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Dans une lettre envoyée au personnel de l’Education nationale, la ministre démissionnaire Élisabeth Borne demande l’observation d’une minute de silence mardi dans les collèges et lycées. Cinq ans après l’assassinat de Samuel Paty et deux ans après celui de Dominique Bernard par de jeunes islamistes radicalisés, de multiples hommages seront rendus dans les prochains jours aux deux professeurs.
Cette minute de silence se tiendra à 10 heures dans tous les collèges et lycées de France, « selon les modalités les plus appropriées à l’organisation locale », indique le ministère de l’Education nationale sur le site Eduscol. Pendant la semaine, « un temps d’analyse et de réflexion avec les élèves pourra également être organisé », ajoute-t-il.
« Frappé l’école au cœur »
Dès dimanche, une cérémonie commémorative aura lieu à Eragny-sur-Oise (Val-d’Oise), où vivait et a été assassiné Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, poignardé puis décapité le 16 octobre 2020 par Abdoullakh Anzorov. Ce musulman radicalisé russe d’origine tchétchène âgé de 18 ans lui reprochait d’avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Lundi, une cérémonie à Arras rendra aussi hommage à Dominique Bernard, qui y enseignait le français. Agé de 57 ans, il avait été poignardé à mort le 13 octobre 2023 par Mohammed Mogouchkov, l’un de ses anciens élèves fiché pour radicalisation islamiste.
« Ces crimes ont frappé l’Ecole au cœur », a estimé Élisabeth Borne dans une lettre envoyée jeudi aux enseignants. « Un an après le verdict rendu suite à l’assassinat de Samuel Paty, alors que le procès en appel concernant les principaux accusés s’ouvrira début 2026, et tandis que l’assassin présumé de Dominique Bernard demeure en détention provisoire dans l’attente de son jugement, la mémoire de ces drames demeure vive », conclut la ministre.
« Un avant et un après »
A l’issue du procès en première instance, les huit personnes accusées d’être impliquées à divers degrés dans l’assassinat de Samuel Paty avaient été reconnues coupables et condamnées à des peines de un à seize ans de prison. Ces crimes ont profondément marqué la communauté enseignante, en leur faisant réaliser qu’ils peuvent « être assassinés pour ce qu’ils sont et ce qu’ils font », constate Sophie Venetitay, secrétaire générale du principal syndicat du second degré, le SNES-FSU. Elle déplore par ailleurs que le ministère « se défausse » pour l’organisation des hommages « sur les collègues, qui se retrouvent assez seuls ».
Pour Jean-Rémi Girard, président du syndicat d’enseignants Snalc, « il y a clairement un avant et un après Samuel Paty » chez les enseignants qui ont désormais « conscience que le métier est exposé, et qu’une rumeur ou un message sur un réseau social peut très vite prendre des proportions gigantesques ». Samuel Paty avait été la cible d’une intense campagne de cyberharcèlement déclenchée par le mensonge d’une élève l’accusant à tort de discrimination envers les musulmans.
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2025-10-10 14:27:56
