retrouver encore dans l’abstention si nous n’avions pas fait ce travail », explique le nouveau maire. Suffisant pour l’emporter, mais pas pour infléchir l’abstention. À Saint-Denis, seuls 47 % des inscrits sont allés voter dimanche (contre 58 % au niveau national).

(*) Dans les années 1980 à Saint-Denis et dans d’autres villes de banlieue, la figure du « grand frère » était mise en avant, comme un exemple à suivre, dans des politiques de prévention de la délinquance.

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2026-03-17 19:15:00

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