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REPORTAGE. Relaxé après un mois en prison : on a assisté au faux procès de l’artiste Damien Aspe, sa performance insolite contre les GAFAM au tribunal de commerce


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l’essentiel
Après un mois de « détention », certes volontaire mais véridique, dans la vitrine de sa galerie place de la Daurade, l’artiste multimédia toulousain Damien Aspe a poussé à l’extrême sa performance « The Damian Show ». Ce mercredi 27 mai, il a comparu devant le tribunal de commerce dans un procès public aussi fictif que politique, centré sur la censure algorithmique et la toute-puissance des géants du numérique. On vous raconte cette performance hors norme.

Pendant un mois, vous avez pu voir un homme en tenue orange, enfermé de sa propre volition dans une cage de 2 m sur 2 m au sein de sa galerie Inessential Space, place de la Daurade à Toulouse. Cet homme, l’artiste Damien Aspe, a vécu son procès entre fiction et réalité délibérément entremêlées.

Les Gafam au banc des accusés

Tout est parti d’une image. Damien Aspe génère avec l’IA une œuvre inspirée de « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix. Il l’intitule « L’Autocratie guidant ses ouailles ». Les plateformes la censurent immédiatement. De ce qu’il considère être une interdiction naît une idée radicale : devenir un prisonnier, assigné à comparaître dans un procès l’opposant aux géants du numérique.

Damien Aspe, ici assis à gauche aux cotés de son avocat Emmanuel Tricoire,  joue son procès au 2e étage du Tribunal de Commerce
Damien Aspe, ici assis à gauche aux cotés de son avocat Emmanuel Tricoire, joue son procès au 2e étage du Tribunal de Commerce
DDM – MARC SALVET

Le jour J, le casting est composé de vrais personnages incarnant la justice : Gilbert Cousteaux, ancien président du palais de justice de Toulouse, préside l’audience ; Jacques Martinon officie en procureur de la République ; l’avocat Me Emmanuel Tricoire défend Aspe. Le tribunal de commerce est également authentique. La plainte, elle, est fictive, tout comme l’instance qui est pénale pour l’occasion, et non commerciale.

De vifs débats sur fond de liberté d’expression

Pendant plus de deux heures, dans la chaleur de la salle d’audience, juges, avocats, expert psychiatre et témoins (un ingénieur informatique de l’Insa et un historien de l’art) ont débattu avec un réalisme troublant et ont entrepris une sorte de cours magistral autour de la censure algorithmique, de la propriété intellectuelle et de la liberté de création. Le procureur Jacques Martinon, au verbe très ciselé, n’a pas épargné l’accusé, qualifiant la performance d' »ego boursouflé » et de « mise en scène grotesque », tout en égratignant lui-même les dérives du monde numérique.

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Dans la salle, les rires, parfois hilares, ponctuaient les échanges teintés d’humour et de solennité. « Je n’aimerais pas me retrouver devant ce procureur », a glissé une sexagénaire venue assister aux débats, qui a salué la qualité du travail. Une autre spectatrice a regretté quelques intermissions venant casser la dynamique du jeu de rôle.

Relaxé et soulagé

À 16 h 30, après délibération, le verdict tombe : Damien Aspe est relaxé. Les poursuites pour avoir diffusé une image jugée dégradante sont écartées au nom de la liberté de création artistique et de la disproportion de l’ingérence pénale dans la liberté d’expression.

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« Je suis soulagé », confie, avec humour et gravité à la fois, l’artiste à sa sortie. « J’ai vraiment souffert. Moralement, ça allait, mais physiquement, je ne m’attendais pas à ce que ce soit si dur », ajoute l’artiste qui avait fait le choix de s’enfermer lui-même pour dénoncer l’emprise des réseaux sociaux sur nos vies. La performance « The Damian Show » se prolonge en exposition dans sa galerie jusqu’au 26 juin, avec la projection du film documentaire de Christophe Rollo en finissage.

The Damian Show, exposition jusqu’au 26 juin 2026, au sein de la galerie Inessential Space, au 3 place de la Daurade à Toulouse. Projection du film « The Damian Show » le 26 juin dans cette même galerie.





2026-05-27 22:00:31

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