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« Lio » : 5 moments marquants du documentaire sur l’icône pop et féministe


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Figure emblématique du féminisme, Lio s’est illustrée bien avant l’ère #MeToo par ses prises de position engagées. Qu’il s’agisse de remettre Stéphane Guillon à sa place sur le rôle essentiel du clitoris dans le plaisir féminin, de s’indigner face à la romantisation du féminicide de Marie Trintignant par Bertrand Cantat, ou de mener des actions militantes aux côtés du groupe Femen, l’icône pop des années 1980 est devenue, au fil du temps, une voix puissante dénonçant les travers du système patriarcal. Dans son album à venir, l’interprète du titre culte « Les brunes comptent pas pour des prunes », a choisi de ne s’entourer que de femmes. « Des bains de testostérone, j’en ai pris. Il était temps un peu de me pencher sur les œstrogènes », lâche-t-elle. Un combat chevillé au corps, pour celle qui a subi dès le plus jeune âge des violences sexistes et sexuelles.

Dans un documentaire sobrement intitulé « Lio », disponible sur France·tv et diffusé ce lundi 13 octobre à 21 h 05 sur France 4, le réalisateur Tristan Le Guillou dresse un portrait intime de la star, entre éclats de paillettes et périodes douloureuses. Face caméra, la vedette de 63 ans, qui a récemment dédié « L’amour de sa vie » à son fils Diego, disparu en mars dernier, se à cœur ouvert sur son parcours personnel et médiatique. Tout au long du film, Victoire Tuaillon, journaliste et autrice du podcast « Les couilles sur la table », Carole Boinet, directrice de la rédaction des « Inrockuptibles », ou encore Yelle, chanteuse phare des années 2000, y apportent leur éclairage. Voici cinq séquences à retenir.

Son tube « Banana Split », métaphore d’une fellation

En 1979, Lio sort son tube « Banana Split », qui s’écoule à 700 000 exemplaires et se classe numéro un des ventes en France. L’artiste n’est alors qu’une adolescente quand elle interprète cette chanson érotique, qui s’avère être la métaphore filée d’une fellation. « Le Banana Split, c’était un peu Baby Doll, un peu Lolita. Des choses qu’on m’avait vendues comme super cool, et moi je voulais être cool, confie-t-elle dans le documentaire. Quand on a 14-15 ans, c’est ce qu’on veut. » Et d’ajouter : « Je pensais que tout le monde savait qu’une jeune fille de 16 ans n’avait pas envie pour de vrai d’une fellation. Pour moi, c’était une fable érotique. […] Ce qui est fou, c’est que les fantasmes des hommes, non, ça n’était pas évident. Je suis vraiment tombée de très haut, de très, très haut. »

Interview sexualisante dans « Rock & Folk »

En 1981, Lio accorde une interview au magazine « Rock & Folk » pour le format « Descente de police », qui consistait à mettre en scène un interrogatoire. Thierry Ardisson et son acolyte Jean-Marc Maître lui posent alors des questions totalement inadaptées : « Tu aimerais avoir une plus grosse poitrine ? », « Tu portes des culottes sous tes mini-jupes ? », peut-on lire. En illustrations, des clichés choc. « Je me souviens très bien de la mise en scène de ces photos, sauf que j’étais très jeune et il fallait me protéger. C’est d’une violence inouïe », réagit-elle, près de 45 ans plus tard. 

Lio, victime de viol à l’âge de 10 ans

Au bord des larmes, Lio livre un témoignage glaçant sur le viol qu’elle a subi de la part d’un ami de la famille à l’âge de 10 ans. « Dans la voiture, il y avait mon beau-père, ma mère, un ami de la famille, moi et Hélène [Noguerra, sa demi-sœur, N.D.LR.]. Je me souviens, ça s’est passé 40 minutes, deux doigts dans mon vagin. Et moi qui essayais de faire sortir ses doigts en me penchant en avant. J’essayais de parler, qu’on me regarde, pour qu’on voie qu’il y avait un problème, et que je puisse à ce moment-là répondre. Personne ne m’a regardée en me posant la question. Ma mère ne m’a pas vue, mais Alberto qui me voyait n’est pas intervenu. Il n’a même pas pris conscience que j’étais rouge, que ça n’allait pas. On est sortis de la voiture, j’entends encore le bruit qu’ont fait ses doigts en sortant de moi », raconte-t-elle.  Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos, de son vrai nom, raconte alors qu’elle a eu l’idée de prendre sa sœur sur ses genoux, pour la sauver. « « J’ai pu me mettre tout à fait de l’autre côté et pas au milieu. […] Dans ma tête je me disais “essaie maintenant de toucher Hélène, tu vas voir !”. Parce que je pouvais faire pour elle ce que je ne pouvais pas faire pour moi. Et il n’a rien fait. » L’homme n’a jamais été poursuivi. « Il n’y a que deux ans que j’ai mis le mot “viol” dessus », précise-t-elle, tant la prise de conscience a été longue.

Quand Lio apparaît enceinte à l’antenne

En septembre 1987, Lio est invitée par Antoine de Caunes dans une émission diffusée sur TF1, pour présenter le spectacle de Madonna à Turin. Elle est alors enceinte de son premier enfant. « Quand je suis arrivée, je vois la tête d’Antoine », se souvient-elle. L’animateur, visiblement choqué par le ventre rond de son amie, déclare : « Elle est sur le point d’accoucher », avant de lui demander le prénom de son futur bébé. Et la chanteuse ne s’attendait pas à ce que ce passage à l’antenne lui soit reproché par son entourage professionnel. « Le lendemain, ma maison de disques est venue en délégation. Chef de la promo, directeur général, et chef du marketing, pour m’expliquer que j’avais fait une énorme bêtise à me montrer comme ça, et que plus jamais personne n’achèterait un disque de Lio. »Heureusement, afficher sa grossesse à la télévision lui a aussi valu un élan de soutien. « Une semaine après, ce sont des sacs de jute de courriers de femmes, qui me soutenaient, qui me disaient “Merci” », assure-t-elle, émue.

Lio, victime de violences conjugales

Lio revient également sur les violences conjugales dont elle a été victime de la part de son ex-compagnon Alexis Zad. Les deux artistes se sont rencontrés en 1997 au cours d’une convention. Elle a rapidement été séduite, sans connaître « son passé d’homme violent ». Pourtant, « tout le monde le sait à table. Mais personne ne me le dit », déplore-t-elle. « Les violences ont commencé par une simple gifle, qu’il a regrettée tout de suite en en faisant des caisses, en tapant contre le mur, en s’invectivant, en étant à [mes] pieds », poursuit-elle, avant de décrire le phénomène d’emprise dont elle a mis du temps à sortir. Elle explique aussi avoir été victime de viol conjugal. « Un jour je dormais avec Igor et Esmeralda, et il est venu me violer. J’étais enceinte de sept mois et des pépettes. Autant te dire bien enceinte, et malheureusement, Esmeralda s’est réveillée. » Le jour où son partenaire a levé sa main sur elle, alors qu’elle allaitait son bébé, a agi comme un déclic. Elle a porté plainte. Alexis Zad a été condamné à 6 mois de prison le 9 septembre 1999 dont 4 avec sursis, une obligation de soins et de désintoxication, et une interdiction d’approcher son ex-compagne.



2025-10-13 16:34:55

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