mercredi, juin 17, 2026
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Sortie ciné. Backrooms : le symbole d’une nouvelle ère pour le cinéma d’horreur


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Tout a débuté par une photo publiée en 2019 sur un forum internet : une pièce jaunâtre à l’atmosphère décrépie, suivie d’un message cryptique servant de mise en garde à quiconque mettrait les pieds dans cette “backroom” (à ne pas confondre avec les lieux de rencontres pour adultes très consentants) : qui franchit le pas ne sortira jamais de cet espace liminaire, couloir administratif à l’infini. Ainsi est née l’une des fictions horrifiques (les “creepypastas”) les plus populaires d’internet, évoluant en plusieurs formes. En 2022, Kane Parsons, à l’époque encore adolescent, créé sur YouTube Backrooms, une série de courts-métrages au succès fulgurant. Au point qu’Hollywood s’intéresse au jeune créateur. C’est avec le studio A24 que Kane Parsons devient cinéaste à 20 ans avec son premier long-métrage, lui aussi appelé Backrooms.

Or, Backrooms et Kane Parsons sont les symboles d’une nouvelle vague du cinéma horrifique, avec des créateurs – quasiment que des hommes pour le moment – venus du monde des “creepypastas”, et des films à budgets modestes pour Hollywood, qui chamboulent le box-office. Obsession de Curry Barker, tourné pour un million de dollars, a rapporté presque 200 millions aux États-Unis (et a réuni plus de 896 000 spectateurs en France depuis sa sortie le 13 mai). Quant à Backrooms et son budget de 10 millions de dollars, il a d’ores et déjà atteint les 262 millions outre-Atlantique, devant le plus gros succès pour A24, Marty Supreme avec Timothée Chalamet, et détrônant Star Wars : The Mandalorian and Grogu de la tête du box-office américain. Beau palmarès.

Backrooms arrive donc en France avec une aura de prodige de l’horreur, un statut qui risque de décevoir une partie du public. Car l’histoire de Clark (Chiwetel Ejiofor), architecte manqué et alcoolique qui découvre cet univers parallèle dans son magasin de meubles en quasi-faillite, et de Marie (Renate Reinsve) thérapeute partant à la recherche de Clark, se déroule sur un rythme lent. Très très lent.

Critique de la standardisation

D’aucuns trouveront la première partie du film, et l’exploration des fameuses “backrooms”, hypnotique, d’autres la trouveront juste ennuyeuse. La bascule vers une horreur plus vivace, via une scène de dîner dérangeante, réveille heureusement Backrooms et offre une critique maligne de la standardisation, matérielle mais aussi mentale. À défaut d’être pleinement convaincant, Backrooms attise ainsi la curiosité sur une nouvelle ère horrifique. C’est déjà beaucoup.

Backrooms de Kane Parsons, en salles dès ce mercredi 17 juin. Durée : 1 h 51. Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement.



2026-06-17 06:30:00

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