mercredi, juin 24, 2026
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TEMOIGNAGE. « Les agriculteurs sont résilients, on espère toujours faire mieux l’année suivante »… Sylvain raconte son quotidien d’éleveur de brebis


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l’essentiel
Dans le Tarn, à Loupiac, Sylvain Laganthe tente de faire vivre son exploitation ovine malgré des revenus incertains et des charges toujours plus lourdes. Entre passion et contraintes économiques, l’équilibre reste fragile.

À peine les graines versées dans le seau, les agneaux s’agglutinent autour de Sylvain Laganthe. Comme chaque matin, l’éleveur tarnais nourrit ses bêtes. Une tâche à la fois physique et chronophage, qu’il aimerait automatiser, mais les investissements nécessaires restent hors de portée, au vu des emprunts déjà en cours pour l’éleveur.

Comme beaucoup d’agriculteurs, Sylvain fait face à une réalité économique tendue. Selon l’Observatoire de la rémunération agricole équitable, 43 % ne gagnent pas l’équivalent d’un Smic. Lui peine à stabiliser sa trésorerie et à dégager de quoi investir pour développer son exploitation.

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Transition vers l’élevage

Il a repris la ferme familiale en 2011. Son frère avait déjà amorcé le passage de la vigne et des céréales à l’élevage d’agneaux. Depuis, Sylvain, âgé de 37 ans, a poussé plus loin, avec aujourd’hui 350 brebis. Il exploite aussi 70 hectares : 40 pour le pâturage, 30 pour les céréales. Une partie est vendue, mais la majorité sert à nourrir les bêtes, pour limiter les coûts.

Chaque matin, l’éleveur nourrit ses bêtes.
Chaque matin, l’éleveur nourrit ses bêtes.
DDM – BD

« C’est difficile de se projeter sur l’exploitation. Le revenu dépend des rendements, du nombre d’agneaux produits et vendus, à environ 180 euros par carcasse », indique-t-il. « Le prix de vente des céréales varie beaucoup, surtout avec le climat. Je sais à peu près quand je vais vendre des animaux, combien ça va rapporter, et j’essaie de caler mes dépenses là-dessus. La seule rentrée d’argent vraiment sûre chaque année, c’est la PAC. Tout le reste est variable ».

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Plusieurs emprunts

Le problème, ce sont aussi les charges. L’éleveur doit aussi faire face à plusieurs emprunts, notamment pour l’achat de terres et de matériel agricole, comme une faucheuse, dernièrement, à près de 8 000 euros. « Quand on n’a pas de trésorerie, on ne peut pas anticiper », explique-t-il. « Ça veut dire repousser des factures qu’on ne peut pas payer immédiatement, en se disant que dans deux mois, avec la vente des agneaux, on pourra régler. En agriculture, il faut souvent acheter à l’avance : engrais, carburant pour l’année suivante. Je n’en ai pas les moyens, donc je subis les prix. Moins on a de l’argent à investir, moins on est performant ».

Chaque début d’année, il contracte un prêt pour avancer les aides de la PAC. « Ce qui est très dur, c’est la peur permanente de ne pas pouvoir payer », confie-t-il. « Et surtout le fait de ne pas voir d’amélioration possible, de ne pas avoir l’espoir que ça ira mieux demain. »

« Arrêter, ce serait comme perdre un morceau de moi »

À cela s’ajoutent des semaines à rallonge, souvent plus de 60 heures. « On s’appuie souvent sur les proches aussi pour compenser au quotidien, même sur des taches comme préparer le repas », poursuit-il. Il peut également compter sur un service de remplacement, qui permet aux agriculteurs adhérents de se faire relayer en cas d’arrêt ou, plus rarement, pour prendre quelques jours de repos.

Malgré tout, Sylvain reste profondément attaché à son métier. « J’aime cette ferme. Arrêter, ce serait comme perdre un morceau de moi. Je ne me vois pas faire chose », commente-t-il. « Et puis les agriculteurs sont résilients, on espère toujours faire mieux l’année suivante ». Cette année, il a investi 5 000 euros pour acheter 25 brebis supplémentaires. « C’est ce qui peut me permettre d’augmenter mes revenus, même si ça demande plus de travail ».

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« Aucune vision claire »

Syndiqué aux Jeunes Agriculteurs, Sylvain veut, comme nombre de ses confrères agriculteurs en Occitanie, faire évoluer la situation en accompagnant davantage les petites exploitations comme la sienne. Après les manifestations de fin 2025, il regrette tout de même, six mois plus tard, une situation qui n’a pas évolué et « aucune vision claire pour l’agriculture dans les prochaines années ».



2026-04-30 04:59:47

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