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Un roman de dark romance autoédité par une autrice française, propulsé parmi les meilleures ventes sur Amazon, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une vive controverse. Accusé de banaliser la pédocriminalité et l’inceste, « Corps à cœur » a été retiré de la vente après une mobilisation en ligne, relançant le débat sur les limites du genre, la responsabilité des plateformes et la protection des jeunes publics.
« Je ne suis pas une fille comme les autres, je ne désire ni enfant ni mariage. Mon seul souhait est d’être celle que les hommes réclament. […] Rien ne m’effraie, aucun tabou et surtout je ne dis jamais non. » Ainsi se présente, « Corps à cœur », le dernier roman de la Française Jesse Auryann. Autoédité en 2025, « Corps à cœur » s’est rapidement hissé parmi les meilleures ventes sur Amazon, atteignant la onzième place du classement général et la première position dans la catégorie romance.
Jesse Auryann décrivait sa saga comme une œuvre « qui ne va pas vous laisser indemne », promettant « plus de plaisir et de cruauté ». Présenté comme une « dark romance psychologique », le livre annonce une immersion dans un « univers sans limites et sans pitié ». Mais derrière cette étiquette, l’ouvrage met en scène des violences sexuelles incestueuses sur un nourrisson, racontées dans une narration immersive du point de vue d’un père agresseur – un choix qui a déclenché une vague d’indignation et d’inquiétude sur les réseaux sociaux.
L’association Face à l’inceste annonce déposer plainte à l’encontre de l’autrice du roman
La dark romance est un genre qui joue souvent avec la transgression, la violence et des rapports de domination. Mais « Corps à cœur » a franchi un cap qui a choqué jusque des lecteurs se disant pourtant familiers de ce type de récits. Très vite, le livre a été accusé de banaliser et de promouvoir, la pédocriminalité et l’inceste. Certains internautes dénoncent un texte qu’ils jugent franchir la ligne rouge : « Ce roman ne dénonce pas la pédophilie il en fait l’apologie ! Les extraits sont choquants, violents, et d’une vulgarité sans nom. Le livre romantise le viol sur mineurs, enfants et Nourrissons. Ce n’est pas une dark romance mais un manuel très explicite et graphique sur le viol. C’est inacceptable de vendre une immondice pareil ! »
Dans un communiqué consulté par ELLE, l’association Face à l’inceste annonce avoir engagé des poursuites contre l’autrice ainsi que contre les revendeurs du livre, dont Amazon. Mardi soir, le titre n’était d’ailleurs plus disponible sur la plateforme. « La lutte contre l’inceste et la pédocriminalité ne passera jamais par la reproduction de scènes de viols. On est ici dans le même cas de figure que pour les poupées pédocriminelles vendues par Shein. Cet ouvrage pose l’inceste comme un objet de fantasme, livre le corps d’enfants fictifs à des scènes de viols et de torture dont la lecture est difficilement soutenable. Par notre plainte, nous attendons qu’Amazon rende des comptes sur sa politique en matière de protection des publics et que la justice se prononce sur la légalité de la production de tels contenus. Si le livre a ce soir été retiré de la vente, il continuera de circuler. La vigilance et la précaution des plateformes ne peut plus intervenir une fois que le mal est fait. » explique Solène Podevin-Favre, Présidente de l’association Face à l’inceste. Pour rappel, dans un rapport de la Miprof, on apprend que 614 enfants âgés de 0 à 2 ans ont été accueillis en 2024 dans des unités médico-judiciaires pour des faits de violences sexuelles.
Une pétition demande le retrait du livre atteint 60 000 signatures
Dans la foulée, une pétition a été mise en ligne dimanche 22 février demandant le retrait du livre. Environ 60 000 signatures ont été recueillies à ce jour. Sur les réseaux sociaux, la polémique prend de l’ampleur.
Le député de l’Essonne Antoine Léaument (LFI) a saisi Pharos, la plateforme officielle de signalement des contenus illicites, ainsi que le procureur de la République pour suspicion d’infraction pénale. La Haute-Commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, a également annoncé avoir alerté la justice et la plateforme.
L’autrice du roman réagit sur Instagram
Sur sa fiche d’autrice sur Babelio, Jesse Auryann se présente ainsi : « Agée de bientôt 39 ans, je suis originaire des Pays de la Loire, je suis mère au foyer de 3 enfants et la passion de l’écriture est arrivée il y a environ 4 ans. J’écris principalement des thrillers et des Dark -romance, pouvant aller jusqu’au pornogore ».
Alors que la polémique enfle, l’autrice a pris la parole sur Instagram. Dans une récente publication, elle a fait une mise au point, dénonçant « le harcèlement, l’incitation à la haine [et] la diffamation » que cette mère de famille dit subir. Elle se défend en mettant en avant « d’avertissements clairs, une note d’auteure et des Trigger Warnings (mises en garde) explicites dès les premières pages ». Elle dénonce enfin « des propos d’une extrême gravité (l’) associant à de la criminalité réelle. Ces accusations calomnieuses dépassent le cadre de la loi et de la décence ».
Au-delà de ce livre, l’affaire ravive une question centrale : où placer la limite entre liberté de création et responsabilité – notamment lorsque des contenus extrêmes circulent sur des plateformes grand public, susceptibles d’atteindre des lecteurs très jeunes ? Elle relance également le débat sur l’essor de la dark romance, notamment auprès d’un public adolescent de plus en plus jeune, et sur la responsabilité des auteurs comme des plateformes dans la protection des lecteurs.
2026-02-24 20:16:00
