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On les appelle les « nuisibles ». Pourtant, quand on voit le museau et le pelage de certains d’entre eux, difficile de ne pas voir de ressemblance avec certains de nos animaux de compagnie. Mais il ne faut pas s’y méprendre : les renards et les belettes causent chaque année de gros dégâts.
Les deux mammifères font partie de la liste publiée au Journal officiel, ce vendredi, des espèces pouvant être tuées en France. Tous les trois ans, le gouvernement énumère les « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) », permettant de chasser, piéger, capturer ou déterrer ces dernières toute l’année pour éviter des dégâts pénalisant notamment certaines activités agricoles. Alors qui sont ces nuisibles et pourquoi peut-on les éliminer ?
La belette
La belette, la fouine et la martre peuvent « être piégées toute l’année » mais « uniquement à moins de 250 mètres d’un bâtiment ou d’un élevage particulier ou professionnel ou sur des terrains consacrés à l’élevage avicole, ou apicole dans le cas de la martre ». Ces petits carnivores, friands d’œufs mais aussi de lapins, causent régulièrement des dégâts dans les élevages,
Le renard
Le renard fait de nombreux dégâts dans les exploitations agricoles françaises. En 2025, le conseil d’Etat a relevé plus de 334.000 euros de dégâts dans les Deux-Sèvres et plus de 207.000 euros en Dordogne. Il peut être piégé toute l’année, mais également détruit à tir sur autorisation individuelle du préfet, notamment sur des terrains consacrés à l’élevage agricole.
Le corbeau
Le corbeau freux et la corneille noire sont souvent pointés du doigt pour leurs ravages dans les semis agricoles, les vergers ou encore les vignes. Les deux espèces peuvent être éliminées par tir, mais cette pratique reste interdite dans les nids.
La pie bavarde
Comme pour les corbeaux et corneilles, le tir dans les nids est interdit. Moins destructrice que d’autres animaux, elle reste une menace pour certaines exploitations et pour les œufs des autres oiseaux.
Protestations des protecteurs des animaux
Sont également concernés, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet. Les conditions d’élimination de ces animaux varient selon les communes et les départements. La pratique fait néanmoins débat.
« Au-delà de l’irrationalité biologique qui condamne injustement ces espèces, de l’avis même des scientifiques, cet arrêté est un non-sens économique puisque l’éradication des ESOD coûte quatre fois plus cher que les prétendus dégâts », déclare Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dans un message transmis à l’AFP. L’association a indiqué son intention de porter « un recours devant le Conseil d’État contre cet arrêté ».
De son côté, une étude du Muséum national d’histoire naturelle publiée en mars dans la revue Biological Conservation, affirme que l’élimination massive des animaux jugés nuisibles en France ne réduit pas les pertes économiques qui leur sont attribuées et pour certaines espèces ne contribue pas non plus à la baisse des effectifs.
2026-08-21 15:21:04
