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C’est l’un des noms les plus connus dans l’histoire de la peinture. Artiste majeur du XVIIe siècle, Rembrandt Harmenszoon van Rijn a marqué de son empreinte indélébile l’art baroque. Plus grand peintre des Pays-Bas et admiré dans le monde entier, le maître du clair-obscur a même un musée qui lui est dédié aux côtés de ses congénères Van Gogh et Vermeer, le Rijksmuseum à Amsterdam. De Rembrandt, artiste dont l’œuvre a été richement analysée et documentée, on pensait donc tout savoir. Mais le prolifique artiste, qui a réalisé environ 400 peintures, n’a pas encore livré tous ses secrets.
Un nouveau tableau du maître, intitulé Vision de Zacharie dans le temple, vient ainsi d’être découvert, a annoncé lundi le plus célèbre musée des Pays-Bas. Ou plutôt redécouvert. Car pendant longtemps, cette œuvre peinte en 1663 a été attribuée à Rembrandt avant que des historiens ne mettent en doute son authenticité dans les années 1960. « Le cas de Rembrandt est particulier car il a formé des dizaines d’élèves à travailler rigoureusement comme lui, souligne Pierre-Antoine Martenet, expert spécialisé dans les tableaux anciens. Dès sa mort, il y a donc eu un marché de la contrefaçon qui a prospéré avec des zones d’ombre entourant certains tableaux. »
Des techniques de pointe pour authentifier la toile
Dans les mains d’un collectionneur privé depuis plusieurs décennies, la toile Vision de Zacharie dans le temple portait finalement bien la signature de Rembrandt, comme viennent de le révéler des experts. « L’analyse des matériaux, les similitudes stylistiques et thématiques, les modifications apportées par Rembrandt et la qualité globale du tableau confirment la conclusion selon laquelle ce tableau est une œuvre authentique de Rembrandt van Rijn », se félicite le musée.
Pour le certifier, les chercheurs ont utilisé des techniques de pointe comme la dendrochrologie, pour dater le bois du tableau, ou alors la photographie infrarouge ou les rayons UV. « Cela permet d’affiner les recherches mais le meilleur outil reste quand même nos yeux », souligne Stéphane Pinta, expert au sein du cabinet parisien Turquin.
Des toiles de maîtres régulièrement découvertes
Un travail minutieux qui aura duré près de deux ans. « Cela peut paraître long mais pour un artiste comme Rembrandt, c’est une durée raisonnable, estime Pierre-Antoine Martenet, associé au sein du cabinet Martenet-Rombourt. La batterie de tests ne dure pas aussi longtemps, de l’ordre de deux à trois mois. Mais pour un artiste d’une telle envergure, les débats peuvent ensuite être très pointilleux. »
Aussi exceptionnelle soit-elle, la découverte d’un nouveau tableau de Rembrandt n’est pas non plus si rare que ça. « On en découvre ou on en redécouvre deux tous les dix ans peut-être, indique Pierre-Jacques Martenet. Et tous les trois mois environ, un nouveau tableau d’un artiste de premier rang est identifié. Cela est donc assez courant dans le métier. » Et ce qui en fait aussi son charme : « Le monde des maîtres anciens est un océan qui chaque mois fait rejaillir une nouvelle perle. »
2026-03-03 15:12:51
