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J’ai rencontré Thomas* quand j’avais 21 ans. C’était un ami de ma colocataire à Paris, que j’avais toujours trouvé très beau, dès nos années lycée. Il était brun et barbu avec de beaux yeux verts, totalement mon style. Et non seulement son physique me séduisait, mais sa personnalité aussi. Il me faisait beaucoup rire et je trouvais qu’il avait l’air profondément gentil. Si j’avais su.
Bordelais comme moi, il montait parfois à la capitale pour venir voir ma colocataire et même si nous savions tous les deux que l’on se plaisait physiquement, nous n’avions jamais rien tenté. L’été est vite arrivé et je suis rentrée vivre chez mes parents. J’ai à peine eu le temps de poser mes bagages qu’il m’envoyait déjà un message pour me proposer d’ aller boire un verre. Sans que je ne sache vraiment pourquoi, j’ai ignoré son invitation, puis je l’ai complètement oubliée.
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« Le mec le plus gentil que je connaisse » : tout le monde adorait Thomas
Jusqu’au jour où je le croise au hasard dans un bar de la ville. Je m’excuse de ne pas lui avoir répondu. « J’avais complètement oublié », je souffle, un peu gênée. « Pas qu’un peu », me répond-il. « Je te vois avec ton portable dans les mains alors que je t’ai envoyé un message, tu te fous vraiment de ma gueule ! » Cette agressivité était sûrement un premier signe que j’aurais dû remarquer. J’accepte malgré tout de lui accorder un rendez-vous, qui se passe très bien. Tout va très vite entre nous. On se met en couple au bout de quelques semaines, trois tout au plus. Je suis ravie et notre entourage aussi.
Quand nos amis commencent à l’apprendre, leurs réactions unanimes me flattent. « Thomas est un mec en or », « Ce mec est tellement gentil », « C’est un amour », j’entends à tour de bras. Mais les choses s’assombrissent rapidement. Je me rends d’abord compte qu’il est très porté sur le sexe. Tellement que cela en devient parfois inquiétant. Il en parle si souvent, je me demande pourquoi cela le travaille autant. J’ignore ce signe aussi, car l’engouement des débuts me poussent à penser qu’il s’agit d’amour. Deux mois plus tard, le retour à Paris s’impose. Nous tentons une relation à distance pendant laquelle je me rends à Bordeaux tous les week-end pour lui rendre visite. Lui fait moins d’efforts et certains de ses comportements m’alertent.
« Quand il a levé le poing sur moi, je ne l’ai pas reconnu »
Comme ce soir où j’arrive à Bordeaux, fatiguée de ma semaine après une nuit blanche aux urgences. « Je préfère dormir chez mes parents ce soir, pour me reposer », je lui explique. « Je ne comprends pas pourquoi tu refuses de dormir avec moi alors que tu viens ici pour me voir », me rétorque-t-il. On ne s’est pas parlé du week-end. Et cette soirée en boite de nuit, pendant laquelle il boit tellement qu’il peine à tenir debout. J’arrive à le porter jusqu’à la voiture, où il fait une crise de nerfs que je ne saurais même pas justifier. Et là, il lève le poing en me regardant droit dans les yeux. Je hurle et il finit par baisser sa main. Que ce serait-il passé si je n’avais pas crié de toutes mes forces ? Quand il a levé la main sur moi, je ne l’ai pas reconnu.
Comme si l’intimidation ne suffisait pas, il m’avoue aussi qu’ il m’a trompée pour notre anniversaire. C’était la soirée parfaite, dans une cabane perchée dans les arbres, jusqu’à cette annonce. « J’ai dormi avec elle mais je l’ai seulement embrassée. Mais de toute façon tu fais pareil à Paris quand je ne suis pas là », me reproche-t-il. Je me défends tant bien que mal : « Bien sûr que non ! ». « Tu sors tous les week-ends avec tes copines, pourquoi je me gênerais si tu fais pareil de ton côté ? », s’énerve-t-il. Alors j’insiste : « Mais je ne fais pas pareil de mon côté ! », mais il ne veut rien entendre, il a décidé que ce serait ma faute. Amoureuse de lui, je lui pardonne cet écart avant de partir vivre au Canada pour un an.
