vendredi, avril 24, 2026
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TÉMOIGNAGES. « Il y a des jours où mes fils ne mangent pas » : asphyxiée par Trump, le désespoir d’une population cubaine affamée


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l’essentiel
Depuis le mois de janvier, la crise énergétique plonge Cuba dans le noir et la faim. Coupures d’électricité, écoles sans cantine, vols suspendus… le quotidien devient survie et la perspective de quitter l’île croît parmi la population.

Depuis janvier, Cuba traverse une crise énergétique majeure. Les coupures d’électricité se multiplient, rendant impossible la conservation de denrées alimentaires. Sous le poids de la crise, le tourisme s’effondre. De nombreuses compagnies aériennes, dont Air France, ont suspendu leurs vols en direction de l’île. Dehors, on circule à vélo et on ressort les carrioles tirées par les chevaux.

Depuis la mise en place du blocus américain et l’arrêt des livraisons du pétrole vénézuélien, Cuba suffoque au milieu des Caraïbes.
Depuis la mise en place du blocus américain et l’arrêt des livraisons du pétrole vénézuélien, Cuba suffoque au milieu des Caraïbes.
DR

Les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela ont été interrompues par les sanctions américaines après l’arrestation de Nicolás Maduro. Il y a bien le pétrolier russe « Anatoly-Kolodkin » qui est arrivé sur l’île à la fin du mois de mars. Au total, 73 000 barils de brut ont été acheminés, soit 250 000 barils de gazole pour couvrir la demande du pays pendant environ douze jours et demi. Mais ce carburant, nécessaire pour alimenter les groupes électrogènes et maintenir l’économie en marche, n’est pas éternel.

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Pas de cantine dans les établissements scolaires

Depuis que Washington a décrété un blocus pétrolier et menacé de sanctions les pays fournisseurs, les Cubains se consument à petit feu. Damara et sa famille vivent dans un quartier excentré de la Havane. Chaque matin, la mère de famille se lève, ne sachant pas si elle aura assez d’électricité pour faire fonctionner le frigo. Ni même si elle pourra nourrir ses deux fils.

« L’école n’est ouverte que jusqu’en fin de matinée car elle n’est pas en mesure de garder les enfants à midi pour la cantine », nous glisse-t-elle. Dans la rue, elle voit des enfants et des personnes âgées mendier ou fouiller les poubelles. C’est la première fois qu’elle assiste à ça. « Mon mari est cuisinier donc son chef l’autorise à prendre les restes en trop pour nourrir nos enfants. Mais il y a des jours où mes fils ne mangent pas », poursuit Damara.

Cour intérieure dans la vieille Havane
Cour intérieure dans la vieille Havane
DR

Un départ vers l’étranger pour nourrir sa famille

Nos échanges avec la Cubaine sont entrecoupés par les pannes à répétition. Quelques jours plus tard, elle nous confiera son projet de quitter le pays pour gagner la Pologne. Le service des passeports étant, lui aussi, paralysé, seul son mari devrait finalement quitter l’île pour travailler à l’étranger et « offrir à leurs enfants une vie meilleure ». Actuellement, il touche 17 dollars par mois, soit 14,50 euros environ.

Quelques kilomètres plus loin, sur l’île de la Jeunesse, municipalité cubaine, Anna Maria envoie son petit-fils à l’école le cœur serré. En plus du manque de nourriture, elle se préoccupe de la pénurie de médicaments sur l’île. L’île de la Jeunesse, joyau des Caraïbes, manque de tout. « Chaque jour, je m’endors en espérant que les choses changent. Je n’arrive même pas à dormir. Hier soir, j’ai fondu en larmes en voyant mon petit garçon, assis sur un bout de carton, haletant à cause de la chaleur, et le matin, je l’ai réveillé sans pain ni boisson fraîche pour l’école, parce qu’il n’y a pas de lait. Franchement, c’est vraiment triste », nous raconte-t-elle sur WhatsApp.

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Une population épiée par le régime castriste

Surveillées en permanence par les Comités de défense de la révolution (CDR), indics du régime castriste, les populations n’osent pas se plaindre et restent méfiantes quant à leurs communications avec l’extérieur. Anna Maria a gardé contact avec un touriste français, tombé amoureux de l’île lors d’un précédent voyage. Du Cap d’Agde (Hérault), Marc lui envoie du crédit téléphone que la vieille dame revend ensuite pour acheter des pommes de terre et des fruits.

Le Lechón Asado, un plat de viande traditionnel lors des fêtes de fin d’année.
Le Lechón Asado, un plat de viande traditionnel lors des fêtes de fin d’année.
DR

Le pays manque de nourriture mais le confort des rares touristes présents à Cuba est priorisé par le gouvernement. Sur les marchés, les locaux ont interdiction d’acheter de la viande de bœuf, réservée aux étrangers. Et malgré le poids de la situation, quelques voix anonymes partagent dans un murmure l’espoir de voir dans cette asphyxie générale la fin d’un régime vérolé.



2026-04-23 10:26:02

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