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Les feux de forêt gagnent du terrain dans les départements de l’Hérault, de l’Aude, du Var ou encore des Bouches-du-Rhône où des centaines de pompiers ont lutté dès mercredi contre des incendies attisés par le vent, la sécheresse et la chaleur. Une situation « exceptionnelle » selon les syndicats de sapeurs-pompiers déjà plombés par un manque d’effectif.
Il y a eu une « augmentation de 51 % des prises d’appels chez les sapeurs-pompiers » lors de la période de canicule la semaine du 22 juin expliquait sur France Info Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers le 27 juin. Une demande qui risque de s’accentuer sur toute la période estivale.
« En été comme en hiver, les crises se succèdent »
« Nous allons avoir beaucoup de difficultés à appréhender la saison », craint Frédéric Monchy, président du syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNSPP-PATS). Selon lui, « la profession s’apprête à connaître une saison de feux de forêt particulièrement exceptionnelle et compliquée ». Au 2 juillet, « on parle de 2.000 hectares brûlés en plus par rapport à l’année dernière » à la même date, pointe le professionnel.
Des feux de forêts aux inondations, « en été comme en hiver, les crises se succèdent. Les phénomènes sont exigeants et demandent beaucoup de disponibilités de la part des services », pointe-t-il. Un sentiment partagé par Tom Burggraeve, secrétaire général adjoint du Syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires (SNSPV). Basées dans le nord de la France, ses équipes « ne vont pas tarder à partir en colonnes » dans le sud. Résultat, les casernes sont « toujours en recherches de sapeurs-pompiers volontaires » pour les interventions locales.
Le problème n’est pas tant de trouver des sapeurs-pompiers « d’ailleurs beaucoup s’engagent justement pour agir contre les évènements liés au changement climatique [feux de forêts, crues…] », indique le pompier, mais de les fidéliser. « Nos équipes sont sous pression », insiste le syndicaliste « le système n’est pas fait pour que ça fonctionne bien ». La raison ? Des sapeurs-pompiers volontaires aux emplois du temps de pompiers professionnels, des galères administratives « dont de nombreux refus de mutations », et surtout « une problématique budgétaire » qui retreint l’embauche de nouvelles personnes. « Quand 450 pompiers entrent, 450 pompiers sortent », souffle Tom Burggraeve.
Avec la canicule, des pompiers « plus que limite »
« Nous sommes toujours en carence et ça ne concerne pas que les départements du sud de la France », ajoute Frédéric Monchy avant d’ajouter que sa profession est « à la limite de la rupture capacitaire ». « Il faudrait au minimum 25 % d’effectif de pompiers professionnels supplémentaire pour pouvoir couvrir le risque courant, ajoute-t-il. Avec les épisodes caniculaires que nous venons de connaître et que nous nous apprêtons à vivre, nous sommes plus que limite ».
Notre dossier sur la canicule
Selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, il manquerait 50.000 pompiers volontaires d’ici 2030 pour faire face aux enjeux du changement climatique et à la hausse des interventions.
2026-07-05 06:32:36
