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À l’automne 2004, une quinquagénaire sans histoire disparaissait mystérieusement de son domicile à Chassieu (Rhône). Quatre mois plus tard, le corps de Christiane Commeau était retrouvé dans un bosquet, dans le département de l’Ain. La victime avait été exécutée de deux balles dans la tête.
L’émission Appel à témoins, qui doit également aborder l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, va interroger la procureure de la République du pôle cold case, Marie-Céline Lawrysz. Cette dernière doit dévoiler les derniers éléments sur ce drame.
Alors que des lettres et des messages d’un correspondant anonyme ont été envoyés chez deux femmes à Voiron (Isère) en fin d’année 2025, retour sur un fait divers glaçant, marqué par une traque infructueuse et par de lourds ratés dès les premières heures de l’enquête.
Une disparition inexplicable
Le drame se noue le vendredi 22 octobre 2004 à Chassieu. Christiane Commeau, 54 ans, est une femme rigoureuse, sérieuse et d’une ponctualité sans faille. Elle tient la buvette du club bouliste de la commune. Alors qu’elle doit prendre son service à 14 heures, elle ne se présente pas à son poste. S’inquiétant de cette absence totalement inhabituelle, son responsable donne l’alerte.
Les secours et ses deux fils se rendent immédiatement à son domicile, rue des Charpennes à Chassieu. L’appartement est intact : ses sacs de courses, son sac à main et son téléphone portable sont restés en évidence dans l’entrée. Dans le garage de l’immeuble, sa Twingo est sagement garée. Seule anomalie majeure pour cette femme si pointilleuse : le box de sa voiture n’est pas verrouillé.
Pourtant, le caractère inquiétant de la disparition n’est pas immédiatement pris en compte par les autorités. Le garage de la victime n’est placé sous scellés que 24 heures plus tard, et aucune enquête de voisinage n’est menée à chaud. Des négligences initiales regrettées par l’avocat de la famille : « Des mois s’écoulent et tous les éléments initiaux sont loupés. »
Une macabre découverte quatre mois après
Quatre mois après la disparition, le vendredi 18 février 2005, la trajectoire des investigations bascule dans le département voisin de l’Ain. Alors qu’il travaille près de la station d’épuration de Niévroz, en surplomb de la RD 61, un élagueur est intrigué par un reflet métallique sous les rayons du soleil. En s’approchant d’un bosquet, il découvre un squelette, un médaillon, quelques bijoux, une jupe noire et un pull vert.
Les examens médico-légaux menés à Lyon confirment rapidement qu’il s’agit de la dépouille de Christiane Commeau. Les constatations sont glaçantes : la victime a été retrouvée sans chaussures ni culotte, les vêtements relevés. La piste d’une agression sexuelle est immédiatement privilégiée. L’autopsie révèle que la quinquagénaire a été exécutée de deux balles de calibre 22 long rifle, tirées à courte distance dans la nuque.
Un crime minutieux, de nombreuses pistes et aucune réponse
Pour les enquêteurs, le mode opératoire ne laisse que peu de place au hasard. Le crime semble avoir été minutieusement préparé : personne n’a rien vu, rien entendu, et l’enlèvement s’est déroulé de manière fulgurante dans l’environnement quotidien de la victime. Une thèse appuyée par le témoignage d’un proche, qui avait raccompagné Christiane les jours précédant sa disparition parce qu’elle confiait se sentir suivie.
Après la découverte du corps, les investigations s’accélèrent mais se heurtent rapidement à une impasse. Les enquêteurs ratissent large et interrogent de nombreux adhérents du boulodrome, ciblant notamment des chasseurs ou des hommes connus pour des faits de viol. Un proche de la victime, prénommé André, retient un temps l’attention des policiers car il possède une arme du même calibre que celle du crime. L’expertise balistique finit néanmoins par le blanchir.
Trafic de drogue dans les garages de la résidence, mauvaise rencontre, ou acte isolé d’un tueur en série : malgré la multiplication des hypothèses et des dizaines de pistes explorées au cours de l’année 2005, le ou les auteurs de l’exécution de Christiane Commeau restent introuvables. En 2015, un non-lieu est prononcé.
Plus de vingt ans après ce meurtre, le pôle cold case de Nanterre, qui a repris le dossier en 2022, veut faire avancer cette affaire. Les éléments trouvés en Isère, à Voiron, laissent penser à un individu ayant entretenu une relation avec Christiane Commeau. Via son émission sur M6, Julien Courbet souhaite également trouver de nouveaux témoignages.
Si des personnes veulent contacter l’émission ou sont en possession d’informations ils peuvent appeler le 0800 10 11 21 ou en envoyer un mail à l’adresse appelatemoins@m6.fr.
2026-06-02 20:20:00