Je me convaincs que notre relation tiendra la distance, comme nos proches qui sont persuadés que l’on forme le couple modèle. Thomas avait la réputation d’un mec en or, alors s’il y avait bien un couple qui pouvait réussir, c’était nous. Mais tout a changé après mon départ.
Harcèlement sexuel, chantage : le vrai visage de mon mec « gentil »
Thomas est devenu une autre personne. Il parle constamment de sexe, à tel point qu’il me met extrêmement mal à l’aise. Quand je refuse ses incessantes demandes de photos nues, il me blâme. « Tu as seulement la flemme d’entretenir notre relation car tu vis ta vie dans un autre pays pendant que je suis bloqué en France et que je m’emmerde. Tu ne te rends pas compte à quel point c’est dur pour moi. » Il insiste pour faire l’amour via Skype, ce que je refuse aussi. « Mes potes disent que ce n’est pas normal que tu refuses, ils disent que tu as sûrement des choses à cacher », me reproche-t-il. Pourquoi parle-t-il de notre vie sexuelle à ses amis ? Et quand nous nous appelons en FaceTime avec six heures de décalage, il me reproche d’être en pyjama. « Tu n’es pas sexy, tu ne fais aucun effort. » – « Mais il est 6h du matin chez moi, Thomas. » Je n’en peux plus. Ses reproches se transforment ensuite en engueulades quotidiennes. Pendant les trois mois suivants, on ne s’appelle plus que pour se hurler dessus.
La moindre bonne nouvelle qui m’arrive le mine, parce qu’il se sent toujours menacé. Lorsque je décroche un job de vendeuse dans une grande chaine de magasins, la première chose qu’il me demande concerne mes collègues masculins. « Est-ce que beaucoup de mecs travaillent avec toi ? Est-ce qu’ils sont beaux ? Je suis sûr qu’ils te draguent tous ». Je dois constamment le rassurer. Dès que quelque chose ne va pas dans sa vie, il trouve un moyen de s’en prendre à moi. « C’est toi qui me rends comme ça », me lance Thomas.
Je rentre en France pour les fêtes et le harcèlement sexuel et moral continue. J’ai enfin le courage de l’éloigner de moi. « J’ai vraiment besoin de rester seule, Thomas. Je te recontacterai quand je serai prête ». C’est mon premier amour, alors je m’accroche à notre relation en essayant de la faire marcher malgré tout. Mais dès mon arrivée, il m’accuse de l’avoir trompé sans raison apparente. « Je le sens », se justifie-t-il simplement, comme si cela pouvait suffire.
« Je n’avais plus la force de me battre »
« A la minute où ça repart comme avant, on arrête tout », je préviens. On aura tenu dix jours. Je décide que c’en est trop quand il m’envoie une liste de mes erreurs, point par point. « Ne pas avoir voulu coucher avec moi le dernier soir de tes vacances en France ». Ses parents étaient dans la pièce d’à côté et je n’en avais pas envie. « Avoir préféré passer ta dernière soirée en France avec ton père et pas avec moi », « Ne pas m’avoir offert de cadeau à Noël ». Lui m’avait couverte de cadeaux, terrifié, en pensant que cela rattraperait les choses. Je l’ai quitté après avoir lu cette liste. Je n’avais plus la force de me battre, alors j’ai accepté quand il m’a tenue responsable de la rupture. « Je sais que j’ai fait tout ce que j’ai pu pour sauver notre relation, c’est à cause de toi si nous avons rompu » m’a-t-il envoyé par texto.
Après notre séparation, les gens sont sous le choc. « Un mec en or comme Thomas n’aurait pas pu se comporter ainsi », me rabâche-t-on. J’ai d’abord eu honte de raconter cette histoire par peur que l’on me juge d’être restée si longtemps, de ne pas avoir réussi à le quitter avant malgré les signaux. Mais j’ai compris que je n’avais pas à m’en vouloir. Dès que l’on me fait l’éloge de Thomas, le type « gentil » par excellence, je balance tout. Voici le vrai visage de ce mec parfait que tout le monde adore. Même encore aujourd’hui, il a toujours une belle image auprès de notre entourage, et moi, je m’emploie à rétablir la vérité. J’ai décidé de ne plus me taire.
Les prénoms ont été changés.
2025-10-19 17:30:00
